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Municipales à Lyon : Des assos écolos ne respectent-elles pas l’argent public contre J.-M. Aulas ?

Les 15 et 22 mars prochains, les Françaises et Français éliront leurs maires dans un scrutin majeur de la vie politique. Selon les éléments communiqués par la Ville de Lyon, l’association Action Justice Climat a perçu 9.000 euros sur deux ans, représentant une part minoritaire de son chiffre d’affaires annuel d’environ 100.000 euros.

Les 15 et 22 mars prochains, les électeurs français choisiront leurs maires. Ce scrutin, essentiel dans la vie politique, suscite déjà des tensions à travers le pays, en attendant le lancement de la campagne officielle prévu pour le 2 mars.

Dans les semaines à venir, la rédaction de « 20 Minutes » s’engage à combattre les fausses informations liées à ces élections municipales, afin de vous informer au mieux pour votre vote.

Le 7 février, Jean-Michel Aulas, candidat aux municipales à Lyon, a exigé « le remboursement immédiat des aides publiques attribuées à des associations militantes écologistes ». Il a affirmé que ces groupes auraient reçu des « dizaines de milliers d’euros » en subventions et utiliseraient « leurs moyens, leurs réseaux et leur notoriété pour mener une campagne politique agressive » à son encontre. Il a même évoqué une « utilisation illégale de fonds publics à des fins électorales ».

L’association en question est Alternatiba, qui a été rebaptisée Action Justice Climat (AJC). Sur son compte Instagram, plusieurs publications ciblent effectivement l’ex-président de l’Olympique Lyonnais. Début février, le groupe appelait à mettre en lumière « les projets dangereux de Jean-Michel Aulas » et à « protéger la ville des profits de quelques-uns ». La semaine suivante, il affirmait, avec d’autres collectifs, « s’unir contre la candidature d’Aulas », en menant des actions de terrain « anti-Aulas ». Alors, ces accusations sont-elles justifiées ?

FAKE OFF

AJC a-t-il reçu des subventions ?

Oui, AJC a effectivement reçu des subventions publiques. D’après les informations fournies par la Ville de Lyon, trois subventions ont été octroyées depuis le début de ce mandat en 2020. Ces budgets restent « marginaux » à l’échelle du budget municipal et s’inscrivent dans une stratégie globale de soutien à divers acteurs associatifs du territoire, précise la ville à 20 Minutes.

L’association a perçu 1.000 euros en 2025 de la mairie du 1er arrondissement pour des formations de sensibilisation aux violences et harcèlements sexistes et sexuels. En 2023, elle a reçu 3.000 euros pour financer des services civiques à l’AlternatiBar, son local associatif, ainsi que 5.000 euros de la Ville pour un événement portant sur les enjeux climatiques et sociaux. La municipalité souligne que ces données « sont publiques, accessibles à tous ».

Suite aux déclarations de Jean-Michel Aulas, l’AJC a confirmé ces informations en publiant le détail de ses comptes. Au total, elle a donc perçu 9.000 euros sur une période de deux ans. Elle précise que ces aides représentent une part minoritaire de son chiffre d’affaires annuel (environ 100.000 euros), financé principalement par les recettes de son bar associatif et les dons.

Les « dizaines de milliers d’euros » mentionnées par le groupe Cœur lyonnais concernent le Festival Alternatiba 2022, qui a été annulé pour des raisons économiques. Selon AJC, cette subvention a été perçue par la structure nationale d’Alternatiba, distincte juridiquement du groupe local devenu Action Justice Climat Lyon, qui affirme ne jamais avoir été bénéficiaire de ces financements.

Une association subventionnée peut-elle critiquer un candidat ?

En principe, oui. La loi de 1901 garantit la liberté d’action des associations. Elles peuvent se prononcer sur des enjeux d’intérêt général (écologie, logement, etc.), critiquer un programme ou alerter sur un projet politique, même en période électorale.

Les limites sont : « diffamation, injure ou propos excessifs portant atteinte à la réputation ou à l’honneur d’autrui », souligne le juriste Jean-Pierre Camby. Un scrutin peut également être annulé si un message entraîne un « déséquilibre de propagande » ayant pu influencer le résultat.

Une association subventionnée est-elle tenue à la neutralité ?

Non. « Juridiquement, une subvention n’est pas un contrat de silence, rappelle le juriste. Elle est accordée pour un projet précis et ne nécessite pas de contrepartie politique. L’association peut donc prendre les positions qu’elle désire tant que les fonds ne servent pas directement une campagne. »

En revanche, si une structure fournit des moyens matériels ou financiers à un candidat (impression de tracts, mise à disposition gratuite de locaux, organisation d’événements de soutien), cela est interdit par l’article L52-8 du Code électoral. « Le risque devient alors électoral, pouvant entraîner le rejet du compte de campagne ou l’annulation de l’élection, voire des sanctions pénales en cas de détournement de fonds publics », avertit Jean-Pierre Camby.

S’agit-il d’un financement illégal dans le cas lyonnais ?

À ce stade, il n’existe aucune preuve d’un financement illégal de campagne. Pour cela, il faudrait démontrer que des subventions ont été utilisées à des fins électorales directes. Publier des critiques sur les réseaux sociaux ou organiser des débats relève, en principe, de la liberté d’expression.

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Concernant l’affichage sauvage et les frais de nettoyage soulevés par Jean-Michel Aulas ? Jean-Pierre Camby rétorque que « l’affichage en dehors des panneaux autorisés est interdit, et cela relève d’une intervention par le maire ou le préfet, ou de sanctions prévues par le code électoral et le code de l’environnement ».

En conclusion

Comme l’indique Jean-Pierre Camby, le risque électoral est généralement limité tant qu’il n’y a pas de déséquilibre massif de propagande. En revanche, si une association agit en tant que relais pour un candidat ou détourne des subventions à des fins politiques, cela peut engendrer des conséquences pénales plus sévères. « L’affaire Sylvie Andrieux à Marseille en est un exemple, rappelle-t-il. Cette députée a été condamnée et déclarée inéligible pour détournement de fonds publics via des associations. »

Pour la Ville de Lyon et son maire Grégory Doucet, la contestation de ces subventions représente « une tentative de caricaturer l’exécutif et une volonté de censure idéologique ». « Cette méthode rappelle la décision de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui, en 2023, avait annulé sa subvention au Théâtre nouvelle génération (TNG) de Lyon. Nous rappelons que cette décision a été jugée illégale par la justice », conclut la collectivité, réaffirmant « son attachement à la liberté associative et au respect du cadre légal des subventions ».