Municipales à Lyon: Bras de fer entre Gérard Collomb, qui ne lâche rien et David Kimelfeld, qui reçoit de nombreux soutiens

Entre David Kimelfeld (à gauche), président de la Métropole de Lyon et Gérard Collomb, maire de Lyon, les relations sont tendues. — R. Lafabrègue/AFP

  • Depuis six mois, les relations se sont tendues entre David Kimelfeld, le président de la Métropole de Lyon, et Gérard Collomb, le maire de Lyon.
  • Ce dernier a annoncé dimanche qu’il sera lui aussi candidat à la Métropole pour les élections de 2020.
  • Un duel serré entre les deux hommes, qui ont longtemps travaillé ensemble, se profile désormais.

L’annonce ne devrait pas apaiser les tensions. Dimanche, Gérard Collomb a officialisé sa candidature à la présidence de la Métropole de Lyon en 2020. Un poste que convoite également David Kimelfeld, l’actuel président de la Métropole. La guerre politique à laquelle se livrent les deux hommes n’a pas manqué d’interpeller. A commencer par Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui s’est épanché la semaine passée dans les colonnes du Progrès, invitant les deux protagonistes à enterrer la hache de guerre.

« Pour la région, la métropole de Lyon est une locomotive. Si la locomotive est à l’arrêt parce que j’ai deux conducteurs qui se tapent dessus, on ne peut pas y arriver », s’inquiétait-il. Un message qui a dû faire sourire les deux adversaires, continuant de mener chacun leur barque de leur côté.

Une main tendue refusée

Depuis la démission de l’ancien ministre de l’Intérieur et son retour précipité entre Rhône et Saône, les relations entre Gérard Collomb et David Kimelfeld se sont particulièrement distendues. Désireux de reprendre les affaires en mains, le maire de Lyon a cristallisé les crispations. Son autoritarisme et son ingérence dans les dossiers locaux, suivis à distance, ont irrité. Des voix se sont également élevées pour contester l’influence de son épouse, référente de la LREM dans le Rhône.

Résultat : plusieurs fidèles, notamment d’anciens adjoints à la mairie de Lyon, ont progressivement quitté le navire afin de rallier le « camp Kimelfeld ». C’est le cas de Thomas Rudigoz, député de la 1ère circonscription du Rhône. « David Kimelfeld a prouvé qu’il était tout à fait capable de gérer une énorme boutique comme la Métropole de Lyon. Ce n’est pas pour rien que Gérard Collomb l’avait désigné pour le remplacer », observe-t-il, soulignant « son sens du collectif ». Et d’ajouter : « Il a le charisme, le mental. Il sait mener des hommes et des femmes, il est capable d’aller au contact des agents. Il a la volonté de vivre en adéquation avec le temps et la société ».

La semaine dernière, Gérard Collomb avait bien tenté une réconciliation. Invité de Jazz Radio, il a proposé à son poulain, « une main tendue », à savoir une alliance en vue des élections de 2020. Le deal ? David Kimelfeld se présente à la mairie de Lyon et lui, à la métropole. Une suggestion ignorée par le principal intéressé, qui a animé samedi 6 avril une « réunion de travail », prémices du lancement de sa future campagne électorale, à laquelle ont assisté 300 personnes. Dont Anne Brugnera, ancienne adjointe à l’Education et présidente du groupe LREM à la métropole de Lyon.

David Kimelfeld « le candidat le plus légitime »

« Cette main tendue, à savoir cette inversion des rôles ne me paraît pas raisonnable, ni concevable. On ne peut pas switcher de rôles comme ça », souligne l’élue pour laquelle « la ville de Lyon ne peut être envisagée comme un lot de consolation ». « Même si Gérard Collomb est intéressé par la métropole de Lyon, et on peut le comprendre, David Kimelfeld est le candidat le plus légitime », estime-t-elle.

« Son passé de vice-président à l’économie lui permet d’avoir une expertise en la matière. En même temps, il est davantage à l’écoute des besoins écologiques de nos concitoyens. Son point fort, c’est vraiment de pouvoir allier l’économie à l’écologie, deux thématiques importantes pour les gens », appuie Anne Brugnera.

« Gérard Collomb se trompe d’époque »

Jimmy Brumant, ancien référent dans le Rhône des Jeunes avec Macron, qui a quitté ses fonctions à la suite d’un désaccord avec Caroline Collomb, a lui aussi rallié le camp adverse, séduit par la personnalité de David Kimelfeld. « 300 personnes réunies pour une première réunion, ce n’est pas rien. Quelque chose est en train de se passer », prédit le jeune homme.

« Samedi dernier, il a mis tout le monde autour de la table pour établir un projet commun et réfléchir à l’avenir du territoire. Avec lui, on bosse ensemble. C’est ça la politique », insiste Jimmy Brumant. Et d’ajouter : « Gérard Collomb se trompe d’époque. Ma conviction est qu’on ne peut plus faire de la politique comme il en a l’habitude. Il ne faut pas oublier que ce sont les électeurs qui choisissent à la fin et qu’un projet est plus important qu’une personne ».

Mais le principal concerné reste confiant. « J’ai vu par le passé beaucoup d’élus qui n’étaient pas d’accord avec mes positions, et qui in fine, s’y sont ralliés », précise le maire de Lyon au Progrès. Reste à savoir si l’avenir lui donnera raison…

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