France

Municipales 2026 : Un ancien policier proche d’Estrosi en garde à vue.

Deux hommes, dont un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire, sont en garde à vue dans l’enquête sur la tête de porc retrouvée devant le domicile de Christian Estrosi. Quatre nouvelles personnes, toutes de nationalité française, ont été entendues dans ce dossier par le procureur de Nice, Damien Martinelli.


Un coup monté qui bouleverse la campagne municipale à Nice ? Deux individus, dont un ancien policier lié à Christian Estrosi, sont en garde à vue mercredi dans le cadre de l’enquête sur la tête de porc découverte devant le domicile du maire, qui semble indiquer une manipulation provenant de son entourage, selon des sources proches de l’affaire.

Le 27 février au soir, Christian Estrosi, qui se présente pour un quatrième mandat, a trouvé une tête de porc accompagnée d’une affiche portant une étoile de David et une insulte devant chez lui. Cet incident a perturbé sa campagne face à son adversaire, le député UDR Eric Ciotti, allié du Rassemblement national et actuellement en tête des sondages.

Estrosi était-il au courant de la manœuvre ?

Deux ressortissants tunisiens, interpellés la semaine dernière, sont actuellement en détention provisoire. Mercredi, le procureur de Nice, Damien Martinelli, a annoncé que quatre nouvelles personnes, toutes de nationalité française, avaient été entendues concernant cette affaire.

L’un d’eux, âgé de 79 ans, est un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST), aujourd’hui à la retraite et devenu détective privé, d’après une source proche du dossier, qui confirme une information du Parisien. Damien Martinelli n’a pas précisé leur éventuelle implication dans cette affaire, qui suscite de sérieux doutes sur une manipulation politique à quelques jours des élections municipales.

L’enquête semble écarter une implication extérieure et s’orienter vers une manipulation émanant du camp d’Estrosi, sans qu’il soit possible de déterminer à ce stade si Christian Estrosi était informé ou non, selon plusieurs sources proches.

Le maire défend son innocence.

« On passe de missions de soutien, de collectes de données à une manipulation ? », s’interroge une de ces sources. « Tout ça gravite autour d’un point central, après il faut démontrer si ce point central est actif ou pas ».

« Christian Estrosi réaffirme haut et fort être victime d’une tentative de déstabilisation », a déclaré son avocat, Me Olivier Baratelli. La semaine dernière, lorsque le téléphone de l’un des suspects a révélé des communications avec une collaboratrice proche du maire sortant, ce dernier avait dénoncé une tentative d’infiltration de sa campagne, qualifiant la situation de « barbouzerie ».

Il avait pointé du doigt l’équipe de son concurrent Eric Ciotti ainsi que l’homme d’affaires conservateur Pierre-Édouard Stérin, qui nie toute implication et a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation.