Municipales 2026 : Rachida Dati élue puis condamnée, peut-elle rester maire ?
Anne Hidalgo a alerté sur le risque pour Paris d’une éventuelle destitution de Rachida Dati, qui est actuellement deuxième derrière Emmanuel Grégoire avec 24 % des voix au premier tour des élections municipales. Selon Daniel Tasciyan, en cas de condamnation à une peine d’inéligibilité, tout dépendra de l’exécution provisoire, et si celle-ci est prononcée, Rachida Dati pourrait perdre son mandat instantanément.
« Imaginez le risque pour Paris, et le risque réputationnel, d’avoir une personne qui pourrait potentiellement devenir maire et être déchue de son mandat quelques mois après ? » Cette semaine, sur France Inter, Anne Hidalgo a mis en garde contre la possibilité que la capitale se retrouve sans maire si Rachida Dati, qui est actuellement créditée de 24 % des voix dans les derniers sondages, se voit élue en mars et condamnée lors du procès prévu le 16 septembre prochain.
Il n’est pas surprenant d’entendre ce nouvel affront de l’édile envers sa rivale, car la maire du 7e arrondissement doit comparaître pour recel d’abus de pouvoir, d’abus de confiance, de corruption et de trafic d’influence passif au sein d’une organisation internationale, le Parlement européen. Elle risque ainsi une peine d’inéligibilité, ce qui pourrait entraîner sa destitution, comme l’affirme Anne Hidalgo.
**L’exécution provisoire ou non…**
« En cas de condamnation à une peine d’inéligibilité, tout dépendra de savoir si une exécution provisoire y est assortie ou non », précise Daniel Tasciyan, avocat spécialisé en droit électoral. Sans exécution provisoire, « si Madame Dati souhaite faire appel, la décision de première instance sera suspendue le temps de la décision », poursuit l’avocat, permettant ainsi à Rachida Dati de poursuivre son mandat.
En revanche, si la Cour d’appel et la Cour de cassation confirment le jugement et la peine, « on arriverait en bout de course, et elle serait considérée comme démissionnaire d’office de son mandat de conseillère de Paris, et donc de maire ».

En cas d’exécution provisoire, le scénario décrit par Anne Hidalgo se réaliserait. Romain Rambaud, professeur de Droit public à l’Université de Grenoble-Alpes, confirme : « L’exécution du jugement deviendrait alors immédiate et un appel ne serait pas suspensif. » Selon l’universitaire, cela pourrait sonner la fin pour Rachida Dati : « Même si elle fait appel, puis en cassation, avec les délais, on arriverait alors au bout de son mandat ».
Une situation déjà observée avec Marine Le Pen, qui a perdu son mandat de conseillère départementale du Pas-de-Calais après sa condamnation dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national en novembre 2025.
**Pas de nouvelle élection… mais un nouveau vote au Conseil de Paris**
Contrairement à ce que certains internautes avancent, cette décision n’entraînerait pas l’annulation de l’élection municipale. « Les électeurs votent pour un candidat mais aussi pour un programme et pour une liste. D’autant que les électeurs sont informés de la procédure en cours, et donc on ne pourrait douter de la sincérité du scrutin », explique Romain Rambaud. De même, les décisions prises par un maire avant sa condamnation ne pourraient être remises en question.
Ainsi, c’est le premier adjoint désigné par Rachida Dati qui serait chargé d’assurer l’intérim jusqu’à l’organisation d’un nouveau scrutin au sein du Conseil de Paris pour élire un nouveau maire.
**Qui veut prendre sa place ?**
C’est une donnée bien connue des membres du camp Dati qui aiguise les ambitions. Si Rachida Dati ne communique pas sur le nom de son futur premier adjoint, il est fort probable que cette nomination soit perçue comme un adoubement.
Un cadre des Républicains, s’est confié à *La Tribune dimanche* pour indiquer que Grégory Canal, élu du 15e arrondissement, chef de cabinet et conseiller politique de Gérald Darmanin au ministère de la Justice, pourrait devenir premier adjoint en cas de victoire.
D’autres responsables du parti semblent également très intéressés, comme Sylvain Maillard, député macroniste et porte-parole actif de la campagne de Rachida Dati, ainsi qu’Agnès Evren, sénatrice et présidente des Républicains de Paris.

