Municipales 2026 : Qui ne s’engage pas pour les droits LGBTI+ ?
Une étude publiée le 4 mars analyse les positions et propositions de 40 listes candidates dans 15 villes françaises concernant les droits LGBTI +. Neuf listes sur dix investissent des candidats qui se disent publiquement LGBTI +, tandis que sept listes sur dix affirment intégrer des personnes engagées sur ces enjeux.

À Lille, au Havre, à Perpignan, à Dijon, à Paris et à Marseille, qui s’intéresse à la mise en œuvre des droits LGBTI + ? Ce sujet demeure en dehors des principaux débats des élections municipales des 15 et 22 mars. Pourtant, les municipalités pourraient jouer un rôle crucial, que ce soit par la formation des agents des services publics, le soutien aux associations, les espaces communautaires ou la mise en place de politiques proactives contre les discriminations et pour la santé sexuelle.
Pour la première fois, une étude a été publiée le 4 mars sur ce thème. L’association l’Index de l’engagement LGBTI +, en collaboration avec la Fondation Jean-Jaurès, a passé en revue les positions et propositions de 40 listes présentées dans 15 villes françaises (voir encadré). Des candidats de La France insoumise aux Républicains ont participé, à l’exception du Rassemblement national et de l’Union des droites pour la République (UDR) d’Éric Ciotti. Killian Montesquieu, co-auteur de l’étude, revient sur les résultats de cette analyse.
Quelles listes s’engagent le plus en faveur des droits des personnes LGBTI + ?
Une des conclusions majeures est que plus la ville est grande, plus les réponses des candidats sont développées et précises, avec moins de zones d’ombre, une meilleure connaissance des leviers et un ancrage local plus solide. À Paris, Emmanuel Grégoire (PS, représentant de la gauche unie) et Pierre-Yves Bournazel (centre-droit, Horizon) se distinguent par leurs propositions avancées sur ce sujet, apparaissant parmi les meilleurs candidats des 15 grandes villes.
À Nice, Christian Estrosi (droite) présente des réponses concrètes, prenant en compte le secteur associatif. Dans cette même ville, Mireille Damiano (LFI) propose des initiatives ambitieuses qui illustrent clairement les clivages existants.
Quelles sont les différences entre les listes de gauche et de droite ?
La lutte contre les discriminations et les violences fait consensus. Cependant, les candidats de droite se positionnent davantage dans une optique d’universalisme, proposant des mesures pour garantir la sécurité dans l’espace public. La droite privilégie une approche sécuritaire, axée sur la formation et le développement d’une police municipale.
À l’inverse, les listes de gauche considèrent cette problématique comme un enjeu pour la réalisation effective des droits, cherchant à progresser à l’échelle municipale. Cela inclut la transformation des services publics, avec la création d’observatoires, la formation des agents, ou encore la modification des formulaires municipaux pour faciliter la rectification de la mention de genre à l’état civil.
Aucune liste Rassemblement national ou RN-UDR contactée n’a donné suite aux sollicitations. Comment l’expliquez-vous ?
Ces listes ont été sollicitées au même titre que l’ensemble des candidats. Nous interprétons cela comme un refus d’aborder ce sujet au niveau municipal et une volonté de rester dans le silence. Sur les enjeux LGBTI +, le RN préfère ne pas se positionner ni s’exprimer, car leur stratégie homonationaliste actuelle fonctionne bien, notamment auprès des électeurs gays, et ces sujets sont perçus comme clivants, ce qui pourrait leur faire perdre des voix. De plus, au-delà des droits acquis tels que le mariage pour tous et l’accès à la PMA, le RN n’a pas beaucoup à offrir aux personnes trans ou sur les questions de chemsex, qui représentent un véritable enjeu de santé aujourd’hui.
Quelle place occupent les personnes LGBTI + dans les listes électorales ?
Concernant la représentation, il existe un consensus général sur l’importance d’investir des candidats qui se déclarent publiquement LGBTI +. Neuf listes sur dix incluent des candidats concernés. C’est un aspect positif, mais cela ne garantit en rien leur engagement politique. Une autre question a été posée sur l’investissement de militantes et militants pour les droits LGBTI +. À ce sujet, sept listes sur dix affirment inclure des personnes spécifiquement engagées sur ces enjeux, tandis que les listes de droite intègrent moins de ces profils.

