Municipales 2026 : Le PS ne critique pas LFI pour éviter le second tour
Le Parti socialiste concentre ses efforts sur son aile gauche et entre en conflit avec Jean-Luc Mélenchon, le qualifiant d’« une illusion » qui « dessert la cause » de la gauche. Selon un sondage OpinionWay-SFIL pour Les Echos et Radio Classique, 50 % des sympathisants PS rejettent l’idée d’une alliance avec LFI contre 49 % qui la souhaitent.
Dernière ligne droite avant le premier tour des élections municipales. Le Parti socialiste intensifie ses efforts pour maximiser le nombre de candidats au second tour et se concentre sur son aile gauche. Les attaques se multiplient contre Jean-Luc Mélenchon, dans le but de limiter les risques de devoir former des alliances avec La France insoumise pour gagner.
Les premiers coups sont venus du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui, dans un entretien au *Parisien* dimanche, décrit le leader Insoumis comme « une illusion » qui « dessert la cause » de la gauche. Il l’accuse d’avoir « renoué avec des tropes antisémites qu’on pensait inimaginables à gauche » en ironisant sur des patronymes juifs tels que « Epstein » et « Glucksmann ».
Olivier Faure s’abstient de condamner les électeurs « qui ont suivi sincèrement LFI et ne se sentent pas coresponsables des dérives de son leader », les encourageant à se tourner plutôt vers les candidats socialistes. « Je leur dis que nous défendons la justice sans renier nos valeurs ».
### La barre des 10 % comme objectif
L’objectif est de faire passer La France insoumise en dessous des 10 % nécessaires pour se maintenir au second tour, ce qui éviterait aux candidats socialistes de devoir établir des accords avec des Insoumis devenus indésirables pour une partie de l’électorat de gauche.
Cependant, les socialistes, qui ont refusé tout accord national pour ces élections municipales, se retrouvent dans une situation délicate. Ils doivent attirer des électeurs plus radicaux, essentiels pour gagner, tout en évitant de perdre ceux du centre gauche qui pourraient s’éloigner d’une liste intégrant des Insoumis.
C’est ce qu’a affirmé le député PS Jérôme Guedj sur Radio J dimanche, appelant « à un vote utile des électeurs de gauche » pour les listes non mélenchonistes dès le 15 mars, afin de « leur permettre de ne pas être dépendantes du score de la France insoumise ». Tout rapprochement avec LFI au second tour serait perçu comme une « compromission », a averti François Hollande, ajoutant que « une partie de nos électeurs ne nous suivrait pas ».
### Une situation pas isolée
À Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire gagnerait, selon un sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV, *Le Figaro* et *La Tribune Dimanche*, au second tour contre la candidate LR Rachida Dati dans la plupart des configurations, sauf en cas de triangulaire avec l’Insoumise Sophia Chikirou.
À Marseille, le maire sortant Benoît Payan soutenu par le PS est donné au coude à coude avec le RN au second tour, et dans une situation réelle de danger si le candidat Insoumis Sébastien Delogu, estimé à environ 14 %, se maintient. Refusant toute fusion avec lui, Benoît Payan l’exhorte à se désister entre les deux tours, afin que la ville ne bascule pas à l’extrême droite, ce que l’Insoumis refuse.
Selon un sondage OpinionWay-SFIL pour Les Echos et Radio Classique, 50 % des sympathisants PS rejettent l’idée d’une alliance avec LFI, contre 49 % qui la souhaitent.

