France

Municipales 2026 : Jean-Michel Aulas et Grégory Doucet à égalité, « Il y a un match retour »

Jean-Michel Aulas, tête de liste de Cœur lyonnais, a obtenu 36,78 % des votes lors du premier tour des élections municipales à Lyon, tandis que Grégory Doucet, le maire sortant EELV, a reçu 37,36 % des suffrages exprimés. La participation dépassait les 65 % dans la troisième ville de France, selon les derniers chiffres de la ville.

De notre journaliste au QG de Jean-Michel Aulas,

Jean-Michel Aulas, candidat à la tête de la liste Cœur lyonnais, était pressenti comme favori avant l’officialisation de sa candidature. Finalement, lors du premier tour des élections municipales à Lyon ce dimanche, il a réalisé un « match nul », reflet du parcours de son club.

L’ancien président de l’Olympique lyonnais a recueilli 36,78 % des voix, se plaçant à proximité du maire sortant EELV, Grégory Doucet, qui a obtenu 37,36 % des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs de la préfecture. La participation a été supérieure à 65 % dans la troisième ville de France, d’après les derniers chiffres de la municipalité. L’ambiance était tendue et électrique dans les QG ce dimanche soir, entre métaphores footballistiques et échanges piquants.

« Un match retour »

« Nous avons pris du retard par rapport aux sondages, mais nous avons l’avance d’un candidat qui manque d’expérience politique, mais qui arrive à mettre en difficulté le maire sortant et qui a un immense punch », a-t-il affirmé brièvement à son QG vers 22h15. Il a reconnu avoir « certainement fait des erreurs » durant la campagne. « Mais c’était une campagne magnifique lorsqu’on parvient à égaliser avec un maire sortant qui a eu des méthodes déloyales », a-t-il ajouté. À 76 ans, il était entouré d’une dizaine de militants lors de son intervention.

« C’est un premier acte, mais le match retour aura lieu la semaine prochaine », a poursuivi Aulas, usant de métaphores sportives. « Et nous allons aborder ce match retour avec de bonnes chances de triomphe », a-t-il précisé. Il se dit « prêt à reprendre le terrain dès demain matin ». « Les Lyonnais et les Lyonnaises ne désirent pas que Lyon soit gouvernée par l’extrême gauche », a-t-il déclaré en qualifiant une potentielle alliance entre Grégory Doucet et Anaïs Belouassa Cherifi d’union « honteuse ».

Les premières estimations de l'Ipsos pour Lyon.
Les premières estimations de l’Ipsos pour Lyon. - Ispos

Suite aux premières estimations dévoilées le soir même, la candidate de La France insoumise, qui est arrivée en troisième position avec environ 10,41 %, a indiqué être prête à une « fusion technique » avec la liste du maire écologiste. « Nous sommes prêtes à assumer nos responsabilités, à discuter et, bien sûr, à préserver notre ville à gauche », a-t-elle déclaré sur BFM. Elle est la seule à pouvoir se maintenir au second tour, contrairement au candidat UDR-RN Alexandre Dupalais (7,07 %) et aux autres petits candidats.

« On va gagner »

Les seuls militants à répondre aux journalistes étaient des membres des listes du Cœur Lyonnais. « Ce n’est pas une douche froide, nous partons de 17 % lors du premier sondage », a déclaré Allan Bouamrane, secrétaire général de Renaissance Rhône et candidat dans le 3e arrondissement.

La salle réservée aux militants pour la soirée électorale au QG de Jean-Michel Aulas.
La salle réservée aux militants pour la soirée électorale au QG de Jean-Michel Aulas. - E. Martin / 20 Minutes

Il faisait partie des rares personnes présentes au QG, qu’il a qualifiée de « soirée pleine de suspense ». « Nous attendions des résultats », a-t-il ajouté. Selon lui, peu de militants étaient sur place car ils s’occupaient des bureaux de vote comme assesseurs ou dépouilleurs. « Nous sommes dans un état d’esprit combatif, nous savons ce que veulent les Lyonnais et ils ne veulent pas de Doucet », a-t-il dit. Pour lui, les voix à conquérir pour le second tour proviennent des électeurs de « Doucet qui ne désirent pas de LFI ».

Les militants restent confiants

« Nous ne sommes pas inquiets, bien au contraire. J’ai confiance en mon président. 2 %, ce n’est rien », a lancé un militant avant d’être invité à regagner la salle réservée. Même sentiment chez Catherine Voisin Moulinier, qui est engagée dans le projet du Cœur lyonnais depuis le début. « C’est la première fois que je me mobilise pour un candidat, et c’est à cause de Jean-Michel Aulas », a-t-elle déclaré juste après l’annonce des premières estimations. « Tout ira bien », a-t-elle ajouté souriante, malgré le stress visible chez la dizaine de militants présents.

Tout au long de la soirée, des membres de Génération Aulas entraient et sortaient de la salle, exprimant parfois aux nombreux journalistes leur impatience et leur sérénité. « Ce sera formidable d’avoir Jean-Michel Aulas comme maire le 22 mars », a lancé Louis, étudiant en droit de 20 ans.

Mathys et Brune, 20 ans, membres de Génération Aulas.
Mathys et Brune, 20 ans, membres de Génération Aulas. - E. Martin / 20 Minutes

Mathys et Brune, également âgés de 20 ans, étudiants l’un à l’IEP, l’autre en sciences politiques, ont été convaincus par les réussites du fondateur de Cegid. Elle a été charmée par « le temps que le candidat » consacre « avec les gens » durant la campagne. « C’est une figure lyonnaise, qui célèbre, qui rassemble », affirment ces « jeunes avec Aulas ». Pour Mathys, membre fondateur de Génération Aulas, le candidat de 76 ans se situe « au-dessus des divisions » et de ce que « représente le monde politique aujourd’hui ». Bien que les premières estimations annoncent leur adversaire en tête, ils restent confiants.

Doucet tacle à son tour son adversaire

Après l’annonce des premiers résultats, Grégory Doucet s’est prononcé à 22h45 à son QG. « Le résultat de ce soir déjoue tous les pronostics », a déclaré le maire sortant. « Nous avons mené une campagne de terrain, d’écoute, sérieuse et responsable. […] Ce travail est reconnu par les résultats de ce soir, ce n’est pas qu’un chiffre, c’est une dynamique, et cette dynamique, non, nous ne l’arrêterons pas », a-t-il affirmé.

Le candidat de la gauche et des écologistes a visé son adversaire. « Face aux courants réactionnaires, face à un candidat soutenu par Laurent Wauquiez et en retrait par rapport aux mouvements d’extrême droite, les Lyonnaises et les Lyonnais ont réaffirmé leur attachement aux valeurs humanistes de notre ville », a-t-il affirmé. « Confrontés aux intérêts privés de quelques-uns, face aux propositions obsolètes, les habitantes et habitants ont privilégié un projet généreux et universel qui protège notre service public. Le vivant et l’humain plutôt que le béton. »

Les résultats des municipales commune par commune

Le candidat de 52 ans a appelé à « confirmer ce choix » le 22 mars prochain. « Un choix clair, net, entre deux visions différentes pour notre ville. Celle d’un retour en arrière, repliée, qui exclut certains Lyonnais et refuse le débat. Vous l’avez compris, une vision à rebours de la nôtre », a-t-il conclu.