France

Municipales 2026 : Jean-Luc Mélenchon, faiseur de roi, sera-t-il gagnant ?

Jean-Luc Mélenchon a salué « une magnifique percée » de La France insoumise au premier tour des élections municipales, en précisant que « tous les types de villes sont concernés » et que les insoumis peuvent l’emporter à Lille, Roubaix, Limoges, Saint-Denis et Toulouse. À Saint-Denis, Bally Bagayoko a remporté la victoire au premier tour face au maire socialiste sortant, Mathieu Hanotin, dans une ville de près de 150.000 habitants.


Jean-Luc Mélenchon a salué « une magnifique percée » de La France insoumise (LFI) lors du premier tour des élections municipales. « Tous les types de villes sont concernés. Les insoumis peuvent l’emporter à Lille, Roubaix, Limoges, Saint-Denis, Toulouse », a déclaré le leader de LFI, dimanche soir, sur X. Si LFI est bien positionné pour remporter plusieurs mairies, le mouvement aura également un rôle clé dans les grandes villes comme Paris, Marseille, Lyon, Lille ou Nantes. Cela pourrait-il faire des insoumis les principaux gagnants de ces élections ?

### Une stratégie présidentielle validée ?

Après un scrutin 2020 jugé peu satisfaisant, La France insoumise s’est cette fois-ci concentrée sur les élections municipales. « Il y a six ans, ce n’était pas une priorité, et nous avions plutôt soutenu des listes citoyennes. Cette fois, c’était un rendez-vous, et même si on sait qu’elles sont difficiles pour une force nouvelle, je crois qu’il est réussi », a exprimé Eric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis. Le mouvement a notamment enregistré une victoire notable à Saint-Denis, une ville de près de 150.000 habitants en Seine-Saint-Denis, avec l’élection au premier tour de Bally Bagayoko face au maire socialiste sortant, Mathieu Hanotin. LFI est également en bonne voie pour remporter Roubaix, une ville de 100.000 habitants, où le député David Guiraud a reçu 46,64 % des voix au premier tour.

Les cadres de LFI considèrent ces résultats comme le début de ce que pourrait être la campagne présidentielle de 2027. « C’est la validation de la stratégie de la  »Nouvelle France », ces résultats montrent qu’on assoit notre  »supériorité » dans des villes importantes, en mobilisant les quartiers populaires, parfois abstentionnistes, comme à Saint-Denis, mais aussi Roubaix ou La Courneuve », a assuré Eric Coquerel. « C’est cette dynamique qui peut nous permettre d’ouvrir d’autres portes partout en France », a ajouté ce proche de Jean-Luc Mélenchon.

### LFI en faiseurs de rois

Ni les polémiques entourant la Jeune Garde, ni la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon, ni les déclarations controversées de Jean-Luc Mélenchon sur les noms « Epstein » et « Glucksmann » n’ont freiné l’engagement des insoumis. Ces événements ont peut-être même renforcé leur dynamique, leur permettant de se positionner en tête de la gauche à Lille, Toulouse, Limoges, Angoulême.

En dépassant les 10 % dans de nombreuses villes, comme à Paris, Marseille, Lyon ou Nantes, les insoumis peuvent également jouer le rôle d’arbitre et influencer les négociations entre les deux tours. En dépit des tensions récentes à gauche, Jean-Luc Mélenchon a appelé « les coalitions de la gauche traditionnelle » à saisir « la main tendue » dès dimanche. Manuel Bompard, coordonnateur du mouvement, a proposé « un front antifasciste » et des « fusions techniques » pour contrer la droite ou le Rassemblement national. Grâce à leur percée, les insoumis se sont avérés « indispensables » au second tour pour la victoire de la gauche dans de nombreux cas.

Cela suscite des inquiétudes chez les dirigeants socialistes. Olivier Faure a affirmé dimanche qu’il n’y aurait « pas d’accord au niveau national avec les insoumis ». Cependant, sur le terrain, des accords se sont multipliés lundi à Toulouse, Avignon, Clermont-Ferrand, Brest, ou Limoges. Une stratégie difficile à assumer ? Contactés par 20 Minutes, plusieurs responsables du PS n’ont pas répondu à nos sollicitations. Les insoumis se sont également associés à des têtes de listes écologistes dans des villes comme Lyon, Strasbourg ou Tours. « Des fusions sont en cours ou réalisées dans la moitié des villes de plus de 100.000 habitants », a estimé le député insoumis Paul Vannier à l’AFP.

### Pas d’accord à Paris ni Marseille

En revanche, cela ne sera pas le cas dans les deux plus grandes villes de France : Paris et Marseille. À Paris, Emmanuel Grégoire et à Marseille, Benoît Payan, ont rejeté les propositions de coopération de Sophia Chikirou et Sébastien Delogu, après des campagnes très tendues. « C’est une stratégie suicidaire et dangereuse. Ils porteront une responsabilité énorme en cas de victoire de la droite et de l’extrême droite », a déclaré Eric Coquerel. À Lille, les écologistes ont préféré s’allier avec le candidat socialiste plutôt qu’avec LFI.

Le bilan réel de ces municipales sera connu dimanche soir. Combien de communes LFI dirigera-t-elle ? Les alliances avec le reste de la gauche permettront-elles la victoire ? Si la percée des insoumis est indéniable, le résultat pourrait être plus nuancé au second tour.