France

Municipales 2026 : Électeurs voteront-ils dimanche, « 100 % prête » ?

Le premier tour des élections municipales se tiendra ce dimanche à Toulouse, ainsi que dans toute la France. Selon la préfecture, 281.693 électeurs sont inscrits à Toulouse, contre 262.125 en 2020, ce qui représente une hausse de 20.000 votants.

Les panneaux d’affichage sont présents depuis plusieurs semaines, les écoles et les mairies sont transformées en bureaux de vote, et les candidats ont procédé à leurs dernières actions à Toulouse. Pour certains, cette campagne est passée inaperçue, noyée par l’actualité nationale et internationale, mais le premier tour des municipales se tiendra ce dimanche.

Rendez-vous dimanche à Toulouse, comme partout en France pour le premier tour des élections municipales.
Rendez-vous dimanche à Toulouse, comme partout en France pour le premier tour des élections municipales.  - L.Tollon/20 Minutes

Ce sont des élections particulièrement atypiques, à l’approche de la présidentielle de 2027, dans un contexte lourd, succédant aux municipales de 2020 presque invisibles en raison du Covid. Comme à chaque élection, la même phrase revient : « chaque voix compte » (d’autant plus à Paris, Marseille et Lyon avec la réforme du mode de scrutin). Cependant, la question qui préoccupe électeurs et candidats demeure : les électrices et électeurs se déplaceront-ils pour voter ? 20 Minutes a interrogé des habitants de Toulouse, et le verdict est… mitigé.

« Pas envie de perdre du temps avec ça »

Dès les premiers échanges, le désintérêt de certains est manifeste. Victor, étudiant en ingénierie de 20 ans, admet sans détour qu’il a complètement « zappé » de s’inscrire sur les listes. « Normalement, je devrais voter chez mes parents mais je ne pense pas remonter dans le Puy-de-Dôme juste pour ça. Franchement, c’est un peu la honte. J’espère que les autres étudiants à Toulouse ne feront pas comme moi mais bon… », confie le grand brun, avec un air stoïque.

Un peu plus loin, Jocelyne, 56 ans, au chômage, rejette la question d’un geste : « Non. Ça ne m’intéresse pas. Je n’ai pas envie de perdre du temps avec ça », déclare la Toulousaine vêtue de gris. « Il y a des problèmes plus importants aujourd’hui dans le monde pour que je me préoccupe de qui sera au Capitole », conclut la quinquagénaire.

Les Pyrénées plutôt que les urnes

Parmi les retraités, plus âgés que Jocelyne, le constat est souvent le même, teinté de lassitude. Anne, 81 ans, explique notamment qu’elle hésite encore : « Que ce soit Baudis, Cohen, Moudenc ou le futur maire, ça ne change pas grand-chose pour moi : des travaux, des travaux et encore des travaux. On ne voit que ça de la municipalité. De plus, étant retraitée, j’attends moins de la Ville que vous les jeunes. »

Et pourtant, chez les plus jeunes, certains en viennent même à oublier la date, comme Nils, 38 ans et père de famille. « Ça dépendra du temps », rit-il, un peu mal à l’aise. « S’il fait beau, on comptait aller dans les Pyrénées ce week-end avec les enfants. Si on rentre assez tôt, j’irai bien sûr, sinon, ce sera pour le deuxième tour. » Bastien, 32 ans, a également un emploi du temps chargé avec un « week-end entre amis » et ce commercial ne juge pas le scrutin « hyper pertinent cette année ».

« Excitée, c’est la première fois que je vais voter »

Cependant, au milieu de ce scepticisme général, des voix plus engagées se font entendre. « Je suis 100 % prête ! J’ai lu les programmes, j’ai suivi la campagne. Je suis excitée parce que c’est la première fois que je vais voter et je prends ça très à cœur. Je suis une jeune étudiante boursière, une fille racisée et musulmane, je ne peux pas laisser les autres décider à ma place », s’enthousiasme la rayonnante Inès, tout juste majeure et étudiante en mathématiques.

Moins enthousiaste mais plus concentré, Pierre-Jean, infirmier de 41 ans, souhaite se rattraper du scrutin fantôme des dernières municipales. « En 2020, je n’avais rien suivi à cause du Covid et je m’en suis un peu voulu, mais oui, dimanche et la semaine prochaine, je ferai mon devoir citoyen », assume le professionnel de santé. « Ce ne sont pas n’importe quelles élections en plus, ça prépare la présidentielle donc ça donnera le ton. »

À l’inverse, Philippe, 66 ans, ancien ouvrier du bâtiment, ressent un profond désenchantement : « Comme à chaque élection, oui, mais sans jamais de grande conviction. Peu importe qui on élit, ça ne change rien à nos vies, nous sommes toujours perdants », déplore l’homme renfermé sur lui-même. « La dernière fois qu’on nous a forcés à voter, le gouvernement n’a même pas respecté les résultats. Donc là-haut ou ici, c’est toujours pareil : on prend les mêmes et on recommence. C’est agaçant. »

Un réel intérêt des habitants ?

Il y a également ceux qui passent rapidement, entre deux courses, répondant à la hâte à 20 Minutes sur leur participation aux bureaux de vote dimanche : « Oui sûrement » ; « J’ai fait procuration donc normalement oui ! » ; « Je ne sais même pas ce que je fais demain… » ; « Juste après la sortie de messe, c’est prévu avec mes filles, oui ! » ; « Bonne question, on verra au dernier moment » ou encore « Non, je ne pense pas »… Des témoignages en demi-teinte pour résumer.

Cependant, les chiffres racontent une autre histoire. Selon un nouveau sondage #MoiJeune 20 Minutes réalisé avec OpinionWay et publié le 5 mars, 66 % des 18-30 ans interrogés se disent intéressés par le scrutin et la même proportion envisage d’aller voter. Cela redonne un peu d’espoir aux candidats, du moins chez les jeunes.

Notre dossier sur les élections municipales 2026

En ce qui concerne les listes électorales, au total, 281.693 électeurs sont inscrits à Toulouse, contre 262.125 électeurs en 2020, selon la préfecture, soit une augmentation de 20.000 votants qui pourrait faire la différence. Reste à savoir, à présent, si le désintérêt ou l’envie de changement l’emportera.