France

Municipales 2026 : Des villes sans candidats pour des responsabilités difficiles ?

À deux mois du premier tour des élections, certaines communes comme A Toutlemonde, Villamée et Noailly n’ont toujours pas de tête de liste. En 2020, 17 municipalités avaient été confrontées à l’absence de listes, dont 13 communes de moins de 1.000 habitants.


Petite commune recherche un représentant municipal. À deux mois du premier tour des élections, ces villages n’ont toujours pas de tête de liste. À Toutlemonde (Maine-et-Loire), à Villamée (Ille-et-Vilaine) ou à Noailly (Loire), le même problème se pose : personne ne souhaite devenir maire.

Malgré un appel sur les réseaux sociaux, aucun candidat ne s’est encore manifesté pour succéder à Patrick Meunier, le maire de Noailly qui a exercé ce rôle pendant trois mandats. Ni ses conseillers, ni ses adjoints ne souhaitent renouveler l’expérience, mais selon une secrétaire de mairie, « il reste encore du temps », donc « pas de quoi s’affoler ». À Jablines (Seine-et-Marne), la situation s’est débloquée « pendant les fêtes », se réjouit un membre de l’équipe municipale. Alors que personne ne semblait vouloir succéder à Jean-Michel Barat, maire depuis trente ans, la mairie a finalement reçu une lettre d’intention.

Un statut qui n’attire plus ?

En Bretagne, la maire actuelle de Villamée, Laurence Chérel, est moins sereine. Interrogée par nos confrères de Ouest-France, elle a exprimé sa préoccupation concernant l’absence de candidatures dans sa commune de 301 habitants. « Il y a sans doute une peur de s’investir car le contexte politique est très incertain », estime la cinquantenaire qui a passé 18 ans au service du village.

À la veille des élections municipales, l’Association des maires de France (AMF) a publié en juin dernier une enquête sur la démission des maires en France. « Entre 2008 et 2026, le nombre moyen de démissions de maires par an a été multiplié par 4 », indique le rapport qui identifie plusieurs causes principales : les tensions politiques au sein du conseil municipal, les passations de pouvoir anticipées et organisées dès le début de la mandature, ainsi que des questions de santé physique et mentale. Selon Isabelle Séven, directrice de l’association des maires et des présidents d’intercommunalité en Ille-et-Vilaine, le statut d’édile implique certes « des responsabilités difficiles », mais ne devrait pas expliquer l’absence de candidatures dans certaines villes.

Un cas « très rare »

Pour l’instant, les communes sans candidats doivent faire preuve de patience, les têtes de listes ayant jusqu’au 26 février à 18 heures pour se manifester. L’absence de candidat est qualifiée de « très rare » par Isabelle Séven. En plus de 20 ans, elle affirme n’avoir jamais connu de villes « sans élus » dans son département.

Ce cas se retrouve principalement dans de très petites communes. Pour éviter cette situation, le ministère de l’Intérieur propose la possibilité de présenter des listes incomplètes « comptant jusqu’à deux candidats de moins que de sièges à pourvoir dans les communes de moins de 1.000 habitants ». De plus, cette année, chaque liste devra être paritaire. Ces communes peuvent également « disposer de candidats dits « forains » », c’est-à-dire des conseillers ne résidant pas dans la commune.

17 communes sans maires en 2020

Malgré ces mesures, en 2020, 17 municipalités étaient confrontées à l’absence de listes, dont 13 comportaient moins de 1.000 habitants. Dans ce cas, une délégation spéciale assume les fonctions du conseil municipal. « Cette délégation spéciale est composée de trois membres dans les communes de 35.000 habitants et moins », précise le site du ministère de l’Intérieur. Ces membres sont « nommés par arrêté du préfet de département dans les huit jours suivant la constatation de l’impossibilité de constituer le conseil municipal ».

« La délégation spéciale, composée idéalement de personnalités locales, a la charge d’administrer la commune le temps d’organiser de nouvelles élections municipales partielles », indique Isabelle Séven. Elle précise que ces élections doivent être organisées dans un délai de trois mois. Si aucune liste n’est constituée dans ce laps de temps, la délégation spéciale reste en fonction « et une nouvelle élection partielle, dans un délai de trois mois à nouveau, doit être organisée », ajoute le ministère.