France

Municipales 2026 à Nice : Christian Estrosi et la descente aux enfers.

Christian Estrosi, qui brigue un 4e mandat, se trouve en grande difficulté en raison de l’enquête sur la tête de porc retrouvée devant son domicile, alimentant des soupçons de complot qu’il dément. Le 27 février au soir, une tête de porc a été découverte accompagnée d’une affiche avec le mot « connard » et une étoile de David, provoquant une condamnation unanime de cet acte aux relents antisémites.


Victime d’un complot ou complice d’une machination destinée à inverser la tendance alors qu’il est devancé dans les sondages par Éric Ciotti ? Christian Estrosi, candidat à un quatrième mandat, voit sa campagne pour les municipales à Nice prendre un tournant difficile. L’enquête concernant la tête de porc retrouvée devant son domicile le 27 février complique la situation du maire, alimentant des soupçons de complot qu’il dément et transformant la campagne en un scénario digne d’un mauvais film.

Depuis plusieurs mois, les échanges se font serrés entre les deux rivaux, anciens figures des Républicains, qui symbolisent désormais la fracture de la droite classique. L’un a opté pour le macronisme, tandis que l’autre s’est allié avec le Rassemblement national.

Une campagne déjà chaotique

Accusations, petites phrases, « bilan noir » de l’adversaire, défections de part et d’autre, vidéos désobligeantes, tweets venimeux et débats télévisés se transformant en « combat de coqs » – selon une expression souvent utilisée sur les plateaux – ont focalisé l’attention, reléguant les programmes au second plan.

Le duel a pris une nouvelle dimension à la mi-février, lorsque plusieurs sondages ont confirmé une nette avance pour le député UDR de 60 ans sur le maire Horizons de 70 ans.

Dans ce contexte, la découverte d’une tête de porc accompagnée d’une affiche avec le mot « connard » et une étoile de David devant le domicile de Christian Estrosi, fervent soutien d’Israël dont l’épouse est juive, a provoqué une condamnation unanime de cet acte aux relents antisémites.

En moins d’une semaine, deux suspects tunisiens ont été interpellés, mis en examen et placés en détention provisoire. Lorsque le téléphone de l’un des suspects a révélé des échanges avec une proche collaboratrice de Christian Estrosi, ce dernier a dénoncé une tentative d’infiltration de sa campagne.

L’enquête se dirige vers une manipulation du camp Estrosi

Cependant, l’enquête a encore progressé mercredi avec la garde à vue de deux hommes et deux femmes, dont plusieurs connaissances d’Estrosi, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte, entre autres, pour provocation publique à la haine ou à la violence à raison de la religion et violences aggravées visant un élu public.

Les deux hommes étaient toujours en garde à vue jeudi. L’un d’eux est un policier à la retraite de la Direction de la surveillance du territoire (DST), âgé de 79 ans, reconverti en détective privé. Selon plusieurs sources proches du dossier interrogées par l’AFP, l’enquête semble écarter toute implication extérieure et se diriger vers une manipulation émanant du camp Estrosi, sans qu’il soit possible de déterminer à ce stade si le maire avait connaissance de la situation.

Jeudi après-midi, le maire sortant a convoqué la presse pour « tordre le cou à la rumeur » et dénoncer « une machination absolument ignoble ». Livide, il a insisté : « Je veux connaître la vérité et plus vite elle arrivera, mieux ce sera ».

Celui qui a présenté sa campagne comme un rempart contre l’extrême droite – même s’il a des anciens membres du RN dans son équipe – a terminé sur un ton grave en appelant les électeurs à prendre conscience des « risques qui pèsent sur la ville de Nice quand on tente de manipuler, d’infiltrer le premier magistrat de la ville et une partie de leur administration ». Ses partisans sont conviés à un dernier meeting de campagne prévu vers 18h30 devant sa permanence.