Municipales 2026 à Bordeaux : Dessertine « face à des pressions énormes », duel « serré » dimanche
Le candidat divers centre Philippe Dessertine, qui avait recueilli 20,20 % au premier tour, n’a pas déposé de liste pour l’élection municipale à Bordeaux. Le maire sortant Pierre Hurmic affrontera le macroniste Thomas Cazenave, à la tête d’une liste d’union de la droite et du centre.
Mardi soir, un événement majeur s’est produit à Bordeaux. Philippe Dessertine, candidat divers centre et outsider de cette élection municipale, qui avait obtenu 20,20 % des voix au premier tour, n’a pas déposé de liste. En conséquence, le maire sortant Pierre Hurmic se retrouvera face à Thomas Cazenave, représentant la liste d’union de la droite et du centre. Si ce dernier semble désormais favori, le face-à-face s’annonce très disputé.
Pourquoi ce désistement inattendu ? Philippe Dessertine, à la tête d’une liste citoyenne, avait pourtant affirmé à plusieurs reprises qu’il poursuivrait son engagement… avant de renoncer mardi. « Déjà en décembre, le retrait de Nathalie Delattre (secrétaire générale du parti radical qui souhaitait se présenter à Bordeaux) au profit de Thomas Cazenave s’était fait dans le bureau de Gérard Larcher avec (Gabriel Attal) et (Edouard) Philippe », rappelle Ludovic Renard, politologue à Sciences Po Bordeaux.
Est-ce son avenir d’économiste qui est en jeu ? Philippe Dessertine, prompt à dénoncer les arrangements de l’ancien monde, aurait semble-t-il subi des conséquences. « Je ne crois pas trop au fait qu’on lui a promis quelque chose, estime le politologue. En revanche, il est possible qu’on lui ait laissé entendre que sa position dans l’espace public serait compliquée. Or, c’est un économiste médiatique, souvent sollicité pour son expertise ». Bien qu’il ait pris la mesure du contexte dès le début de son engagement, Ludovic Renard souligne que Philippe Dessertine est « un universitaire un peu idéaliste » qui ne réalisait peut-être pas l’ampleur des « énormes pressions nationales » auxquelles il faisait face.
Il convient également de noter que Renaissance a peu investi dans cette élection municipale, en particulier dans les grandes villes, en comptant beaucoup sur le candidat Cazenave. Lors de son discours de retrait, Dessertine n’a pas donné de consigne de vote, laissant ainsi ses électeurs libres de leur choix.
Que peut-on prévoir pour dimanche soir ? « Ce sera compliqué et serré jusqu’au bout car il y a beaucoup d’inconnues », résume Ludovic Renard. « Plus de 42 % de l’électorat du premier tour n’aura plus d’offre politique correspondant à son vote de dimanche dernier, souligne Jean Petaux, politique et chercheur associé au Think tank Spirales Institut. Une partie de l’électorat de Dessertine pourrait vouloir « se venger » de Cazenave et, lorsque ces électeurs ne s’abstiennent pas, se reporter sur Hurmic. »
Ce qui est certain, c’est que l’espoir renaît dans le camp de Cazenave, qui cherchera à rassembler tous ceux désireux de voir Hurmic partir. Cependant, le maire sortant écologiste pourra également bénéficier de nouveaux soutiens à gauche, notamment ceux ayant voté pour la candidature de Nordine Raymond (LFI) au premier tour.
La question d’un éventuel « plafond de verre » pour Cazenave se pose également, car il a maintenu son score de 25 % de 2020. Pourra-t-il franchir ce seuil ?
La dramatisation d’un potentiel retour à droite après la victoire de la gauche en 2020 (après soixante-treize ans à droite) sera-t-elle suffisante pour mobiliser les abstentionnistes ? « Les jeux sont loin d’être faits », conclut Ludovic Renard.

