Municipales 2020 : Le cas Villani à Paris peut-il entraîner d’autres dissidences à LREM ?

Cédric Villani a annoncé sa candidature aux municipales 2020 à Paris le 4 septembre 2019. — Thibault Camus/AP/SIPA

  • Cédric Villani a annoncé mercredi qu’il est candidat à la mairie de Paris contre l’avis de La République en marche qui lui a préféré Benjamin Griveaux.
  • Cette décision risque d’alimenter les vélléités de marcheurs dissidents dans d’autres villes, d’autant que le mathématicien n’a pas été exclu ni sanctionné par le parti présidentiel.
  • Au siège, les cadres de LREM se veulent confiants, même si la situation est déjà délicate dans plusieurs villes, dont Lille, Montpellier, Metz ou Nancy par exemple.

Le mathématicien va-t-il déclencher une réaction en chaîne ? Cédric Villani a annoncé mercredi soir qu’il briguera la mairie de Paris en 2020, contre l’avis de La République en marche qui lui avait préféré Benjamin Griveaux en juillet. Coup dur pour le parti, cette dissidence pourrait en inspirer d’autres, d’autant que le candidat n’a pas été sanctionné. Dans quelques villes, l’investiture pour les municipales s’annonce explosive, avec des comités locaux en désaccord avec la direction. Des marcheurs pourraient eux aussi se lancer face aux candidats officiellement investis par le mouvement.

Lille, Besançon, Montpellier…

Dans plusieurs villes où la commission nationale d’investiture (CNI) n’a pas encore choisi de candidat, la situation est déjà compliquée et la jurisprudence Villani pourrait ne rien arranger. A Montpellier, le député LREM Patrick Vignal se déclare déterminé à se présenter si le parti soutient le maire sortant, Philippe Saurel, sans exiger de lui qu’il porte l’étiquette de la majorité.

A Lyon, une lutte fratricide se profile entre Gérard Collomb et son ancien dauphin David Kimelfeld. Quant à Metz et Annecy, des députés marcheurs ont déjà commencé à faire campagne alors que la CNI ne les a pas désignés.

Autre contentieux entre marcheurs à Besançon, où le député Éric Alauzet, investi par LREM, est contesté par la référente départementale Alexandra Cordier, elle-même soutenue par le maire sortant, Jean-Louis Fousseret, socialiste devenu macroniste.

« Tout le monde n’est pas Villani ! »

A Lille, la députée Valérie Petit, candidate malheureuse à l’investiture, avait déjà annoncé qu’elle ne soutiendra pas Violette Spillebout, qui a obtenu l’étiquette LREM. Elle a salué mercredi la candidature de Cédric Villani d’un tweet élogieux : « Tu incarnes le meilleur de nous-mêmes, nous les Macronistes engagés ». Mais sa collègue la députée Catherine Osson estime auprès de 20 Minutes « qu’il n’y aura pas de dissidence à Lille ».

« Tout le monde n’est pas Villani ! », balaie le sénateur LREM François Patriat. « Tous ne sont pas en mesure de créer un courant de sympathie de la même nature que lui », tranche-t-il, convaincu que les candidatures en solo seront marginales.

Menace d’exclusion

« Paris ne peut pas vraiment inspirer d’autres dissidents », veut aussi croire la députée LREM Marie Guévenoux, membre du bureau exécutif et coprésidente de la CNI. A la fois car elle « a confiance en l’état d’esprit de [ses] collègues qui savent que ce n’est pas comme ça qu’on gagne une municipalité » et car le risque d’exclusion plane sur les éventuels rebelles.

Au sein du bureau exécutif, certains veulent « clouer au pilori » les futurs insoumis, relate un de ses membres. « En tout cas, il faut que ceux qui ont des velléités de dissidence comprennent qu’ils perdront l’investiture LREM aux prochaines législatives », prévient François Patriat. Une fermeté bien éloignée du traitement réservé au mathématicien.

Malgré des mises en garde et menaces d’exclusion distillées cet été, le parti a finalement opté pour la clémence à l’égard du mathématicien. « Je dis à Cédric Villani que je reste convaincu que sa place est à LREM », a déclaré Stanislas Guerini mercredi soir –  une non-exclusion souhaitée par Benjamin Griveaux. « Le candidat investi s’est lui-même prononcé pour la non-exclusion du candidat dissident, mais je ne suis pas sûre que les candidats investis dans d’autres villes demanderaient la même chose », observe Marie Guévenoux, comme un avertissement.

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