Municipales 2020 en Ille-et-Vilaine : Quels sont les points chauds dans le département ?

Après 43 ans de mandat, Pierre Méhaignerie va céder sa place à la mairie de Vitré. — Mathieu Pattier/SIPA

  • Les élections municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. 20 Minutes évoque ce vendredi les points chauds du scrutin en Ille-et-Vilaine.
  • A Vitré, deux proches de Pierre Méhaignerie se livrent une lutte acharnée pour la succession de l’ancien ministre, qui va lâcher les rênes de la mairie après 43 ans de règne.
  • A Saint-Malo, sept listes sont en course pour conquérir la mairie. Claude Renoult, l’édile actuel, n’a pas désigné de dauphin.
  • Il y aura également du changement à Saint-Jacques-de-la-Lande où le maire Emmanuel Couet, également président de Rennes Métropole, a décidé de se retirer de la vie politique.

La campagne des élections municipales est officiellement lancée depuis lundi. En Ille-et-Vilaine, 365 listes ont été déposées, contre 398 en 2014, dans les 333 communes que compte le département. Rennes est bien sûr la ville la plus convoitée avec neuf listes engagées pour le scrutin du premier tour le 15 mars.

Le scrutin s’annonce d’ailleurs serré dans la capitale bretonne où la maire Nathalie Appéré tentera de conserver son fauteuil. Mais d’autres villes seront également scrutées à la loupe par les observateurs, notamment à Vitré où le maire Pierre Méhaignerie va passer la main après 43 ans de mandat, ainsi qu’à Saint-Malo où sept listes sont en course pour la succession de Claude Renoult. A dix jours du premier tour, zoom sur les points chauds des élections municipales en Ille-et-Vilaine.

La bataille pour succéder à Pierre Méhaignerie fait rage à Vitré

Après quasiment un demi-siècle à la tête de la mairie de Vitré, il a décidé de passer la main. Élu pour la première fois en 1977, Pierre Méhaignerie a dirigé jeudi son 320e et denier conseil municipal, recevant pour l’occasion une standing-ovation de la part de la majorité et de l’opposition. Pendant 43 ans, l’ancien ministre de l’Agriculture sous Giscard d’Estaing et Garde des Sceaux sous Mitterrand a marqué de son empreinte le territoire de Vitré, commune de 18.000 habitants qui affiche l’un des taux de chômage les plus bas de France (4,6 %).

L’annonce de son départ a provoqué des divisions au sein de sa majorité. Deux de ses proches, son adjointe Marie-Cécile Duchesne et son ancienne assistante parlementaire Isabelle Le Callennec sont ainsi en concurrence pour prendre la place du chef. Ce dernier n’a pas pris position pour l’une ou l’autre, laissant les électeurs trancher. Dans une ville ancrée au centre-droit, les candidats de la gauche Ronan Kerdraon et Erwann Rougier tenteront de profiter de cette lutte fratricide pour être présent au second tour. Le Rassemblement national sera également représenté à Vitré avec la candidature d’Hubert Sevin.

Sept candidats à l’assaut de Saint-Malo

La succession de Claude Renoult, élu maire de Saint-Malo en 2014, fait des envieux dans la cité corsaire. Pas moins de sept listes ont ainsi été déposées en préfecture en vue du scrutin des 15 et 22 mars. Le maire du centre droit n’ayant pas désigné de dauphin, sa succession a été longue à se dessiner au sein de la municipalité sortante. C’est finalement son adjoint chargé de la jeunesse Jean Coudray qui a été désigné pour conduire la liste. Agé de 39 ans, le benjamin des candidats aux municipales n’aura pas la partie facile. Il aura face à lui le député LR Gilles Lurton qui compte sur sa notoriété pour virer en tête au premier tour.

Un temps numéro 2 de sa liste, la conseillère départementale Anne Le Gagne a rompu avec le député pour mener sa propre liste, ralliant notamment à ses côtés l’ancienne candidate LREM aux législatives Valérie Fribolle. Déjà candidat en 2014 où il avait été battu au second tour, le conseiller régional du Parti radical de gauche Stéphane Perrin tentera quant à lui de réaliser l’exploit de faire basculer Saint-Malo à gauche, ce qui n’est plus arrivé depuis 1983. Trois autres candidats sont également en lice dans la cité corsaire avec Philippe Miailhes pour le Rassemblement national, Christine Bourquard qui conduira une liste d’union de la gauche (PS, EEL, la France insoumise, Generation. s et UDB) ainsi qu’Alain Guillard, à la tête d’une liste citoyenne.

A Saint-Jacques-de-la-Lande, la succession d’Emmanuel Couet est ouverte

Il avait créé la surprise en juin en annonçant qu’il se retirait de la vie politique. Maire de Saint-Jacques-de-la-Lande depuis 2008 et président de Rennes Métropole depuis 2014, Emmanuel Couet s’apprête donc à tourner la page après 20 ans d’engagement. Pour lui succéder, trois listes sont en lice dans cette commune de la périphérie rennaise. Il y a tout d’abord l’actuelle adjointe chargée de l’urbanisme Marie Ducamin qui conduira la liste de la majorité socialiste sortante.

Elle aura face à elle Patrice Schoch. Investi par la République en marche, ce dernier vient de claquer la porte du parti présidentiel en début de semaine pour dénoncer « la brutalité de l’usage du 49.3 » et défendre le côté apolitique de sa liste. Fin 2019, il avait déjà renoncé au soutien que lui apportait le MoDem. Le troisième candidat sera le conseiller municipal Fabrice Lucas qui défendra les couleurs de Lutte ouvrière.

Assuré d’être réélu à Saint-Grégoire, Pierre Breteau vise la métropole

Contrairement aux trois autres villes évoquées ci-dessus, il n’y aura pas de suspense pour les municipales à Saint-Grégoire, au nord de Rennes. Maire MoDem de la commune depuis 2008, Pierre Breteau n’aura en effet aucun adversaire face à lui. Ce n’est pas forcément une surprise tant la gauche peine à mobiliser ses troupes dans la commune la plus riche de la métropole. Assuré d’être réélu maire, Pierre Breteau, qui a un temps laissé planer le doute sur une possible candidature à Rennes, vise désormais la présidence de Rennes Métropole, un poste que convoite également Nathalie Appéré.

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