Municipales 2020 à Villeneuve-d’Ascq: Une candidature LREM suscite de vives tensions auprès des militants

Dans la métropole lilloise, la méthode ds investitures pour les municipales passent mal auprès de certains militants. — AMEZ / ROBERT/SIPA

  • Une responsable d’un comité local de Villeneuve-d’Ascq s’insurge publiquement contre « l’auto-proclamation » de Delphine Garnier, référente d’En marche dans le Nord, comme tête de liste du parti présidentiel dans la quatrième ville de la métropole.
  • En juin, six députés du Nord avaient déjà fait part à Stanislas Guérini, délégué général de LREM, de leur désaccord vis-à-vis des méthodes employées par le comité politique du département et par sa référente, Delphine Garnier.

Après le clash de Lille, le « coup de force » de Villeneuve-d’Ascq. Dans la métropole lilloise, les municipales ne se présentent pas de façon très sereine pour La République en marche (LREM). Une responsable d’un comité local de Villeneuve-d’Ascq s’insurge publiquement contre l’« autoproclamation » de Delphine Garnier, référente d’En marche dans le Nord, comme tête de liste du parti présidentiel dans la quatrième ville de la métropole.

En juillet, la députée (LREM) Valérie Petit avait déjà jeté un pavé dans la mare de son parti en refusant de soutenir la candidate désignée à Lille, Violette Spillebout, invoquant « l’objection de conscience ». Candidate, Valérie Petit n’avait pas obtenu l’investiture. « Le choix fait par la commission nationale d’investiture me pose des problèmes d’éthique », avait-elle déclaré à l’AFP.

« On reproduit les méthodes d’un autre temps »

A Villeneuve-d’Ascq, avant même que la tête de liste soit officialisée, la révolte gronde chez les marcheurs de base. « Nous avons été mis devant le fait accompli avec cette candidature, assure Violette Salanon, animatrice d’un comité villeneuvois. On reproduit les méthodes d’un autre temps. C’est un parachutage qui bafoue l’ADN d’En Marche. »

D’autant que, selon nos informations, un marcheur villeneuvois a vu sa candidature bloquée par le comité politique d’En Marche qui a perdu la confiance de six députés, dont Valérie Petit.

« Gestes agressifs et sexistes »

En juin, ils avaient déjà fait part à Stanislas Guérini, délégué général de LREM, de leur désaccord vis-à-vis des méthodes employées par le comité politique du Nord et sa référente, Delphine Garnier. Contactée par 20 Minutes, cette dernière n’a pas donné suite.

Dans un courrier, ils accusent ce comité politique de « rétention d’information, intimidation des militants, manque de respect… ». « Certains d’entre nous et des marcheurs […] ont été ciblés par des propos et des gestes agressifs et sexistes », poursuivent les députés contestataires.

« Vous imposez vos choix »

Même le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, selon le Canard enchaîné, a exprimé sa façon de penser à Stanislas Guerini, lors d’un dîner de la majorité à l’Elysée, la semaine dernière. « Je suis le seul ministre du Nord et vous ne me consultez pas pour les municipales dans mon département. Vous imposez vos choix et vous ne me demandez pas mon avis. […] Vous ne demandez même pas l’avis des gens qui sont sur le terrain », aurait-il lancé devant Emmanuel Macron.

Dans les rangs des militants, le malaise semble s’accentuer de jour en jour. Un comité de « marcheurs libres » doit voir le jour dans le Nord. « Nous ne sommes pas des frondeurs, ni des dissidents, assure Violette Salanon. Nous sommes peut-être naïfs, mais nous voulons lutter contre la petite tambouille politique qui peut pourrir le mouvement. »

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