Municipales 2020 à Toulouse : La politique reprend ses droits… et la gauche ses négociations

Dans un bureau de vote de Toulouse, le 15 mars 2020, lors du 1er tour des élections municipales. — F. Scheiber – Sipa

  • Le deuxième tour des élections municipales doit avoir lieu le 28 juin.
  • A Toulouse, la politique a repris ses droits dès le début de semaine avec un échange entre le challenger écologiste Antoine Maurice (27,56 %) et la socialiste Nadia Pellefique (18,53 %).
  • Cette dernière propose à la liste citoyenne Archipel un « ticket » : Antoine Maurice à la mairie et elle à la présidence de la Métropole.
  • Le sortant LR, Jean-Luc Moudenc (36,18 %) a peaufiné pendant la crise son image de maire protecteur et veut peser de tout son poids pour faire assouplir la procédure des procurations.

Le 17 mars, il y a un siècle, la France entrait dans le confinement oubliant que deux jours plus tôt à peine s’étaient tenues les élections municipales. Toulouse n’a pas fait exception. Les négociations à gauche en vue de deuxième tour se sont immédiatement interrompues, le maire sortant s’est mis en mode « gestion de crise » et l’intérêt pour la campagne, déjà plombée par le coronavirus, s’est évanoui.

Mais maintenant que le deuxième tour se profile pour le 28 juin, on rembobine les résultats, histoire de se rafraîchir la mémoire. Au soir du 15 mars, Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu par LREM) est sorti en tête avec 36,18 % des suffrages. Un score plutôt moyen pour l’archi-favori des sondages qui a souffert comme il le craignait à la fois de ce statut et de l’abstention « sanitaire ».

Derrière lui, l’écologiste Antoine Maurice (27,56 %), à la tête de la liste citoyenne Archipel, est arrivé en tête de la gauche éparpillée devant la socialiste Nadia Pellefigue (UNE, PCF, PRG), à 18,53 %, et l’ex-maire Pierre Cohen (5,66 %). Surtout, c’est historique à Toulouse, le total des voix de gauche est majoritaire, laissant entrevoir une issue beaucoup plus incertaine que prévu.

Le maire veut assouplir les procurations

Alors que s’est-il passé pendant le confinement ? Comme tous les maires sortants, celui de Toulouse a, comme disent ses adversaires, « pris la lumière ». Il est parti en quête de masques pour les habitants, a rouvert progressivement les écoles et milité pour des dérogations pour les marchés de la Ville rose. Avec l’avantage de pouvoir s’afficher en maire protecteur, et le désavantage d’être ainsi particulièrement exposé dans une période difficile.

Jean-Luc Moudenc (LR), le maire sortant de Toulouse, le 15 mars 2020.

Concernant le deuxième tour des municipales, Jean-Luc Moudenc s’est rallié, mais du bout des lèvres, à l’avis de France Urbaine, l’association des métropoles et grandes villes qu’il préside, pour un épilogue en juin. Mais il met tout son poids politique pour faire assouplir la procédure des procurations, en proposant notamment qu’elles puissent se faire en ligne plutôt que dans les commissariats. Son équipe indique qu’il prépare en coulisse « une inflexion sociale » de son programme.

Ce vendredi, après l’annonce d’Edouard Philippe, Jean-Luc Moudenc affirme que l’épidémie n’a « pas été accélérée par le scrutin » lors du 1er tour. « Fin juin, la sécurité sanitaire du vote sera renforcée bien davantage encore », assure-t-il, « et c’est dans cet esprit et avec la volonté de protéger toujours mieux les Toulousains que nous organiserons ce scrutin ».

Ça bouge à gauche

A gauche, Pierre Cohen s’est rallié à Antoine Maurice sans barguigner dès le lendemain du premier tour. Lui ne veut pas rempiler au conseil municipal. Il a donc négocié et obtenu quatre places éligibles pour ses colistiers en cas de victoire d’Antoine Maurice et une en cas de défaite.

Antoine Maurice, le candidat écologiste d'Archipel citoyen le 15 mars 2020.

Reste pour l’écologiste à trouver un terrain d’entente avec Nadia Pellefigue. Le premier contact, « oral », postconfinement a eu lieu mardi avant qu’on soit sûr que « ce drôle de deuxième tour » arriverait si vite. « Je suis persuadée qu’il y a d’autres choix possibles que de reconduire la majorité conservatrice du maire sortant », explique la vice-présidente socialiste de la région Occitanie. Elle veut aussi créer une « dynamique de campagne » et pas opérer une « simple fusion technique ». Nadia Pellefigue a donc proposé à Antoine Maurice un ticket : lui à la mairie, elle à la présidence de la Métropole. Elle estime avoir « le profil » pour gérer une intercommunalité plutôt « rose » et rappelle que son futur allié a toujours été contre la double casquette. Antoine Maurice reste diplomate mais ne paraît pas emballé. « Cette proposition est exagérée si l’on regarde nos scores du premier tour, glisse-t-il. Mais je suis un optimiste, nos discussions sur le terrain du programme étaient déjà bien avancées avant le confinement et je suis sûr qu’on va y arriver ».

Avant de reprendre sa campagne, le principal challenger se demande surtout comment dans ce contexte si particulier « le strict respect des règles d’égalité » entre les candidats va bien pouvoir être respecté.

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