Municipales 2020 à Strasbourg : La ville et l’Eurométropole se bagarrent pour le contrôle du tourisme

Strasbourg le 27 aout 2015. Illustration tourisme et activités dans la ville. Les transats place du chateau. —

  • A Strasbourg, la manne touristique aiguise les appétits financiers et politiques. Le rapport au vitriol piloté par l’ancien député Yves Bur recommande de transférer à la seule Eurométropole la gestion de la politique touristique.
  • Dans la ligne de mire de l’élu, l’office du tourisme de Strasbourg (OSTR) et sa gouvernance.
  • « On se porte très bien, Yves Bur dérape complètement », déclare le président de l’OSTR Jean-Jacques Gsell, évoquant « réfléchir à une plainte au pénal pour diffamation » contre le maire de Lingolsheim.

A Strasbourg, la manne touristique aiguise les appétits financiers et politiques. Chaque année, ce sont 4 millions de touristes en moyenne qui admirent les splendeurs de la capitale alsacienne et dorment dans l’un des 47.000 lits hôteliers de l’agglomération, générant 500 millions d’euros de chiffre d’affaires et 15 millions d’euros de recettes fiscales pour l’agglomération.

La politique du tourisme revient-elle à la ville ou à l’Eurométropole ? A l’approches des municipales, la question rebondit avec la publication d’un rapport au vitriol piloté par l’ancien député et maire de Lingolsheim (Divers droite) Yves Bur.

« L’Office est dans un splendide isolement »

Le rapport est doublé d’un audit interne à la collectivité dévoilé juste avant le vote des subventions annuelles à l’office de tourisme de Strasbourg (OSTR) et à son événement phare « Strasbourg Mon Amour ». Selon le rapport de la mission Bur, seule l’Eurométropole devrait financer le tourisme, sans la municipalité. Dans la ligne de mire de l’élu, l’office du tourisme de Strasbourg (OSTR) et sa gouvernance.

« L’OSTR brille par son isolement », « le temps des remerciements, dans tous les sens du terme, du président et du directeur est venu », « nous avons l’impression que l’Office est dans un splendide isolement ». L’audit évoque des « insincérités budgétaires » et des situations s’apparentant à une « prise illégale d’intérêts ». Sauf qu’aucune plainte n’a été déposée à ce stade.

Que pensent les mis en cause ? Le président de l’office de tourisme, Jean-Jacques Gsell, également élu municipal, défend son bilan : « On se porte très bien, Yves Bur dérape complètement », déclare-t-il, évoquant « réfléchir à une plainte au pénal pour diffamation » contre le maire de Lingolsheim. La mission Bur plaide pour que les agents de l’Eurométropole reprennent les missions de l’OSTR. Ses effectifs sont passés d’un à deux agents début 2020 contre 31 salariés pour l’office du tourisme à ce jour.

Cette bagarre pour le contrôle de la politique touristique pourrait-elle avoir une incidence sur les visiteurs ? « Les touristes s’en fichent totalement de qui fait quoi, ils veulent juste visiter Strasbourg et l’Alsace », répond Jean-Jacques Gsell. L’office du tourisme ne devrait-il faire évoluer sa gouvernance ? « Le conseil d’administration est composé à 80 % de professionnels reconnus, c’est un gage de compétence », poursuit-il.

Quel futur pour ce rapport ? De l’aveu même de leurs auteurs, celui-ci est suspendu au bon vouloir de la nouvelle majorité issue des élections. Autrement dit, il pourrait bien finir dans un carton. Les festivités de « Strasbourg mon amour », elles, sont d’ores et déjà prévues pour ce vendredi 7 février.

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