Municipales 2020 à Strasbourg : Jeanne Barseghian (EELV), veut incarner la « vague » écolo de la capitale alsacienne

Jeanne Barseghian est la candidate de la liste « écolo & citoyenne » pour les municipales à Strasbourg. — N.W./20Minutes

  • A 38 ans, Jeanne Barseghian est la candidate « écolo et citoyenne » pour le fauteuil de maire aux municipales de Strasbourg.
  • Si elle salue des avancées environnementales non négligeables, l’élue fustige aussi des « incohérences flagrantes  » de la majorité municipale sortante.
  • La candidate voit son élection et le décollage des thèmes écolo dans la campagne comme « une vague de fond » face à l’urgence « climatique, sociale et démocratique ».

Jeanne Barseghian en est certaine, « Strasbourg peut avoir un maire écolo ». Animée par cette conviction et confortée par les bons résultats des Verts aux européennes, cette éco-conseillère âgée de 38 ans, incarne depuis le 5 octobre la candidature « écolo et citoyenne » de la capitale alsacienne pour les municipales.

Après une mandature, la conseillère de l’Eurométropole – déléguée à l’économie sociale et solidaire, ainsi qu’à la réduction des déchets depuis 2014, possède désormais l’expérience d’un mandat dans l’opérationnel des affaires de la collectivité. Sans être directement aux affaires puisqu’elle n’avait pas de mandat d’adjointe.

« Elle doit faire ses preuves en termes de leadership »

Une position bien pratique pour critiquer le bilan de la majorité sortante. Si elle salue des avancées environnementales non négligeables telles que le plan ville respirable ou la mise en place d’indicateurs de santé dans les politiques publiques, l’élue fustige aussi des « incohérences flagrantes » : urbanisation à outrance, extensions et plans de soutiens « à coup de millions » à des zones commerciales Nord et de la Vigie, poursuite du GCO, de l’incinérateur des déchets ménagers…

Que pensent ses collègues élus de sa candidature ? « On n’a rien à dire sur elle car on ne la connaît pas », persifle en off un élu de l’opposition. « C’est quelqu’un dont les compétences sont reconnues mais qui doit faire ses preuves en termes de leadership », nuance l’un de ses adversaires sous le sceau de l’anonymat.

Un déficit d’image dont Jeanne Barseghian veut faire une force. La candidate voit son élection et le décollage des thèmes écolo dans la campagne comme « une vague de fond » face à l’urgence « climatique, sociale et démocratique ». Les trois thèmes forts du programme de sa liste, construits avec les différentes sensibilités qui ont rejoint le mouvement. Avec des membres du Labo Citoyen, dont le vice-président de l’Eurométropole en charge du logement Syamak Agha Babaei, ou encore du collectif Place Publique et son responsable l’adjoint à la Santé Alexandre Feltz.

« Il faut exercer le pouvoir autrement »

Au passage, elle en profite pour égratigner ses collègues et désormais adversaires. « On ne peut plus se contenter de quatre élus masculins qui prennent les décisions entre eux au dernier étage du centre administratif. Il faut exercer le pouvoir autrement ». Dans son viseur : le premier adjoint Alain Fontanel, passé chez LREM mais aussi le président de l’Eurométropole Robert Herrmann, les socialistes Mathieu Cahn et Philippes Bies.

Au contraire, pour Mathieu Cahn, lui aussi candidat PS aux municipales, c’est la vision de l’élue écolo qui « n’est plus à jour ». Selon lui, le « format » qu’elle décrit n’existe plus depuis que la majorité municipale a éclaté en 2017 avec l’arrivée d’élus LREM. « Aujourd’hui, il n’y a plus de discussions collectives », fait observer le candidat socialiste.

« Jeanne vient nous éclairer de son sourire »

L’élue, qui est aujourd’hui la seule femme candidate à Strasbourg, a-t-elle déjà subi du sexisme en politique ? « Quand j’ai débuté mon mandat, j’ai senti que je devais davantage faire mes preuves que mes collègues hommes », note Jeanne Barseghian. « Une fois, je suis arrivée à une réunion pour négocier un budget et un collègue masculin m’a lancé : « Jeanne vient nous éclairer de son sourire ». Il a vite perdu le sien quand j’ai commencé à négocier le budget », se rappelle-t-elle. Si elle remarque que certains hommes sont devenus « plus prudents dans leurs paroles », elle observe toujours des « comportements déplacés » d’élus envers des agents féminins de la ville, ce qui l’indigne profondément.

« Les mesures qui sont prises en conseil municipal sont très peu voire pas du tout discutées avec les citoyens en amont », poursuit Jeanne Barseghian, qui veut aller plus loin dans les budgets participatifs ou les pétitions citoyennes, malgré le succès très relatif de ces expérimentations. « Il ne suffit pas de décréter la participation citoyenne, encore faut-il y mettre les moyens », déclare la candidate, qui défend le concept. « En conseil municipal, quand vous avez des assistantes maternelles qui témoignent de leurs difficultés, ça change la teneur du débat ». Il lui reste six mois pour convaincre les Strasbourgeois.

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