Municipales 2020 à Strasbourg : Alain Fontanel, candidat LREM, peut-il devenir le Macron alsacien ?

Alain Fontanel au nouveau Maillon pour l’inauguration du nouveau bâtiment avec le président Emmanuel Macron et le maire de Strasbourg Roland Ries le 1er octobre 2019. — Patrick SEEGER / POOL / AFP

  • Alain Fontenel, 50 ans, souvent désigné comme « dauphin naturel » du maire en place Roland Ries, est le probable candidat LREM pour les municipales de Strasbourg.
  • Fan de foot et du RC Strasbourg, très présent sur les réseaux sociaux à l’image d’Emmanuel Macron, ce transfuge du PS veut « rassembler autour de nouvelles idées et dépasser les anciens clivages ».
  • A ceux qui lui reprochent une certaine froideur et un manque de charisme, Alain Fontanel répond qu’il fait preuve de « pudeur » et se veut malgré tout accessible.

Le 1er octobre 2019, Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg, se tient au Maillon, aux côtés du président de la République Emmanuel Macron. Ce jour-là, le nouveau bâtiment du théâtre emblématique de la capitale alsacienne est opportunément inauguré par le chef de l’Etat.

Une photo avec le président, une belle vitrine pour ce transfuge du PS, à quelques mois des élections municipales et un avantage pour un futur candidat. Alain Fontanel, pourtant désigné comme le « dauphin naturel » du maire en place Roland Ries, n’a toujours pas déclaré officiellement sa candidature. « Pourquoi se hâter ? », répond l’intéressé. « J’aime faire les choses dans l’ordre, sans précipitation », affirme à 20 Minutes l’élu, à la tête de l’administration de la ville depuis 2008.

« Mon objectif est de rassembler autour de nouvelles idées »

Mais encore ? « Je veux rassembler au-delà des clivages et des partis traditionnels, poursuit le premier adjoint. Mon objectif est de rassembler autour de nouvelles idées et de pistes pour demain. » Le discours d’Alain Fontanel, jeune quinquagénaire, colle parfaitement à celui des élus passés en Macronie. Le Strasbourgeois s’inspire d’ailleurs volontiers de la communication du président de la République, en soignant son image sur les réseaux sociaux, notamment. « Rejoindre Emmanuel Macron a été un choix de liberté », affirme-t-il, quand on l’interroge sur son changement de camp.

Sa femme, Marie Fontanel, a rejoint Emmanuel Macron comme conseillère solidarités et santé à l’Elysée, après l’avoir côtoyé sur les bancs de l’ENA. Elle et le président sont issus de la promotion Léopold-Sedar-Senghor (2004). Le couple Fontanel a trois enfants âgés de 4, 8 et 10 ans. N’est-ce pas trop difficile pour la vie de famille de jongler entre Paris et Strasbourg ? « La plus grande commence à être autonome mais c’est quand même du travail », confie l’élu qui se réserve tous les mercredis pour s’en occuper.

Son pire souvenir durant son mandat ? « L’attentat du 11 décembre, répond-il après un long silence. J’avais en charge le marché de Noël et j’étais sur place au moment du drame ». La vision des corps sans vie dans les rues de Strasbourg reste gravée dans sa mémoire. « J’ai été aspiré par ce qui s’est passé », souffle-t-il. 

On lui connaît aussi une véritable passion pour le Racing, dont il porte souvent l’écharpe. L’élu s’est personnellement impliqué pour convaincre l’ancien footballeur Marc Keller de prendre la tête du club et le ramener en Ligue 1. Il affiche aussi les couleurs du club sur les réseaux sociaux, et notamment sur Instagram, qu’il adore. Voilà pour le côté pile.

« Je ne sais toujours pas ce qu’il pense et qui il est réellement »

Et pour le côté face ? L’un de ses opposants conseille de regarder le nouveau programme de la Choucrouterie. Le premier adjoint y est caricaturé en Martien du film Mars Attacks de Tim Burton, par le fameux cabaret alsacien : dur et impitoyable, protégé par son casque en verre. « Froid », « calculateur », « lisse »… Des mots qui reviennent souvent en off d’élus de tous bords sollicités par 20 Minutes qui dressent le portrait d’un homme « persuadé que les compétences techniques priment sur l’aspect humain de la fonction ».

« Il est très intelligent, c’est indéniable. Mais cela fait 10 ans que je le connais et je ne sais toujours pas ce qu’il pense et qui il est réellement après toutes ces années », observe Mathieu Cahn, probable tête de liste PS pour les municipales. « Je vois un homme sincère dans ses convictions et attaché à la justice sociale, explique sa collègue et désormais amie Nawel Rafik-Elmrini. C’est quelqu’un qui rassure et donne envie de bouger les lignes », insiste l’élue strasbourgeoise.

« Il manque de charisme, juge Philippe Breton, directeur éditorial de l’Observatoire de la vie politique en Alsace (Ovipal). En démocratie, une bonne connaissance des dossiers ne suffit pas. Le futur maire doit avoir une présence oratoire et dégager une chaleur humaine pour incarner spirituellement Strasbourg. Pour le moment, Alain Fontanel ne coche aucune de ces cases. »

« Mes adversaires me collent souvent cette étiquette », rétorque l’élu, persuadé que son parcours d’énarque lui vaut cette réputation. Lui parle plutôt de « pudeur » et de « retenue », affirme que « tout le monde » peut avoir son numéro de téléphone et qu’il est « accessible ». Il lui reste six mois pour convaincre les Strasbourgeois.

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