Municipales 2020 à Paris : Faut-il supporter le PSG pour être élu à la mairie ?

Cédric Villani au Parc des Princes mercredi 18 septembre 2019 — SIPA PRESS

  • Anne Hidalgo, Cédric Villani, Rachida Dati et Benjamin Griveaux étaient au Parc des Princes mercredi soir pour PSG-Real. A six mois des élections municipales, leur présence n’a rien d’un hasard.
  • La mairie de Paris et le PSG sont depuis plusieurs mandats intimement liés.

« Ici c’est Paris ». Et certains ont envie de le faire davantage savoir par les temps qui courent. Mercredi soir, lors du match de Ligue des Champions, PSG- Real Madrid (3-0), la tribune d’honneur du Parc des Princes grouillait de people, aficionados… et de candidats à la mairie de Paris. Non loin de la titulaire du poste à l’Hôtel de ville Anne Hidalgo, Rachida Dati, Benjamin Griveaux et son frère ennemi Cédric Villani ont été aperçus, entre deux tacles, dans la célèbre « corbeille » appelée désormais le « Carré du Parc ». Une sortie foot – peu habituelle pour certains – qui ne doit rien au hasard, à six mois des élections municipales.

Benjamin Griveaux au Parc des Princes mercredi 18 septembre 2019 Benjamin Griveaux au Parc des Princes mercredi 18 septembre 2019 – SIPA PRESS

Après la victoire du PSG, Cédric Villani, le candidat dissident de LREM s’est fendu d’un tweet élogieux envers le club provoquant le sarcasme de certains internautes.

Le lendemain, jeudi, lors d’une conférence de presse, il s’est même lancé dans un exercice d’analyse sportive. « Juste avant le match, une Youtubeuse m’a demandé mon pronostic, j’ai dit : le Real Madrid est fortiche, trois de nos attaquants vedettes sont absents, […] j’ai parié pour 1-0. Comme nous l’avons vu j’étais en dessous et ça a été un triomphal 3-0 avec le duo de Di Maria et Meunier », affirme-t-il. Et de préciser : « Di Maria avait déjà été un héros au précédant match que j’avais été voir contre Marseille donc ça m’a fait plaisir de le revoir sympathique, souriant. Il y avait une belle ambiance, j’étais heureux », dit-il. A quelques rangs, son rival, Benjamin Griveaux, a aussi profité du spectacle.

« Le PSG est un sujet important pour les Parisiens »

« Ce n’est pas un supporter de la première heure, ni le premier fan de football qui soit mais il soutient le PSG. Il regarde, il s’intéresse. Ce n’est pas une stratégie de communication mais c’est important de s’y intéresser pour la mairie de Paris car le PSG est un sujet important pour les Parisiens. A chaque match du club, il y a une vraie ferveur, une effervescence dans la capitale donc c’est important que Benjamin se plonge dedans », indique-t-on à 20 Minutes dans son équipe de campagne. Le candidat Gaspard Gantzer, a également suivi le match mais depuis son domicile et en famille.

« Je suis supporter depuis toujours. Depuis Safet Susic », précise-t-il à 20 Minutes. Le PSG est en effet devenu un thème de campagne à Paris et avoir un avis dessus et être attaché au club (et non à l’Olympique de Marseille comme Emmanuel Macron) semble nécessaire pour les candidats.

Rachida Dati au Parc des Princes mercredi 18 septembre 2019 Rachida Dati au Parc des Princes mercredi 18 septembre 2019 – SIPA PRESS

Un classico de campagne

En 2013-2014, Le PSG était au cœur des débats municipaux. Se déclarant « habituées du Parc des Princes », Anne Hidalgo (PS) et Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) avait échangé dans le JDD sur l’image du club, des joueurs, l’avenir du Parc et leur dévouement pour le PSG. « L’an passé, on avait déjà commencé par deux matchs nuls et on a fini avec le titre. La dynamique est bonne, Laurent Blanc dispose d’une grande équipe », analysait notamment la candidate malheureuse. « La mairie doit conserver son droit de regard sur le Parc. Et pas seulement s’y faire offrir des places pour les élus », notait-elle également. S’agissant de sa vente du [Parc] éventuelle, je n’ai pas de tabou. C’est une hypothèse parmi d’autres, mais elle n’est pas d’actualité », disait de son côté la candidate socialiste.

Nasser Al-Khelaïfi, le répsident du PSG, entouré par Anne Hidalgo, candidate (PS) à la mairie de Paris, et Nicolas Sarkozy, le 19 janvier 2014 au Parc des Princes. Nasser Al-Khelaïfi, le répsident du PSG, entouré par Anne Hidalgo, candidate (PS) à la mairie de Paris, et Nicolas Sarkozy, le 19 janvier 2014 au Parc des Princes. – THOMAS SAMSON / AFP

Elue maire de Paris, Anne Hidalgo est devenue une grande habituée du Parc et possède un maillot floqué à son nom, encadré à l’Hôtel de Ville. « Anne Hidalgo est chez elle au Parc, c’est sa maison », indique-t-on au PSG auprès de L’Équipe qui précise qu’elle a aussi tissé des liens forts avec la direction et la présidence du club. Son prédécesseur, Bertrand Delanoë – plus branché rugby – se rendait lui aussi régulièrement au Parc. « Je soutiens l’équipe de Paris même si je baisse considérablement ses subventions », annonçait-il en 2011. Plus loin dans l’histoire de la mairie de Paris, Jean Tibéri se disait lui grand fan de foot et du PSG.

 Bertrand Delanoë et Nasser Al-Khelaifi en 2013 Bertrand Delanoë et Nasser Al-Khelaifi en 2013 – LIONEL BONAVENTURE / AFP

« J’ai supporté un temps ce qui était le Stade Français, face au concurrent voisin de l’époque, le Racing Club de France, et aujourd’hui encore, je ne rate aucun match du PSG. Si je le peux, j’assiste à chacune de leurs rencontres importantes à domicile. », expliquait-t-il au Parisien en 2003. Mais les grands élans de passion soudaine pour le PSG, à quelques mois de l’échéance municipale, agacent les élus communistes.

« Ceux qui se pavanent depuis peu au Parc n’en ont à faire »

« C’est quoi cet amour nouveau pour le PSG ? Moi, je n’ai pas attendu les élections pour aller dans les tribunes des stades », s’exclame Nicolas Bonnet Oulaldj, qui mène le projet de campagne de Ian Brossat, candidat à la mairie de Paris pour le PCF. Fervent défenseur du stade Jean-Bouin et solidaire d’autres clubs du Grand Paris, notamment du Red Star, l’élu communiste souhaite œuvrer en faveur de « trois clubs pour Paris ».

« Je pense que Paris mérite un deuxième grand club à l’instar du Paris FC, et d’un troisième, le Red Star, à l’échelle de la métropole, mais pour cela il faut se doter de vraies politiques pour développer le football à Paris. Au lieu de ça, ceux qui se pavanent depuis peu au Parc n’en ont à faire, sont à l’origine de politique de naming et sont à côté de la plaque. Alors qu’il y a des besoins de soutien financiers pour les associations sportives et les centres de formation », réagit celui qui a écrit le livre Libérer le Sport. « Enfin, je n’ai pas entendu Griveaux ou Villani s’exprimer sur les affaires de racisme et d’ homophobie dans les stades ».

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