Municipales 2020 à Paris: Comment s’organise l’extrême droite?

Le nouveau logo du Rassemblement national, ex-Front national — J.-P. Ksiazek – AFP

  • Robert Ménard est venu défendre « l’union des droites » aux côtés de Serge Federbusch, candidat aux élections municipales parisiennes soutenu par le Rassemblement national.
  • Federbusch espère «créer la surprise et peut-être quelque chose de formidable ».
  • Côté programme, Serge Federbusch veut axer sur la « sécurité et la propreté » et aussi « débureaucratiser Paris ».

« Si on veut peser sur le Paris de demain, il faut une force à droite que tu incarnes. Tu peux jouer l’union des droites. C’est la clé du succès », lance Robert Ménard à Serge Federbusch. Ce jeudi, dans un café parisien du centre de la capitale, devant une cinquantaine de personnes, le maire de Béziers est venu défendre « l’union des droites » aux côtés du candidat aux élections municipales parisiennes soutenu par le Rassemblement national.

Pour la première fois de son histoire, le mouvement de Marine Le Pen ne présente en effet pas de liste, ni candidats, dans la capitale. Mais compte donc sur Serge Federbusch pour faire le job.

« On est là pour leur mettre le nez dans leur caca »

« On peut créer la surprise et peut-être quelque chose de formidable », assure-t-il, taclant coup sur coup Anne Hidalgo et son « réseau clientéliste » et Benjamin Griveaux « le porte-serviettes d’Emmanuel Macron. « Avec « Aimer Paris », on est là pour leur mettre le nez dans leur caca », dit-il. Président de l’association « Aimer Paris », énarque libéral, ancien conseiller à l’urbanisme du socialiste Bertrand Delanoë puis conseiller apparenté UMP dans le Xe arrondissement, l’homme s’était présenté en 2014 sur la liste de l’entrepreneur libéral Charles Beigbeder.

En 2014, la tête de liste du FN (devenu RN) à Paris Wallerand de Saint-Just, trésorier du parti, avait obtenu 6,26 % des voix au premier tour. « Le RN a compris qu’il ne gagnerait jamais Paris. Tu ne vas pas faire 50 % mais il y a la possibilité de jouer quelque chose. Et la sécurité c’est le premier impératif », insiste Robert Ménard, élu en 2014 avec le soutien du RN et à nouveau candidat pour 2020. Le RN pourrait cependant conduire des listes dans « certains arrondissements », a précisé à l’AFP le conseiller régional RN d’Ile-de-France, Aurélien Legrand, également présent, lors de cette réunion.

« Sécurité », « propreté »

Côté programme, Serge Federbusch veut axer sur la « sécurité et la propreté » et aussi « débureaucratiser Paris ». Pour parvenir à ses fins, Robert Ménard conseille à Serge Federbusch de ne pas organiser de meeting – « ça sert à rien » – mais de « tracter toutes les boîtes aux lettres » et « faire du porte à porte ». « On peut voter ni Hidalgo, ni Griveaux et être présent au deuxième tour et [dépasser] les 10 % », a assuré Serge Federbusch en tendant la main à « tout ce qui est à droite de LR », comme le Parti chrétien-démocrate ou Debout la France.

« On a fait taire les divergences entre les différentes formations de droite en l’imposant aux dirigeants de droite », précise Robert Ménard. « Globalement, que tu votes RN ou UMP sur 80 % des choses tu es d’accord. Le problème c’est les états-majors. Donc c’est à eux qu’il faut imposer l’union », ajoute-t-il. Selon Wallerand de Saint-Just, interrogé par Le Monde, « Les Républicains sont en lambeaux à Paris. Avec Federbusch, on pourrait construire des ententes avec certains d’entre eux avant le premier tour pour se retrouver entre les deux tours ». « Les Républicains sont en voie d’atomisation, commente Serge Federbusch, et dans ce paysage détruit, je crois que la sincérité et les solutions finiront par être entendues ».

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