Municipales 2020 à Nice : « Je veux dédoubler la ligne 1 du tram sur l’axe nord sud », annonce Christian Estrosi

Le maire sortant (LR) de Nice, Christian Estrosi, le 23 juin 2020, dans son bureau — Syspeo / Sipa pour 20 Minutes

  • Après le premier tour des élections municipales le 15 mars, il reste trois candidats à la mairie de Nice : le maire sortant (LR), Philippe Vardon (RN) et Jean-Marc Governatori pour la liste Nice écologique.
  • Arrivé en pole position avec 47,62 % des suffrages exprimés, Christian Estrosi fait figure d’ultra-favori.
  • Il explique à 20 Minutes pourquoi il dit avoir renoncé à faire campagne et ce que la crise sanitaire a fait évoluer dans son programme.

Il a été sur tous les fronts au plus fort de la crise du Covid-19. Lui-même touché par la maladie, le maire LR de Nice, arrivé loin devant au premier tour des élections municipales, a multiplié les initiatives et les prises de parole dans les médias. Trop, selon ses concurrents, qui lui reprochent aujourd’hui de refuser le débat avant le second tour.

Pour 20 Minutes, en exclusivité,  Christian Estrosi a accepté de faire le point sur cette campagne particulière. Et aussi d’expliquer pourquoi il dit avoir renoncé à la mener avant le nouveau scrutin de dimanche.

Vous avez renoncé à participer au débat télévisé du second tour avec vos deux concurrents. Pourquoi ?

La campagne a eu lieu au premier tour. Chacun a pu exposer son projet. J’ai exposé le mien. Nous avons déjà débattu. Aujourd’hui, nous nous trouvons dans un deuxième tour au contexte très particulier. Et les Niçois ne comprendraient pas, alors que nous sommes toujours dans une crise sanitaire et que l’on voit le taux de chômage partir à la hausse de manière considérable, que je ne me consacre pas jusqu’à la dernière seconde à l’essentiel de ce qu’ils attendent de leur maire. Que me dirait-on si je n’avais pas mis toute mon énergie pour la protection des Niçois, pour sauver des entreprises, pour lancer une campagne qui doit permettre de compenser une grande partie des pertes de l’hôtellerie, de la restauration et des milliers d’emplois que ça représente ? Imaginez que je sois en train de militer, de faire le tour des popotes en disant : « Je compte sur vous dimanche »…

Vos concurrents vous reprochent votre « hypermédiatisation » pendant la crise sanitaire, vous accusant, au contraire, de mener campagne par ce biais…

La loi d’urgence du 24 mars 2020 « pour faire face à l’épidémie du Covid-19 » a transféré au maire en place la responsabilité de prendre les mesures nécessaires pour compléter celles de l’Etat. J’ai agi et les médias ont voulu savoir dans quelles conditions je répondais à cette loi. Je n’ai fait que répondre. Comme pour cet entretien, ce n’est pas moi qui vous ai demandé de venir vers moi. Et puis, avec le confinement, de quelle autre manière que par les médias aurais-je pu expliquer que je protégeais les Niçois avec des masques qu’ils devaient venir récupérer sur des drives, que nous avions pris des mesures de couvre-feu ?

Quelle est la situation sanitaire aujourd’hui ?

Au final, le confinement a été plus efficace chez nous et c’est aussi sans doute passé par cette communication institutionnelle. Au CHU de Nice, il n’y a plus de cas qui rentre en urgence, ni en lit de réanimation. Et dans l’enquête épidémiologique que nous avons lancée à grande échelle, sur près de 50.000 personnes qui ont déjà été volontaires pour se faire tester depuis quinze jours, 1 % seulement a été confronté au virus.

Christian Estrosi a reçu «20 Minutes» pour un long entretien Christian Estrosi a reçu «20 Minutes» pour un long entretien – Syspeo / Sipa pour 20 Minutes

Cette crise vous fait-elle revoir certaines priorités dans votre programme ?

Je proposais déjà mon projet d’Agence de sécurités sanitaire et environnementale et de gestion des risques. Ce sera une entité qui tiendra aussi en compte la menace terroriste, les intempéries, les étés de plus en plus caniculaires, mais aussi l’alerte sismique. Avant le Covid, je voulais étaler ce projet sur deux ou trois ans. On va finalement le mettre en place tout de suite. Sa création a déjà été actée par le conseil municipal. Sur le reste, le programme est inchangé. Je veux créer le double de surfaces végétalisées de ce que nous avons déjà fait, soit 70 ha de plus. Nos 154 cours de récréation vont pouvoir être ainsi perméabilisées grâce à des aides européennes. C’est 20 hectares. Le doublement de la coulée verte [avec la démolition du palais Acropolis], c’est encore une vingtaine de plus. Et puis nous allons pouvoir aller au bout de ce raisonnement avec les puits de fraîcheur que nous allons continuer à installer à Nice Meridia. Il y aura sur ces espaces un Plan agricole territorial, qui nous est inspiré par ce qui s’est passé pendant le confinement, et qui nous permettra d’avoir une quasi-autosuffisance en circuit court pour les primeurs.

« Il se trouve que j’ai des environnementalistes beaucoup plus reconnus [que Jean-Marc Governatori] sur ma liste. »

C’est une idée que vous partagez avec la liste Nice écologique de Jean-Marc Governatori. C’est une politique que vous lui déléguerez, comme il l’a proposé ?

Il se trouve que j’ai des environnementalistes beaucoup plus reconnus sur ma liste. L’environnement sera une délégation transversale qui irriguera tous les projets, d’aménagement notamment.

Les pistes cyclables que vous avez lancées pour le déconfinement ont souvent suscité de vives réactions des riverains. Que prévoyez-vous en la matière ?

Il faut avoir une vision globale de la mobilité. On ne pourra pas faire déplacer tout le monde à vélo. Il faut développer son utilisation grâce à un réseau de pistes cyclables. Il a pu être déjà considérablement étendu parce que nous avons livré un tramway entre l’est et ouest qui a permis de libérer la circulation des bus en surface. Les expérimentations lancées à la sortie du confinement étaient des expérimentations et elles vont se poursuivre en concertation. Mais ma priorité en termes de déplacement c’est d’abord l’automobile, et notamment avec la voie Mathis où j’ai engagé un chantier qui va permettre de fluidifier le trafic pour les 35.000 véhicules qui l’empruntent quotidiennement avec une connexion directe à l’autoroute. C’est aussi en fluidifiant le trafic routier qu’on pourra installer de nouvelles pistes cyclables.

« Le prolongement de la ligne 1 dans la vallée du Paillon se fera peut-être finalement en tram jusqu’au bout. »

Et sur le plan des transports en commun ?

Il faut dédoubler la ligne 1 entre le nord et le sud. Ce n’est pas dans mon programme mais avec l’expérience du déconfinement, j’ai décidé de proposer un Transport en commun en site propre [TCSP] sur Cessole et Gambetta qui pourrait transporter 30.000 passagers d’ici deux ans et demi sur le modèle d’un BHNS [Bus à haut niveau de service], comme Cannes l’a mis en place sur le boulevard Carnot. L’idée est de soulager le tramway. Le prolongement de la ligne 1 dans la vallée du Paillon sera aussi lancé et peut-être que nous pourrions le faire finalement en tram jusqu’à la sortie de Drap. Cette solution serait moins coûteuse que le train-tram. Des études sont en cours avec la SNCF.

Municipales

« Que [le futur maire de Nice] nous délègue ce que l’on sait faire », demande l’écologiste Jean-Marc Governatori

Municipales

Après le rendez-vous manqué de la gauche à Nice, le PS et Patrick Allemand appellent à voter blanc

2 partages