Municipales 2020 à Nantes : « Regonflé » par le mouvement sur les retraites, Lutte Ouvrière se lance

Nicolas Bazille, tête de liste Lutte Ouvrière pour les municipales 2020 à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes

  • Le parti Lutte Ouvrière doit déposer sa liste pour les municipales ce lundi à Nantes.
  • En 2014, le parti n’avait totalisé que 1,16 % des voix.

Sa liste, bouclée, doit être officiellement déposée ce lundi en préfecture. « Dessus, il n’y a que des travailleurs : des enseignants, des aides à domicile, des employés de La Poste, des retraités…, promet Nicolas Bazille, en première place. Vous ne trouverez aucun professionnel de la politique ! » A 44 ans, ce cheminot qui travaille à la gare de Nantes porte la liste Lutte Ouvrière pour les élections municipales. Si le parti de Nathalie Arthaud n’avait totalisé que 1,16 % des voix à Nantes en 2014, son candidat assure qu’il reçoit beaucoup de « réactions positives » et d’« encouragements » depuis qu’il s’est lancé dans la course.

Il faut dire que le contexte serait idéal, dit-il, pour réaliser une percée au premier tour, le 15 mars prochain. Ce délégué CGT, qui a cumulé une cinquantaine de jours de grève pour protester contre la réforme des retraites, confie que même si le gouvernement n’a pas plié, la mobilisation l’a « regonflé » voire a « crédibilisé sa démarche ». « Dans cette société régie par l’individualisme, ce mouvement a permis de créer des liens, de se serrer les coudes, de réapprendre à s’organiser, assure le candidat d’extrême gauche. Ça faisait très longtemps qu’il n’y avait pas eu autant de monde mobilisé. C’est à nous, les exploités, d’agir. Sans attendre des super élus qui régleront tous les problèmes par magie. »

Mettre de l’humain

Avec l’objectif que « les travailleurs renversent la société et ceux qui la dominent », difficile pour Lutte Ouvrière de formuler des propositions à l’échelon local. La première qui vient à l’esprit de Nicolas Bazille est celle d’une « démocratie ouvrière ». « Tous les habitants doivent pouvoir prendre la parole, et pas uniquement ceux qui savent le faire, estime cet habitant du Vieux-Doulon. Si nous avions été au conseil municipal pendant la mobilisation, nous serions venus en soutien à ceux qui se battent, on aurait ouvert des salles pour que le débat puisse vivre. »

Celui qui voudrait agir sur les salaires, les allocations et les conditions de travail des salariés, du public comme du privé, reproche à la maire sortante Johanna Rolland de « diriger la municipalité comme on gère une entreprise ». « Les conditions de travail des éboueurs, par exemple, ont été dégradées pendant le mandat, estime Nicolas Bazille, qui animera une réunion publique jeudi soir à la Manu. On enlève des moyens partout, dans les transports, les hôpitaux, les gares avec des guichets qui ferment… C’est le contraire qu’il faudrait faire : mettre de l’humain pour faire davantage attention les uns aux autres. Et je ne parle pas d’un policier derrière chaque Nantais. » Dans la Cité des ducs, déjà sept autres listes (PS, LR, LREM, EELV, Nantes en commun, UPR, RN) se sont fait connaître.

Municipales

Municipales 2020 à Nantes : « Si j’étais maire, je ferais… », des habitants font leurs propositions

Municipales

Municipales 2020 à Nantes : Que proposent les candidats pour protéger la planète au quotidien ?

0 partage