Municipales 2020 à Montpellier : L’insécurité en centre-ville s’invite dans la campagne

Un policier municipal (illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA

  • L’insécurité s’invite dans la campagne des municipales à Montpellier. La plupart des candidats font le constat d’un centre-ville gangrené par la délinquance.
  • Parmi les propositions envisagées pour tenter d’enrayer le phénomène, certains candidats souhaitent embaucher davantage de policiers municipaux.

A Montpellier, la sécurité sera à coup sûr l’un des enjeux des municipales. Ou plutôt, l’insécurité. Car la plupart des candidats que nous avons interrogés pointent du doigt la délinquance qui sévit dans le centre-ville. A l’occasion du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, qui s’est tenu ce mardi à Montpellier (lire l’encadré), 20 Minutes s’intéresse à ce thème qui devrait agiter la campagne.

Repenser l’urbanisme pour lutter contre l’insécurité, pour Philippe Saurel

Philippe Saurel (divers gauche), qui n’a encore rien dit de ses intentions pour 2020, met en avant ses efforts pour tenter d’enrayer le phénomène : la police municipale, passée de 127 agents en 2014 à 183, mais aussi le développement de la vidéosurveillance, qui bénéficie désormais de 700 caméras, en comptant celles du réseau de la Tam.

Pour le maire, lutter contre l’insécurité, c’est aussi repenser l’urbanisme. « Dans le projet Places à tous [qui doit réinventer le centre-ville], la sécurité est l’un des axes que j’ai proposé, confie Philippe Saurel. Les végétaux qui ont grandi à la sortie du lycée Joffre sont, par exemple, l’habitat de tous les deals possibles et inimaginables. L’éclairage, aussi. Il y a de nombreux problèmes que l’on peut résoudre avec des choses qui ne sont pas des actions de répression, mais d’aménagement. »

« Faire partir les punks à chien du centre-ville », promet Alex Larue

Alex Larue (LR), le candidat de la droite et du centre, s’inquiète depuis plusieurs années de cette insécurité galopante. Cet été, le conseiller municipal d’opposition avait dénoncé « une vague de violence d’une intensité inédite dans l’histoire de la ville ». « La sécurité sera l’une de mes priorités, confie Alex Larue. J’ai grandi dans cette ville, on n’a jamais connu ça. Ça s’est aggravé depuis les quatre ou cinq dernières années. »

Le candidat a déjà plusieurs mesures dans les cartons. S’il est élu, il prévoit de recruter des policiers municipaux. « Il en manque une centaine », explique-t-il. Alex Larue souhaite également créer une véritable police des transports, mettre en place des « vacataires » aux abords des établissements scolaires pour éviter les rackets, et offrir aux personnes âgées un « bip géolocalisé », à mettre dans la poche, pour signaler les agressions. « Il faut également faire partir les punks à chien du centre-ville, et s’ils reviennent, on les refera partir, ils se lasseront avant nous », reprend Alex Larue, qui souhaite rendre compte devant les habitants des effets de sa politique en matière de sécurité à travers des conseils municipaux exceptionnels, une fois par an.

Une voiture de la police nationale, sur la place de la Comédie, à Montpellier (illustration) Une voiture de la police nationale, sur la place de la Comédie, à Montpellier (illustration) – N. Bonzom / Maxele Presse

Patrick Vignal veut embaucher 100 policiers municipaux de plus

Comme lui, Patrick Vignal (LREM), qui brigue l’investiture LREM pour les municipales, souhaite embaucher des policiers municipaux. Le député a prévu d’en recruter 100 de plus, en sacrifiant le budget des publications municipales et métropolitaines.

« La sécurité, c’est la base. Ce que je veux, c’est que les habitants puissent se promener tranquillement. On a toujours entendu à Montpellier « La sécurité, c’est pas moi, c’est l’État » », regrette Patrick Vignal. Le candidat souhaite aussi mettre en place une présence 24 h/24 des agents, et créer des brigades spécialisées, dont une brigade « de nuit et de tranquillité publique » et une brigade de prévention des cambriolages. « J’ai aussi prévu d’offrir aux commerçants un bouton SOS, à déclencher en cas d’urgence, qui permettra aux policiers d’intervenir rapidement », indique Patrick Vignal.

Privilégier la proximité, pour Clothilde Ollier et Michaël Delafosse

« Montpellier est dans un état absolument désastreux en termes de sécurité », déplore de son côté Olaf Rokvam (RN), qui souhaite mettre en place « un audit de la situation » s’il est élu. Le candidat RN a l’intention de porter le nombre de policiers municipaux « sur le terrain » à 250. « C’est une absolue nécessité », indique Olak Rokvam.

Clothilde Ollier (EELV), candidate écologiste, souhaite réimplanter des postes de police municipale dans les quartiers. « Ils ont été enlevés, et pourtant, ils sont nécessaires, ils permettent un véritable échange, une connexion avec les habitants », indique-t-elle.

Enfin, Michaël Delafosse (PS), qui s’exprimera jeudi sur ses promesses en termes de sécurité, entend lui aussi privilégier « la proximité ». « Beaucoup de nos concitoyens témoignent de leur sentiment d’abandon face aux problèmes d’insécurité et d’incivilités, écrit le conseiller municipal, dans sa Lettre aux Montpelliérains, publiée lors de l’annonce de sa candidature. C’est insupportable. Je redéfinirai les missions de la police municipale qui sera ancrée dans les quartiers avec une présence de proximité. »

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Ce mardi, se tenait à Montpellier le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. Le maire, le préfet, le procureur et le chef de la sûreté départementale ont évoqué un plan d’actions, qui va être déployé en ville, pour tenter de lutter contre la délinquance. Parmi les mesures qui vont être lancées, la mise en place de nouveaux éducateurs de rue, par le département de l’Hérault et la ville de Montpellier. Autre nouveauté, les 21 policiers nationaux, qui ont été affectés dernièrement à la Mosson, vont être déployés dans les autres quartiers, notamment en centre-ville. Car si aucune statistique n’a filtré, c’est bien dans l’Ecusson que la délinquance sévit, a-t-on appris ce mardi. Ce secteur fait notamment l’objet d’une attention toute particulière de Yannick Blouin, le directeur de la sûreté publique de l’Hérault, qui souhaite « reconquérir l’hyper centre-ville », pour que « les habitants puissent à nouveau s’y promener, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit ». « On y voit se cumuler des comportements déviants, des actes violents, de la délinquance d’appropriation, parfois très violente, avec des ports d’armes, des gens qui ont des comportements liés à des addictions, confie le patron des policiers. Ce que l’on ne voudrait pas, c’est qu’il arrive dans ce centre-ville l’irrémédiable, que quelqu’un soit victime de l’un de ses auteurs. »

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