Municipales 2020 à Montauban : Au pays des « Tontons flingueurs », l’inamovible Brigitte Barèges peut-elle être détrônée ?

Pierre Mardegan et Brigitte Bareges au soir de leur élection en binôme au conseil départemental du Tarn-et-Garonne, en 2015, sont aujourd’hui opposés lors des municipales de Montauban. — Remy Gabalda / AFP

  • Brigitte Barèges, la maire sortante LR de Montauban, se présente à un quatrième mandat.
  • Elle devra faire face à une gauche unie dès le premier tour, mais aussi aux candidats LREM et à celui du RN, qui ont tous l’intention de challenger la favorite au second tour.
  • La sécurité ou la politique de grands travaux lancée au cours du dernier mandat font partie des thèmes de campagne.

A Montauban, la vie politique n’a jamais été un long fleuve tranquille. Depuis plusieurs années, les alliances se font et se défont, les amis d’hier sont les ennemis d’aujourd’hui. Et ces municipales ne dérogent pas à la règle.

Elue maire pour la première fois en 2001, (LR) la sortante Brigitte Barèges a décidé de briguer un quatrième mandat en mars prochain. Elle trouvera sur sa route des challengers qu’elle connaît bien. En particulier Pierre Mardegan avec qui elle s’était présentée en binôme aux élections départementales de 2015.

Mais entre-temps, la politique a eu raison de leur vieille amitié. Le médecin urgentiste s’est rallié au président du conseil départemental du Tarn-et-Garonne, Christian Astruc, quand Brigitte Barèges faisait de son côté une alliance avec les radicaux de Jean-Michel Baylet, son ennemi de trente ans. Deux ans plus tard, le même Pierre Mardegan (LREM) s’était par ailleurs incliné aux législatives face à la socialiste Valérie Rabault qui avait reçu le soutien… d’une certaine Brigitte Barèges.

« Aujourd’hui, je fais face à un bloc Barèges-Baylet-Rabault et ils ne me ménagent pas », assure le candidat soutenu par LREM, l’UDI et le groupe majoritaire au conseil départemental, mais qui a été lâché par le MoDem du Tarn-et-Garonne.

Travaux du centre-ville

Le responsable du Samu, qui est entré en politique il y a cinq ans, estime que « les gens en ont marre des apparatchiks » et mise sur un programme centré sur la végétalisation de la cité d’Ingres, un apaisement des relations avec l’Etat et le département ou encore la dynamisation du centre-ville et des commerces.

La sortante, elle promet de poursuivre le renouvellement de la ville qu’elle a amorcé, à travers une politique de grands travaux dans le centre ces dernières années, qui a parfois suscité des critiques. Et elle ne compte pas se laisser affaiblir par les affaires judiciaires qui viennent de la rattraper.

Il y a un peu plus d’une semaine, c’est elle qui a indiqué sur sa page Facebook qu’elle était renvoyée en correctionnelle dans une affaire d’emploi fictif qui remonte à 2014. Pour la maire sortante, « une étrange coïncidence […] un mois avant l’échéance électorale du 15 mars ». Pas question pour « BB », comme certains l’appellent, de se laisser couper l’herbe sous le pied. C’est l’une des caractéristiques de l’élue les Républicains, elle préfère l’attaque que la défense. Et en avocate rompue aux arcanes de la politique, elle en maîtrise parfaitement les règles. « D’ailleurs, elle n’est jamais aussi bonne que lorsqu’elle est attaquée », relève un observateur de la ville politique montalbanaise.

Une gauche unie au premier tour

Face à elle, les têtes d’affiche socialistes ont décidé de ne pas se lancer dans la bataille des municipales. La députée Valérie Rabault ou encore le conseiller régional Patrice Garrigues ont décidé de se consacrer à leur mandat respectif. Tout en adoubant la candidature d’Arnaud Hilion, conseiller municipal d’opposition, qui a réussi à rassembler une grande partie de la gauche, des communistes aux écologistes.

Un tour de force à l’heure où des listes citoyennes pullulent dans les grandes villes de France et où les candidatures se démultiplient à gauche. Et c’est peut-être ce qui permettra à cet enseignant-chercheur en mathématiques, qui veut lancer « un grand plan de rénovation des écoles », de titiller la maire sortante au second tour.

Ce qu’espère aussi faire le candidat du Rassemblement national, Thierry Viallon. Conseiller municipal d’opposition, en 2014 il avait atteint les 10 % au premier tour et avait pu se maintenir dans une triangulaire. « Mon objectif n’est pas de faire de la figuration, au fur et à mesure que les élections passent on voit notre progression », pose le représentant du parti de Marine Le Pen. Avec son programme axé sur la sécurité, la rénovation des quartiers ou encore le stationnement, il veut se démarquer de Brigitte Barèges et « des projets vitrines » qu’elle a portés.

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