Municipales 2020 à Marseille: Jackson Richardson, Frédérick Bousquet, Maud Fontenoy… Pourquoi les politiques raffolent-ils des stars du sport sur leur liste ?

Bruno Gilles et Jackson Richardson — Bruno Gilles

  • L’ancien handballeur Jackson Richardson a annoncé être candidat aux municipales de Marseille au côté de Bruno Gilles (LR).
  • Les têtes de proue de la vie politique marseillaise ont souvent recours à cette stratégie, qui consiste à s’allier avec une star du sport à quelques mois d’un scrutin.
  • Un pari qui permet de faire parler de soi, tout en bénéficiant du carnet d’adresses et de l’expérience du sportif de haut niveau.

C’est la première grosse surprise de la campagne des municipales à Marseille. Le sénateur Les Républicains Bruno Gilles  a annoncé à La Provence compter, à ses côtés, sur sa liste, l’ancien handballeur-star, Jackson Richardson. « J’avais envie de redonner à Marseille ce qu’elle m’a donné. Je m’y sens chez moi, indique ce dernier. Mon étiquette n’est pas politique, c’est le sport ».

Maud Fontenoy, vice-présidente à la région Paca au côté de Christian Estrosi puis Renaud Muselier, Pape Diouf candidat (malheureux) aux élections municipales en 2014 et un temps convoité par le socialiste Patrick Mennucci…. Jackson Richardson vient allonger la liste, déjà bien fournie, des anciennes vedettes du sport qui ont accepté de faire campagne, et pour certains de siéger en tant qu’élus, aux côtés des figures plus traditionnelles de la vie politique marseillaise.

Marseille, ville populaire

« Ah, Eric ! L’homme le plus extraordinaire que j’ai pu rencontrer ! Il m’a beaucoup apporté durant cette campagne ! » Eric, c’est Eric di Meco, et celle qui ne tarit pas d’éloge sur l’ancien footballeur de l’Olympique de Marseille, c’est Nora Preziosi. En 2007, cette figure de la droite marseillaise se retrouve candidate aux législatives dans les quartiers Nord, dans la septième circonscription, alors fief de la puissante socialiste Sylvie Andrieux et dans lequel le Front national fait de bons scores. On lui propose de s’associer avec Eric di Meco, alors adjoint au maire en charge des sports depuis plusieurs années. Résultat : le ticket Preziosi-Di Meco accède au second tour, et obtient 42.21 %, « l’un des meilleurs scores de la droite dans ce secteur », selon Nora Preziosi.

« A Marseille, les listes ont toujours été constituées avec des figures, des gens supposés faire venir d’autres voix, note Michel Samson, auteur de Gouverner Marseille. Et Marseille est une ville populaire, au sens sociologique du terme, dans laquelle beaucoup de gens s’intéressent aux sports populaires. Et beaucoup de gens s’en foutent aussi de la politique et des municipales. Personne ne lit les programmes. Certains peuvent se dire : “Tiens, regarde, Richardson, c’est un bon mec, je vais voter pour lui”. »

« Un super coup »

« On ne va pas se mentir, la candidature de “Jack” a été énormément reprise, ça a fait le buzz, et c’est un bon coup, un super coup », reconnaît Bruno Gilles. Un coup qui tombe à pic pour le sénateur LR, qui avoue avoir démarché l’ancien handballeur par le biais d’un ami commun. En effet, pour l’heure, Bruno Gilles est seul candidat de la droite, mais il pourrait voir une autre concurrente de son camp, Martine Vassal, se déclarer candidate à son tour, face à lui. « C’est quand même une star, ajoute-t-il. Il crée un courant de sympathie qui derrière peut créer un courant de voix. » Et d’ajouter : « Ce ralliement politique est une belle opportunité. C’est un plus d’avoir un ancien champion olympique. Il y a le côté symbolique, il a été porte-drapeau. Et ça amène du sérieux », poursuit-il.

Car à croire les hommes politiques marseillais qui ont ou vont faire équipe avec des sportifs, l’autre avantage du sportif de haut niveau réside dans son expérience… et son carnet d’adresses. « Jackson Richardson est une bonne recrue pour l’organisation des JO de 2024 à Marseille, estime Bruno Gilles. Il a une connaissance du monde olympique, et il connaît beaucoup d’anciens médaillés. Il va amener un maximum de sportifs de haut niveau à Marseille afin de faire de notre ville une ville bien médiatisée. »

« Le nom peut jouer, mais les gens ne regardent pas ça, tempère Nora Preziosi. Ils regardent ce que tu peux leur apporter. Les gens votent pour l’intérêt de la ville, pour un élu de terrain, pour un élu de proximité. Ils ont besoin qu’on leur dise “Comment ça va le petit…” Et Eric Di Meco était un homme de terrain, qui connaissait ces quartiers », notamment après son expérience d’adjoint au sport de Jean-Claude Gaudin. Et de lancer : « Il n’y a que Zidane qui à Marseille pourrait faire une explosion dans les urnes ! » Zizou, si tu nous regardes, les élections sont dans quelques mois…

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