Municipales 2020 à Lyon : Les candidats dissidents embarrassent toujours autant LREM

David Kimelfeld (à gauche) et Georges Képénékian (au centre) ne sont plus sur la même longueur d’onde que Gérard Collomb. — C. Girardon / 20 Minutes

  • Le cas de Cédric Villani, candidat dissident LREM aux municipales à Paris, n’est pas isolé.
  • Mais contrairement au mathématicien, les élus lyonnais qui se présentent sans avoir obtenu l’investiture du parti présidentiel, ne devraient pas être exclus.

Des « dissidents » difficiles à gérer. A Paris, le cas de Cédric Villani, qui maintient sa candidature contre Benjamin Griveaux, investi par LREM pour les prochaines municipales, en dit long sur les crispations au sein du mouvement présidentiel. Le mathématicien devrait être exclu prochainement. Qu’en est-il des autres ? Son cas n’est pas isolé. Dans près de 25 grandes villes de France, des candidats LREM se retrouvent à ferrailler avec des frères de combat, déçus de ne pas avoir été choisis et étendus par les huiles parisiennes.

L’agglomération lyonnaise ne fait pas figure d’exception. La situation n’a jamais semblé aussi épineuse. En témoigne le duel fratricide auquel se livrent depuis des mois Gérard Collomb, le maire sortant de Lyon et David Kimelfeld, président de la métropole, collectivité convoitée par les deux élus. Le premier a obtenu l’investiture sans même la demander. Alors que le second a reçu l’appui des quatre députés LREM de Lyon, engagés à ses côtés.

Pas de projet d’exclure les dissidents lyonnais

A Lyon, Georges Képénékian, soutien de David Kimelfeld, est parti à l’assaut de la mairie alors qu’il savait qu’il n’aurait pas l’investiture de son parti ayant préféré miser sur Yann Cucherat, adjoint aux sports et poulain de Gérard Collomb. A Villeurbanne, la situation est tout aussi tendue entre Bruno Bonnell et Prosper Kabalo. Reste à savoir si LREM compte mettre de l’ordre à moins de deux mois du scrutin.

« Aucune décision n’a été prise, assure la commission nationale d’investiture. Nous restons en phase de discussion et de recherche de convergence en rappelant à chacun les risques que fait courir la division ». Et de préciser qu’il n’y a actuellement « pas de projet » d’exclusion concernant les dissidents locaux : « Nous gardons la volonté de les faire se rapprocher ». Jusque-là, elle n’y est pas parvenue.

« Je regrette que LREM n’ait pas expliqué ses choix d’investiture en se basant sur les projets des candidats. Si cela avait été le cas, j’aurais compris mais ce n’est pas ce qui s’est passé », déplore Bruno Bonnell, député LREM de Villeurbanne qui se présente à la métropole dans sa circonscription sans avoir obtenu l’aval du parti présidentiel. « La chance de Cédric Villani est d’avoir été auditionné. Ce qui n’a pas été mon cas », ajoute-t-il.

« LREM est devenue un parti comme les autres »

« Au départ, la règle, rappelons-le, était d’étudier les dossiers de chaque candidat, de les recevoir et de comparer leur projet. Mais à aucun moment, les dossiers n’ont été mis sur la table, confirme l’entourage de David Kimelfeld. On n’a pas demandé à l’un ou l’autre comment il entendait se positionner pour régler le problème de la qualité de l’air, par exemple. Il y a un décalage complet avec les engagements pris ».

Le risque d’exclusion n’inquiète pas Bruno Bonnell même s’il concède qu’il « pourrait être peiné ». « Aujourd’hui, les gens ne sont plus intéressés par les partis politiques mais par des projets. C’est ce qui faisait l’essence même de LREM. Or, c’est devenu un parti comme les autres. La République en Marche s’est banalisée en faisant de la politique politicienne. Les électeurs, on l’entend, sont déçus », explique le chef d’entreprise, déterminé à garder sa liberté. « Les électeurs sur le terrain ne me demandent pas si je soutiens Kimelfeld ou Collomb. Ils s’en fichent. Ce qui les intéresse, c’est de savoir si le tramway ou le métro passera près de chez eux », ajoute-t-il, estimant que ce « n’est pas son attitude vis-à-vis de LREM qui compte » mais « son projet » et « les réponses qu’il peut apporter aux citoyens ».

« Etre exclu serait peut-être même un honneur »

« Etre exclu serait peut-être même un honneur compte tenu de la façon dont LREM a géré les investitures », ironise David Kimelfeld, confirmant ainsi des propos tenus à Lyon Capitale. « Cela montre en tout cas une énorme coupure entre les choix qui se passent à Paris, parfois même dans le bureau du Président, et les aspirations des militants sur le terrain », analyse-t-il, déterminé à défendre son projet jusqu’au bout.

Comment LREM compte désormais gérer le micmac lyonnais ? En ne prenant aucune décision, semble-t-il. « La démarche du mouvement est de motiver nos adhérents, nos cadres politiques locaux et nos élus de terrain pour qu’ils contribuent à la meilleure campagne de nos listes investies », répond la CNI. Certains verront dans cette absence de décision la possibilité, pour le parti présidentiel, de ne se positionner qu’une fois le nom du vainqueur connu, entre le candidat investi et le dissident.

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