Municipales 2020 à Lille : Qui est Nicole Baudrin, l’Arlette Laguiller du Nord ?

Nicole Baudrin, candidate Lutte ouvrière à Lille. — G. Durand / 20 Minutes

  • Sage-femme à la retraite, Nicole Baudrin profite de ces élections municipales pour s’adresser à « la conscience des travailleurs ».
  • Si elle n’a dépassé qu’une seule fois les 5 % en 2001, Nicole Baudrin a néanmoins siégé une fois dans une collectivité territoriale à la région, entre 1998 et 2004.
  • Fidèle à la tradition du parti trotskiste, elle ne fait donc aucune promesse électorale sur des projets municipaux. Mais si elle est élue, elle « appliquera la loi sur les réquisitions des logements vacants pour les mal logés ».

« Salaire, emploi, retraite ». Voilà, en trois mots, le refrain des revendications de la candidate Lutte ouvrière (LO), Nicole Baudrin, à la mairie de Lille. A 68 ans, cette sage-femme retraitée connaît la musique. Depuis 1989, l’Arlette Laguiller du Nord en est à sa sixième campagne municipale. Toujours dans le « camp des travailleurs » pour « déloger les multinationales et les lobbys ».

Si elle n’a dépassé qu’une seule fois les 5 % en 2001, Nicole Baudrin a néanmoins siégé une fois dans une collectivité territoriale à la région, entre 1998 et 2004. Mais, pour elle, ce ne sont pas les élections qui vont « transformer la vie des gens ». « Ceux qui font des promesses pour se faire élire sont des menteurs, assure-t-elle. Dès qu’ils arrivent au pouvoir, on voit bien qu’ils se mettent au service des capitalistes et de la haute bourgeoisie. »

Appliquer la loi sur les réquisitions des logements

Fidèle à la tradition du parti trotskiste et internationaliste, elle ne fait donc aucune promesse électorale sur des projets municipaux, assurant toutefois que si elle est élue, elle fera « appliquer la loi sur les réquisitions des logements vacants pour les mal logés » et donnera « le droit de vote aux immigrés qui, en travaillant dur, font tourner l’économie de la France ».

Communiste révolutionnaire, elle ne croit qu’au « rapport de force ». « Je profite de ces élections pour m’adresser à la conscience des travailleurs. Ils doivent retrouver une force collective. De tout temps, l’Histoire le montre, ce sont ces luttes collectives qui ont permis les avancées sociales », explique-t-elle.

La « guerre sociale », c’est le combat d’une vie pour cette fille de mineur de Nœux-les-Mines, dans le Pas-de-Calais. A 11 ans, elle a fait partie des milliers d’enfants qui, faute de nourriture, ont dû être hébergés dans une famille d’accueil, quelques semaines, lors de la grande grève des mineurs de 1963. Naissance de sa propre « conscience ».

« Les travailleurs ont commencé à redresser la tête »

En mai 68, elle a 16 ans. « J’écoutais ce qu’il se passait sur mon petit transistor, je rêvais d’être aux côtés des manifestants », raconte-t-elle. Quelques années plus tard, elle entre à l’hôpital de Denain comme sage-femme et commence à militer au sein du syndicat CGT.

« Je militais aussi pour le droit des femmes. Imaginez-vous ! A l’époque, je travaillais avec un gynéco qui, par conviction, refusait de poser des stérilets. » Depuis, son engagement n’a jamais faibli. Avec le mouvement des « gilets jaunes » et les récents mouvements de grève et manifestations, elle estime que « les travailleurs ont commencé à redresser la tête ». Vont-ils retrouver le chemin des urnes pour LO ?

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