Moselle : Un ex-ingénieur d’ArcelorMittal condamné pour des photos et des vidéos dans les toilettes de l’entreprise

Des vidéos, des photos, un « cauchemar »… Un ex-cadre en poste sur le site sidérurgique d’ArcelorMittal de Gandrange (Moselle), licencié depuis, était poursuivi pour atteinte à l’intimité de la vie privée, voyeurisme aggravé et détention d’images à caractère pédopornographique. La plupart de ces infractions ayant été commises sur son lieu de travail. La liste est longue. Plus de 100.000 photos de ses collègues espionnées aux toilettes : Il comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel de Thionville (Moselle) pour atteinte à l’intimité de la vie privée, voyeurisme aggravé et détention d’images à caractère pédopornographique.

L’affaire démarre en juin 2021, lorsqu’une salariée donne l’alerte à propos d’un trou percé dans le mur des toilettes des femmes. Le trou est bouché et du plexiglas installé en bas des portes. Mais trois mois plus tard, une autre salariée rapporte avoir vu un smartphone brandi au-dessus de la porte. Les soupçons se tournent vers l’ingénieur Florent C., qui a déjà fait l’objet d’une mise à pied pour avoir téléchargé sur son lieu de travail des films pornographiques en 2018. Dans son ordinateur professionnel, on découvre 50 Giga de photos et de vidéos de femmes en train d’uriner dans les toilettes de l’entreprise, soit précisément 107.577 photos et 206 vidéos. Lors d’une perquisition à son domicile, d’autres photos et vidéos de femmes prises à leur insu sur ses lieux de vacances ont par ailleurs été trouvées ainsi que des fichiers pédopornographiques classés à part.

« La souffrance des victimes »

A l’audience, le prévenu, séparé et père de deux enfants, a reconnu les faits sans difficulté. « Je suis désolé, je n’ose pas vous regarder en face », a-t-il lancé à trois de ses anciennes collègues qui se sont portées partie civile. Leur avocat, Thomas Hellenbrand, a fait part de « la souffrance des victimes dans leur quotidien », évoquant leurs « cauchemars », leur « phobie d’être suivies et épiées ». Pour chacune d’entre elles, au titre du préjudice moral, le conseil a demandé 10.000 euros mais au final, le tribunal ne leur en accordera que 2.000. ArcelorMittal n’était pas présent ni représenté à l’audience. L’avocat des parties civiles a estimé que le géant sidérurgique « pourrait être plus généreux » dans son soutien financier aux victimes.

Le prévenu a finalement été condamné à trois années de suivi socio judiciaire, avec obligation de se soigner. Conformément aux réquisitions du parquet, l’homme de 44 ans a aussi fait l’objet d’une obligation d’indemniser ses victimes et d’une inscription au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles.