Mort d’Yvan Colonna : Un syndicat appelle au blocage de la prison d’Arles après la mise en cause d’un surveillant

Le syndicat Ufap Unsa Justice vient de lancer un appel pour bloquer la maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône) jeudi, afin de protester contre les procédures disciplinaires visant un surveillant de l’établissement, après la remise d’un rapport sur l’assassinat d’Yvan Colonna. « Ce surveillant est un bouc émissaire, dénonce Thomas Forner, délégué Ufap d’Arles. Il est accusé de tout alors qu’il n’a fait que son travail du mieux possible et en respectant les consignes qui lui ont été données. Pour nous, les fautes qui ont été commises viennent de l’administration pénitentiaire dans sa globalité et du ministère de la Justice. »

« On va bloquer l’établissement à partir de 6 heures jeudi matin et pour une durée indéterminée. Personne ne pourra entrer ou sortir », annonce le syndicaliste ce mardi, ajoutant que les autres syndicats « devraient normalement » se joindre à cette action. La Première ministre Elisabeth Borne a annoncé jeudi dernier « le déclenchement de procédures disciplinaires » à l’encontre de l’ex-directrice de la prison et d’un surveillant, après la remise d’un rapport sur l’assassinat d’Yvan Colonna qui conclut à des « manquements » de leur part.

« Un net défaut de vigilance » selon le rapport de l’IGJ

Le 2 mars, Yvan Colonna avait été violemment agressé dans la salle de sport de la maison centrale par Franck Elong Abé, un homme de 36 ans qui purgeait plusieurs peines, dont une de neuf ans pour « association de malfaiteurs terroriste ». Il était décédé des suites de ses blessures après trois semaines de coma.

Le surveillant chargé de l’aile où se trouvait l’indépendantiste corse, qui purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, a fait preuve d’un « net défaut de vigilance » en restant « sans aucun motif éloigné » du lieu des faits, qui ont duré neuf minutes, a notamment conclu le rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ).