Mort de Victorine : Le suspect du meurtre a reconnu avoir « serré très fort » le cou de la victime mais nie tout mobile sexuel

Une équipe de gendarmes mobilisée pour retrouver Victorine, le 28 septembre 2020. — ANTOINE MERLET / AFP

  • Mardi après-midi, un homme de 25 ans, habitant non loin de chez Victorine, dans le quartier des Fougères à Villefontaine (Isère), a été interpellé par le GIGN.
  • Suspecté d’avoir tué la jeune fille retrouvée morte noyée dans un ruisseau le 28 septembre 2020, ce père de famille, connu de la justice, a expliqué avoir étranglé Victorine après une rencontre fortuite qui « a mal tourné ».
  • Il a en revanche nié tout mobile sexuel, ce qui ne convainc par le parquet de Grenoble.

L’enquête, qui s’annonçait d’une grande complexité, a avancé rapidement. Quinze jours après la découverte du corps de Victorine, cette jeune fille de 18 ans retrouvée morte noyée à Villefontaine(Isère) le 28 septembre, un homme de 25 ans a été mis en examen ce jeudi pour « enlèvement, séquestration et meurtre précédé d’un crime », en l’occurrence de tentative de viol, a indiqué le parquet de Grenoble.

Ludovic Bertin, un jeune père de famille vivant à Villefontaine dans le quartier des Fougères, à quelques centaines de mètres de la famille de Victorine, a été interpellé mardi après-midi à Saint-Quentin-Fallavier par le GIGN, sur une aire de station-service. Son arrestation est intervenue à la suite du témoignage de l’un de ses proches, qui a indiqué aux gendarmes au cours de l’enquête avoir reçu des confidences du suspect, a confié ce jeudi le procureur adjoint de Grenoble, Boris Duffau.

Condamné à une dizaine de reprises

Au cours des différentes auditions menées lors de sa garde à vue de 48 heures, l’homme, déjà condamné à une dizaine de reprises par le passé pour des faits « de droit commun », a « reconnu son implication dans le meurtre de Victorine », a précisé Eric Vaillant, procureur de la République de Grenoble. Selon sa version des faits, il aurait croisé le chemin de la jeune fille le 26 septembre à 19 heures, le soir de sa disparition, près du stade de la Plaine, à Villefontaine, alors qu’elle rentrait chez elle. Lui faisait un jogging.

Selon le suspect, gérant d’une entreprise, « une dispute aurait éclaté entre eux, après une bousculade involontaire », ajoute le parquet. Ludovic Bertin a expliqué aux enquêteurs « avoir saisi le cou » de la victime, « en le serrant très fort », puis avoir déposé le corps de Victorine dans le cours d’eau « pour le dissimuler », précise Boris Duffau.

Une tentative de viol ?

Il affirme ensuite être rentré chez lui après avoir abandonné le corps, avoir pris une douche, puis être ressorti pour jeter ses vêtements dans un container. Des habits retrouvés sur ses indications mercredi par les services de gendarmerie. Le suspect, dont la version repose « sur une rencontre fortuite qui a mal tourné » avec Victorine, « conteste tout mobile sexuel », a ajouté le procureur adjoint. Un point qui ne convainc pas les enquêteurs ni le parquet de Grenoble, qui a pris à un réquisitoire supplétif à ce sujet. Lors de la découverte du cadavre de la victime, le pantalon de la jeune fille a été retrouvé à côté du corps.

« La famille reste en état de sidération et se pose beaucoup de questions. Elle attend encore des réponses. On ne peut se satisfaire des réponses du mis en examen au terme de sa garde à vue, a souligné ce jeudi soir l’avocate des parents de Victorine, Kelly Monteiro. Si ce réquisitoire a été pris, c’est que le mobile sexuel n’est pas écarté pour l’heure et tout laisse à penser que ses intentions étaient celles-ci avant qu’il n’étrangle la victime ».

« Soulagement » de la famille

L’avocate a rappelé toutefois le « soulagement » de la famille de la jeune fille. « On a désormais le nom de ce meurtrier. On peut entrer dans cette phase de deuil que la famille est en droit d’attendre », a déclaré Me Monteiro. L’avocate du suspect, qui a refusé que son nom soit communiqué par le parquet de Grenoble, n’a pas souhaité s’exprimer pour l’heure. Son client devrait être placé en détention provisoire dans la soirée.

Le 28 septembre, en fin de matinée, le corps sans vie de l’étudiante, alors portée disparue depuis deux jours, avait été découvert dans un petit ruisseau situé à deux kilomètres environ de chez elle, dans une zone difficilement accessible. Le 5 octobre, le parquet de Grenoble avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire et la création de la cellule HomeRoche, composée de dix enquêteurs mobilisés à plein temps pour faire avancer l’enquête pour « enlèvement, séquestration et meurtre ». Un numéro vert avait également été activé pour recueillir tous les témoignages susceptibles d’aider les gendarmes dans leurs investigations.

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