Mort de sœur André : « Plus son corps la lâchait, plus son âme montait »

De notre envoyée spéciale à Toulon (Var),

Un petit bout de femme, qui laisse derrière elle un grand vide à l’aube de ses 119 ans. Dans la nuit de lundi à mardi, sœur André a rendu son dernier souffle dans l’Ehpad de Toulon qui l’accueillait. La fin d’une vie à la longévité remarquable, qui faisait de la religieuse varoise la doyenne de l’humanité. Une fin qu’elle réclamait à en croire son entourage. « Son retour à Dieu était pour elle une consolation », confie Mgr Dominique Rey. L’évêque de Fréjus-Toulon côtoyait régulièrement la religieuse, à l’occasion de messes ou de célébrations de son anniversaire. « Souvent, elle me parlait de sa mort, ajoute-t-il. De plus en plus. C’était quelqu’un qui, surtout vers la fin sentait la pesanteur du handicap. Plus son corps la lâchait, plus son âme montait. Sa vie n’était pas une descente mais profondément une ascension. »

En ces temps de deuil pour lui et sa communauté religieuse, c’est moins un sentiment tristesse qu’un profond respect teinté d’admiration qui anime l’homme d’Eglise.  « Cette femme s’était totalement donnée à Dieu et aux autres dans sa tâche d’accompagnement auprès des pauvres, des personnes en difficulté et des orphelins, note Mgr Rey. Toute sa vie a été portée par le souci de la charité envers les autres. C’était un être qui était mobilisé par l’amour et ça se ressentait. Même dans sa vieillesse, par des petits détails qui en disent parfois plus grands que de grandes paroles. »

Une célébration discrète pour sa mort

Et de se souvenir : « Quand on lui demandait comment ça allait, elle demandait directement : « Et vous, comment ça va ? » Elle retournait vers les autres la considération qu’on avait vis-à-vis d’elle Elle était dans l’humilité, dans l’attention et dans la fidélité jusqu’au bout à sa vocation. C’était un témoignage vivant, un exemple qui nous tire vers le haut. Quand on fréquente des êtres qui sont habités par l’amour, ça nous rend meilleur et ça nous invite à nous inscrire dans leur sillage. »

Un mode de vie que sœur André a souhaité conserver… Jusqu’à sa mort. La religieuse, au caractère bien trempé et au sens de l’humour réputé décapant, a en effet transmis ses dernières volontés avec précision. « Il y aura une messe en son hommage, mais elle a voulu que la célébration soit la plus discrète et vécue au sein de sa communauté, à l’image de sa vie. Elle voulait rester dans l’humilité jusqu’au bout. » Pari réussi.