Mort de Mava Chou : Vlog familial, cyberharcèlement… Qui était cette youtubeuse disparue à l’âge de 32 ans ?

« Repose en paix ma belle », « Tu étais une maman magnifique », « J’ai aimé te suivre pendant ces années », « Merci d’avoir ensoleillé de nombreuses journées avec ton sourire »… Depuis l’annonce du décès de Mava Chou jeudi dernier, les messages d’hommage se multiplient dans les commentaires de sa dernière vidéo. Une vidéo postée une dizaine de jours auparavant, dans laquelle cette vlogeuse aux 150.000 abonnés sur YouTube (et plus de 90.000 sur Instagram), répondait aux questions diverses de sa communauté. « Pourquoi es-tu pas mal absente ces derniers jours et ces dernières semaines ? », lui demandait-on notamment.

« Comme je l’ai montré, ces derniers temps ce n’est pas la grande forme. En fait ce n’est pas la grande forme depuis environ deux ans, avec des hauts et des bas. Il y a des jours où ça va aller très bien et des jours où ça va aller très mal (…). J’ai besoin de me replier sur moi-même pour pouvoir me recentrer sur moi et pouvoir me remonter », confiait Maëva Frossard, de son vrai nom, qui venait tout juste de fêter ses 32 ans.

Depuis plusieurs années, la jeune femme partageait son quotidien sur sa chaîne YouTube et les réseaux sociaux. Au lendemain de sa mort, dont les causes ne sont pas connues, Le Parisien rapportait que la jeune femme était victime de cyberharcèlement depuis plusieurs mois.

Un vlog familial depuis 2015

Mava Chou poste ses premières vidéos sur sa chaîne YouTube en 2015, aux côtés de son mari de l’époque, désormais connu sous le pseudo d’Adrien Vlog & Blabla. Ensemble, ils y partagent leur quotidien et celui de leurs quatre enfants. En 2018, rapporte TVMag, la famille connaît un coup de projecteur grâce à sa participation à l’émission On a échangé nos mamans sur NT1. L’éducation de cette mère de famille y est décrite comme « perfectionniste et stricte ». « Cette conception de l’éducation est partagée par son compagnon Adrien. Mais si Maëva dispense des principes de vie à l’ancienne, cela n’empêche pas la famille d’être bien dans son temps. Ces parents fusionnels sont ultra-connectés. Ils ont même leur propre chaîne YouTube, sur laquelle ils font partager leur mode de vie », explique le programme, tel que le rapporte TVMag.

Le couple se sépare quelques années plus tard et c’est seule que Mava Chou poursuit ses activités de vlogeuse. Sur son site Internet, elle se présente ainsi : « Maman de 5 enfants (4 sont avec moi sur terre et 1 nous regarde depuis le ciel) je partage avec vous mes joies et mes peines. Peut-être pourrez-vous vous reconnaître dans une ou plusieurs de mes vidéos, ainsi vous saurez que vous n’êtes pas seul(e). Le partage est bénéfique pour tout le monde et j’espère transmettre des idées, des astuces à travers ma chaîne. » Dans ses vidéos, la jeune femme y distillait des conseils de décoration, de cuisine, de rangement ou faisait la promotion de matériel électroménager ou de jouets pour enfants auprès de ses milliers d’abonnés. Elle s’y confiait également sur sa vie sentimentale ou ses états d’âme, à l’image de sa dernière vidéo.

« Maëva était victime de harcèlement en meute sur les réseaux sociaux »

« J’ai beaucoup de soucis personnels, physiquement ce n’est pas non plus la grande forme, ce qui fait que je préfère ne pas filmer ou ne pas intervenir sur les réseaux sociaux tant que ça ne va pas un peu mieux », expliquait Mava Chou le 15 décembre dernier, sans donner plus de précisions. Dix jours plus tard, sa meilleure amie Marion annonçait sa disparition sur Facebook dans un message « validé par sa famille ». « Je suis au regret de vous annoncer le décès de Maëva, survenu hier en fin de journée. Je vous demande de respecter sa famille en ne cherchant pas à en savoir plus. Cela ne regarde que ses proches. Ayez simplement une pensée pour elle et surtout pour ses enfants », écrivait-elle.

Le lendemain, le youtubeur Jeremstar témoignait dans un post Instagram du mal-être qui touchait la jeune femme : « Depuis 2015, Maëva était victime de harcèlement en meute sur les réseaux sociaux et au cœur de polémiques incessantes. Récemment, nous étions entrés en contact et elle s’était confiée à moi. Elle ne supportait plus la haine permanente qu’elle recevait et déplorait que les institutions judiciaires soient aussi lentes. Je me souviens d’une bande audio qu’elle m’a récemment envoyée où elle disait : « un jour il va y avoir un drame, c’est pas faute d’avoir alerté ». Nous parlions beaucoup ces derniers temps et Maëva n’arrivait plus à supporter la déferlante de haine qu’elle subissait quotidiennement. »

Un cyberharcèlement dont Le Parisien faisait état au printemps dernier dans un article intitulé « #MavaChou : quand la célébrité sur Internet vire au cauchemar ». Selon le journal, le couple que formait Mava Chou avec son ex-mari aurait été la cible de critiques depuis plusieurs années. De même, les deux youtubeurs auraient subi des campagnes de harcèlement et de cyberharcèlement depuis leur séparation. Deux clans d’internautes se seraient ainsi formés, prenant parti pour l’un ou pour l’autre, sur fond de procédures de divorce et de garde autour des enfants. Des appels anonymes auraient même été passés à leur école et le domicile de Mava Chou aurait été espionné.

Une plainte déposée avant son décès

Dimanche, Vosges Matin révélait que la jeune femme avait déposé plainte quelques jours avant sa mort. « Une plainte a été déposée au nom de Maëva et de son nouveau conjoint pour harcèlement moral et provocation au suicide contre son ex-mari et contre X. Malheureusement la plainte est partie le jour de son décès », indiquait à l’AFP Me Stéphane Giuranna, avocat à Epinal. Il ajoutait que Mava Chou avait déjà, en raison des attaques la visant sur Internet, déposé cinq plaintes directement au commissariat depuis mai 2020, « mais elles n’avaient rien donné ». Sollicité par 20 Minutes ce lundi, le parquet d’Epinal a indiqué qu’il ne souhaitait pas communiquer dans cette affaire. 

De son côté, Adrien Czajczynski, son ancien conjoint, a pris la parole dans une vidéo sur YouTube. Il y assure avoir « fait tout [son] possible pour éviter aux enfants de vivre ce genre de situation » et avoir « fait tout ce qui était en [son] pouvoir pour alerter de la situation ». « Oui je suis peiné, oui, je suis touché. Malgré les conflits, l’animosité et le ressentiment, Maëva est et restera la maman de mes quatre enfants », dit-il.

Il poursuit ensuite sur les accusations et les messages reçus depuis le décès de Mava Chou. « En plein deuil, j’ai pu constater qu’à nouveau l’intérêt des enfants n’était pas votre priorité, à vous, pourtant parfois mères de famille. Vous jugez, vous accusez, et bien pire encore sous couvert d’anonymat et de sacro-sainte liberté d’expression. Calomnie, diffamation, insultes, menaces de mort, tout y passe sans aucune conscience. (…) Depuis deux ans, nous sommes victimes d’un harcèlement quotidien et massif que j’ai dénoncé à de nombreuses reprises. En plus des menaces et des insultes, vous contactez les employeurs, les mairies, les écoles. Jusqu’où irez-vous ? », interroge-t-il. Enfin, il affirme qu’il ne laissera « plus jamais ce genre de comportement passer », et que les insultes et les accusations « ne seront pas sans conséquences ».