Mort de Brigitte Bardot : « La priorité aux Français… » et l’extrême droite
Brigitte Bardot, décédée dimanche à 91 ans, a affirmé en 2018 dans son livre testament « Larmes de combat » qu’elle n’avait « jamais fait de politique de ma vie » et qu’elle ne savait pas ce qu’était »l’extrême droite ». En 2017, elle a déclaré au Monde : « Je juge les politiques à l’aune de ce qu’ils proposent pour la cause animale. C’est aussi simple que ça ».
Les icônes sont-elles politiques ? Brigitte Bardot, décédée dimanche à 91 ans, a souvent été associée à l’extrême droite et considérait Marine Le Pen, dirigeante du Front national devenu RN, comme « la Jeanne d’Arc du XXIe siècle ». La légende du cinéma affirmait que ses choix politiques étaient principalement motivés par la cause animale. « On m’a fermement collé une image de frontiste » après avoir répondu au début des années 1990 à un questionnaire du quotidien catholique d’extrême droite Présent, déclarait-elle en 2018 dans son livre testament « Larmes de combat ».
Plusieurs condamnations
« N’ayant jamais fait de politique de ma vie, je ne savais tout simplement pas ce qu’était »l’extrême droite » », affirmait l’icône du cinéma français, devenue militante pour la cause animale. « À partir de ce jour-là, je fus considérée comme raciste, FN, égérie de Jean-Marie Le Pen et j’en passe ». « Je n’ai jamais demandé à personne d’être raciste et je ne pense pas nourrir de haine raciale », ajoutait-elle malgré plusieurs condamnations, dont certaines pour des propos tenus contre les musulmans.
Brigitte Bardot, qui avait incarné Marianne dans les années 1960, se revendiquait comme « conservatrice » en politique et « patriote ». La droite était, selon elle, « le seul remède urgentissime à l’agonie de la France », écrivait-elle dans son « BBCédaire » paru en 2025.
Jean-Marie Le Pen, « un homme charmant »
En 1996, dans sa biographie « Initiales B.B. », elle rendait hommage à Jean-Marie Le Pen, le qualifiant « d’homme charmant, intelligent, révolté comme moi par certaines choses » et ne cachait pas partager ses idées sur « la poussée terrifiante de l’immigration ». C’est chez lui qu’elle avait rencontré son quatrième mari, Bernard d’Ormale. En 2012, B.B. appelait les maires de France à parrainer Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, et annonçait son intention de voter pour cette « femme admirable ». Avant l’élection présidentielle de 2017, elle déclarait encore : « Marine Le Pen, je l’aime beaucoup et depuis longtemps ».
Brigitte Bardot, qui se disait « contre le vivre ensemble », voyait en elle une responsable politique capable de « reprendre la France en main, de remettre des frontières et de redonner la priorité aux Français ». « Le départ de Brigitte est un chagrin immense », a écrit Marine Le Pen sur X, tandis que Jordan Bardella, président du RN, saluait une « ardente patriote ».
La dent dure avec les présidents
Dans le passé, Jean-Marie Le Pen et sa fille ont rendu hommage à l’ancienne actrice. « Les plages françaises sont celles de Bardot et Vadim », déclarait Marine Le Pen en pleine polémique sur le burkini à l’été 2016, évoquant le film « Et Dieu… créa la femme ». « La référence à Bardot est faite dans une perspective identitaire » qui permet au parti de gagner en légitimité, alors qu’il est généralement boudé par les artistes, expliquait en 2018 Sylvain Crépon, enseignant-chercheur en sciences politiques, à l’AFP.
Souvent reçue à l’Elysée, Brigitte Bardot pouvait être critique envers les présidents, qu’elle considérait comme insuffisamment engagés dans la protection des animaux. Invitée par Charles de Gaulle, elle était arrivée vêtue d’une veste à brandebourgs et avait été accueillie par un « Chic ! Un militaire ». Valéry Giscard d’Estaing, « son ami », l’avait « draguée », selon ses dires.
François Mitterrand, « maudit soit le jour de son investiture. […] Toute la détresse que nous subissons est la suite de son œuvre maléfique », déclarait-elle dans son « BBCédaire ». Quant à Jacques Chirac, elle le qualifiait de « roi des menteurs » qui « fait la course » avec Nicolas Sarkozy, assurait-elle dans une interview à France 2. Dans une lettre ouverte, elle critiquait encore l’« inutilité », la « lâcheté » et le « mépris des Français » d’Emmanuel Macron.
« Cause animale » avant tout
« Je juge les politiques à l’aune de ce qu’ils proposent pour la cause animale. C’est aussi simple que ça », disait-elle au Monde en 2017. « J’ai eu un espoir insensé quand le Front national a fait des propositions concrètes pour réduire la souffrance animale. Mais j’ai aussi sollicité (le chef de file de La France insoumise) Mélenchon […] Si demain un communiste reprend les propositions de ma fondation, j’applaudis et je vote », soutenait-elle.
La cause animale a souvent fait partie des programmes électoraux en France, pays d’Europe où vivent de nombreux animaux de compagnie, rappelait le politologue Sylvain Crépon. Toutefois, selon lui, Brigitte Bardot avait « une sémantique beaucoup plus proche du FN ».

