Mort d’Ayman al-Zawahiri : Les Etats-Unis ont-il tiré un missile « ninja » pour tuer le chef d’Al-Qaida ?

Une frappe véritablement chirurgicale. L’aube venait de se lever sur Kaboul, dimanche matin, quand deux missiles tirés depuis un drone américain ont frappé le balcon sur lequel le chef d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, venait de sortir, le tuant sur le coup. Mais le bâtiment ne porte pas de traces d’explosion et personne d’autre n’a été blessé dans l’opération, selon les responsables américains. Ces deux éléments laissent penser que les Américains ont fait usage du Hellfire R9X, un missile équipé de six lames en forme de rasoir, qui tranche à travers sa cible mais n’explose pas. Selon le New York Times, c’est d’ailleurs la CIA qui a coordonné la frappe, et pas le Pentagone.

Peu de dégâts

Des membres de la famille du dirigeant d’Al-Qaida étaient présents dans la maison, mais « n’ont délibérément pas été ciblés et n’ont pas été blessés », a précisé un responsable américain. Des photos montrent des fenêtres soufflées sur un étage, mais le reste du bâtiment, dont les fenêtres aux autres étages, sont toujours en place.

Une arme à l’existence non-confirmée

Jusque-là, les missiles Hellfire – tirés par des hélicoptères ou des drones – étaient connus pour leurs puissantes explosions et souvent, les dommages collatéraux qu’ils engendraient. La nouvelle arme mystérieuse utilisée par les Américains a été baptisée « Flying Ginsu » (le Ginsu volant), d’après une célèbre publicité télévisée des années 1980 pour des couteaux de cuisine de marque Ginsu, qui pouvaient couper proprement à travers des canettes en aluminium et restaient parfaitement tranchants. Egalement surnommé la « bombe ninja », le missile est devenu une munition de choix pour tuer les leaders de groupes djihadistes, tout en évitant de faire des victimes civiles. Officiellement, les Etats-Unis n’ont jamais confirmé son existence. Selon le Wall Street Journal, qui a été le premier à lui consacrer un article en 2019, le missile a commencé d’être produit au début des années 2010, sous Barack Obama.

Une douzaine d’utilisations suspectées

Son existence avait été supposée pour la première fois en mars 2017, quand un haut dirigeant d’Al-Qaida, Abu al-Khayr al-Masri, avait été tué par une frappe de drone alors qu’il se déplaçait dans une voiture en Syrie. Les photos à l’époque montraient un large trou à travers le toit de la voiture. L’intérieur du véhicule, dont ses occupants, avait été déchiqueté. Mais l’avant et l’arrière de la voiture semblaient complètement intacts. Depuis, une poignée d’attaques ciblées avait obtenu un résultat similaire : le site d’investigation Bellingcat en a recensé une douzaine.