« Morbius », « Venom », « Kraven »… Pourquoi y a-t-il autant de films sur les méchants de « Spider-Man » ?

Si un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, un bon super-héros implique souvent une bonne Némésis, un bon super-vilain. Comme Batman et le Joker. Le récent Spider-Man : Now Way Home avait ramené tous les ennemis de l’Homme-araignée, voire un peu plus, grâce au multivers : Docteur Octopus, le Bouffon Vert, Electro, le Lézard, l’Homme-sable, et même Venom le temps d’une scène post-générique. Ce dernier a d’ailleurs eu le droit à son propre film avec Tom Hardy en 2018 et à une suite en 2021. Or, d’autres Némésis de Spidey sont attendus sur grand écran, ce mercredi avec Morbiuspuis début 2023 avec Kraven le chasseur. Avant un hypothétique Sinister Six, les Avengers du mal ?

Des méchants pas si méchants

D’autres super-vilains se sont déjà illustrés en solo, à l’instar du Punisher ou de la Suicide Squad, mais il est plus raisonnable de parler d’anti-héros. C’est le parti pris du film Morbius, réalisé par Daniel Esponisa et interprété par Jared Leto. Le docteur Michael Morbius est atteint d’une maladie rare du sang, et lorsqu’il croit avoir trouvé un remède, il se transforme en vampire surpuissant mais assoiffé de sang. Introduit en 1971 comme adversaire de Spider-Man mais aussi de Blade, Morbius devient vite une figure tragique, un anti-héros, et en fait le héros de sa propre série de comics.

Bien qu’il puisse être considéré comme l’ennemi juré de Spider-Man, Venom ne renvoie pas du tout cette image dans son adaptation cinéma avec une approche comique, de buddy movie entre Eddie Brock et son symbiote. D’ailleurs, Venom, Morbius ou Kraven ne sont jamais les « vrais » méchants de leurs films, avec toujours une Némésis de Némésis si l’on peut dire. La bande-annonce de Morbius ne vend pas non plus un méchant ou un anti-héros mais « une nouvelle légende Marvel ».

Sony prête Spider-Man et se focalise sur les vilains

Alors qu’il a fallu huit films Batman avant d’avoir un film Joker, avec Joaquin Phoenix, la galerie des méchants de Spider-Man commence à prendre ses aises au cinéma. Ils auraient même dû arriver plus tôt en salle. En effet, c’est le moment de rappeler que contrairement aux autres super-héros Marvel, les droits cinéma de Spider-Man n’appartiennent pas à Disney/Marvel Studios mais à Sony. Après le reboot de 2012 avec Andrew Garflield, le studio comptait bien exploiter la licence à fond et voulait faire de The Amazing Spider-Man 2 la rampe de lancement à plusieurs spin-offs, consacrés aux Sinister Six, à Venom et Carnage ou encore Black Cat. Et ainsi créer leur propre univers, le Sony’s Spider-Man Universe, en parallèle au Marvel Cinematic Universe.

Un réservoir de 900 personnages liés à Spidey

Malheureusement, l’échec critique et public du film les oblige à revoir leurs plans. Sony décide de « prêter » Spider-Man à Marvel Studios, et ainsi l’intégrer au MCU, pour redorer son image, et de se focaliser, de leur côté, sur des films solos et indépendants des uns des autres. Le succès de Venom est le signe qu’ils attendaient, et ils relancent leurs projets, dont Morbius, Kraven le chasseur et toujours Sinister Six, que devait et doit toujours réaliser Drew Goddard (La Cabane dans les bois).

Reste que le multivers est passé par là, et que les SSU et MCU ne sont plus si imperméables l’un de l’autre, comme le prouve Spider-Man : No Way Home, mais aussi Morbius dans une énième et sacro-sainte scène post-générique. Sony détient les droits de près de 900 personnages liés de près ou de loin à Spider-Man, et peut-être autant de films et séries. Selon Tony Vinciquerra, le PDG de Sony Pictures Entertainment, « les 7-8 prochaines années du Sony’s Spider-Man Universe sont d’ores et déjà planifiées ».