Montpellier : Plusieurs fois primé, William Lambelet réalise des photos de mariages loin des clichés

Les photos, dans les  mariages, c’est un peu toujours la même chose. Les mariés, puis les mariés avec les parents, puis les mariés avec les amis. La sempiternelle photo de groupe. L’ouverture du bal. Et, enfin, la découpe du gâteau. Le photographe montpelliérain  William Lambelet, qui sillonne les noces depuis plus d’une dizaine d’années partout dans le monde, n’a, lui, jamais obéi à ces traditions.

Son travail lui a valu plusieurs récompenses, notamment, en 2017 et en 2021, le titre de Meilleur photojournaliste de mariage du monde décerné par la Wedding photojournalist association. « Je cherche à raconter la véritable histoire du mariage, confie cet ancien dessinateur dans l’aéronautique, biberonné aux magazines Geo ou National Geographic. Je fais très rarement des photos posées. D’ailleurs, quand les invités me regardent, parce qu’ils pensent qu’il faut, dans les mariages, regarder le photographe et sourire, je ne fais pas de photo. Ce n’est que lorsqu’ils m’oublient que je commence mon travail. » Comme un journaliste, avec une approche résolument documentaire.

Certains couples « découvrent des instants qu’ils n’avaient pas vus »

Ainsi, William Lambelet shoote un enfant qui fait des galipettes pendant l’échange des consentements, les mariés qui essuient leurs larmes, une mariée hilare au moment de fermer sa robe, son futur compagnon qui galère un peu avec les boutons de manchette, un trompettiste en transe pendant le bal, un baiser à l’arrière d’une 2 CV ou une séance d’ajustement de nœuds papillons arrosée d’une bonne bouteille de vin.

« Je rencontre bien sûr les futurs mariés avant, pour leur expliquer ma démarche, confie le photographe. Pour être sûr que ça corresponde réellement à ce qu’ils recherchent. Les couples qui adhèrent à ce que je propose veulent des photos qui leur ressemblent. Ils veulent revivre les moments vrais de leur mariage, pas les moments créés par un photographe. » D’ailleurs, bon nombre de couples, en feuilletant l’album de leur union, « découvrent des instants qu’ils n’avaient pas vus », poursuit William Lambelet.

L'une des photos de mariage qui a valu un prix à William Lambelet
L’une des photos de mariage qui a valu un prix à William Lambelet – William Lambelet

Un côté « photo de rue »

William Lambelet a réalisé les photos du mariage de Nastasia, l’été dernier. Cette journaliste et photographe à Washington souhaitait absolument faire appel à un confrère avec un style « proche de la photo de presse ». « Ce que j’aime, dans son travail, c’est le côté « photo de rue », qui rappelle Robert Doisneau et les grands photographes de rue français », explique-t-elle. « Ce sont des photos très différentes de ce que les photographes proposent habituellement. Pas de poses, des moments drôles ou d’émotion… Je voulais quelqu’un qui raconte l’histoire de mon mariage. »

Cette nouvelle façon d’aborder les photos de mariage est un courant « qui vient des Etats-Unis », note le Montpelliérain, et qui commence à connaître un véritable essor en France. William Lambelet est de plus en plus sollicité, par des futurs mariés, mais aussi des photographes, qui souhaitent être formés à cette nouvelle approche.

« Les couples ont de moins en moins envie de subir la photographie durant leur mariage »

« C’est une tendance qui a cours depuis un peu plus de dix ans, confie Nessa Buonomo, fondatrice du blog La mariée aux pieds nus, qui livre de précieux conseils aux futurs mariés. Les couples ont de moins en moins envie de subir la photographie durant leur mariage, avec un exercice un peu imposé, des images un peu posées ».

Ils recherchent « quelque chose de plus spontané, de plus authentique, des moments pris sur le vif, note-t-elle. Mais finalement, aujourd’hui, il n’y a plus tant de photos posées que ça, mis à part quelques photos de couples ou de groupes. Mais elles restent tout de même assez essentielles, parce que ce sont des images qui resteront, aussi. Même si on n’en veut pas une quarantaine, avec tous les oncles et les cousins, en avoir deux ou trois, c’est assez chouette, comme souvenirs. » Pour le plus grand plaisir de mamie.