Montpellier: Le vin biologique, étoile montante de la viticulture

En adoptant la filière bio, les viticulteurs du Cour Saint-Vincent, au nord de Montpellier, ont permis le retour de la biodiversité. — Cour Saint-Vincent

  • Le vin bio tient son salon Mondial (Millésime Bio) à Montpellier jusqu’à mercredi.
  • La part de marché du vin biologique en France ne cesse d’augmenter dans un marché en souffrance. Elle reste faible (3,85 %) mais le volume produit progresse de 15,1 % par an, quand la consommation totale baisse de 2 % chaque année.
  • A Saint-Vincent-de-Barbeyrargues, une petite commune de l’Hérault, le domaine de Cour Saint-Vincent est entrée en conversion en 2007 et travaille depuis sous l’appellation biologique.
  • «C’est moins confortable. Il y a un peu plus de travail, mais jamais on n’a envisagé de revenir en arrière. C’est une démarche philosophique», expliquent les deux viticulteurs, Francis Bouys et Stephan Terraza.

« C’est une philosophie. J’en avais marre de m’empoisonner et d’empoisonner les clients. On ne pouvait plus continuer comme ça. » Au début des années 2000, lorsque Francis Bouys a décidé de passer à l’agriculture biologique, sa démarche n’avait rien d’un effet de mode. Il est entré en conversion en 2007. Depuis, le Cour Saint-Vincent produit du vin biologique.

Le domaine de 10 ha est situé à quelques encablures du Pic Saint-Loup, dans le village de Saint-Vincent-de-Barbeyrargues, au nord de Montpellier. « Il y a un peu plus de travail du sol, beaucoup de travail à la main, un peu plus de personnel saisonnier, détaille Stephan Terraza, qui a repris l’exploitation de son beau-père. Mais les vignes respirent tellement mieux. Toute la biodiversité qui avait disparu est revenue. On travaille d’ailleurs avec des apiculteurs locaux. »

« Je n’ai plus peur de laisser mes enfants manger le raisin dans mes vignes »

Les rendements restent faibles, de l’ordre de 20 à 25 hectolitres par hectare. Ils sont soumis aux aléas climatiques et notamment aux attaques du mildiou, ce parasite qui s’en prend aux vignes en périodes de chaleur et de forte humidité. Comme en 2018. Mais jamais ils n’ont envisagé un retour en arrière. « Le début est lent et difficile. Mais il faut s’accrocher, car la nature nous apporte la récompense », reprend Stephan Terraza.

« Bien sûr, c’est moins confortable. Cette année, j’ai fait des traitements avec la machine à dos, parce que je ne pouvais pas entrer dans les vignes autrement à cause des pluies, explique-t-il. Mais je préfère être là, surveiller l’apparition éventuelle des maladies, que pulvériser des produits chimiques et les respirer. Je n’ai plus peur de laisser mes enfants venir manger le raisin. »

Salon mondial pour un marché en pleine expansion

En France, le marché se porte à merveille. Sa part de marché reste faible (3,85 % en 2017). Mais alors que la consommation de vin traditionnel baisse de 2 % par an depuis 2012, celle du vin bio croît chaque année de 15 %. La valeur de ce marché en France devrait dépasser 1,61 milliard d’euros et peser 8 % de part du marché, d’ici à 2022.

Le Cour Saint-Vincent est l’une des 5.835 exploitations viticoles bio en France (soit 10 % du vignoble). Jusqu’à mercredi, le vin bio tient salon au parc des expos de Montpellier. Millésime Bio se présente comme le plus grand salon de vin bio au monde. Pas moins de 1.123 exposants y représentent 20 pays. Parmi les viticulteurs français, 38 % viennent d’Occitanie, première région productrice de France. Près de 6.000 acheteurs sont attendus, 150 journalistes sont accrédités et une œnothèque de 700 cuvées est en libre dégustation.

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