Montpellier : De la réalité virtuelle pour diminuer l’anxiété des enfants à l’hôpital

Au CHU de Montpellier (Hérault), on ne ménage pas d’efforts pour diminuer l’anxiété des enfants avant une intervention. De petits bolides électriques les mènent jusqu’à la salle d’opération, et pour les IRM, ils grimpent dans un faux scanner, aux allures de fusée. L’établissement s’est doté, avant l’été, d’un nouvel outil, pour rassurer les plus jeunes : quelques jours avant l’opération, les enfants de 7 à 16 ans ont désormais la possibilité de s’immerger, grâce à un casque de réalité virtuelle, dans leur parcours, jusqu’au bloc opératoire. Un voyage virtuel réalisé au sein de l’établissement, dans une petite pièce aménagée spécialement. C’est le laboratoire d’innovation de Sanofi à Montpellier, le 34 Bis, et les experts en réalité virtuelle de Capgemini, qui ont mis au point cette solution.

La vidéo en réalité virtuelle permet aux jeunes patients de comprendre son parcours jusqu'au bloc.
La vidéo en réalité virtuelle permet aux jeunes patients de comprendre son parcours jusqu’au bloc. – Sanofi

« La grosse problématique, en pédiatrie, pour les enfants qui vont au bloc opératoire, c’est l’anxiété, confie le médecin Chrystelle Sola, anesthésiste et réanimatrice au CHU. Pour eux, le plus dramatique, c’est toutes les ruptures qu’il va y avoir dans leur parcours hospitalier. La rupture du temps, parce que la journée ne sera pas la même que la veille, on n’est pas à l’école, et on sent bien que papa et maman sont un peu angoissés. La rupture géographique, parce qu’on est dans un lieu que l’on ne connaît pas. Et la rupture avec l’entourage, parce qu’on va devoir, à un moment, se séparer de sa famille. »

« Cette anxiété, il ne faut surtout pas la négliger »

Au CHU de Montpellier, bien sûr, il y a une équipe de puéricultrices rompues à la prise en charge des petits patients, qui savent les mettre à l’aise et désacraliser l’opération. Et il y avait bien, aussi, une vieille vidéo, filmée à l’épaule avec les moyens du bord, pour montrer le bloc opératoire. Mais franchement pas très fun. En enfilant le casque de réalité virtuelle, l’enfant est ainsi plongé dans un petit dessin animé 3D, qui l’entraîne dans les couloirs du CHU, avec le personnel, et file au bloc opératoire, « d’une manière extrêmement réaliste, note Chrystelle Sola. Ainsi, l’enfant sait ce qui va se passer. »

Car l’anxiété des patients, et en particulier des enfants, avant une intervention chirurgicale, n’est pas anodine. Trop stressés, les plus jeunes peuvent moins bien supporter l’opération, ou « passer plus de temps à l’hôpital, voire, même, développer des troubles du comportement à la maison, comme des angoisses de séparation », explique Chrystelle Sola. « Cette anxiété, il ne faut surtout pas la négliger. »

Les premiers enfants, qui ont pu tester le dispositif au CHU, sont « archi ravis ». « Ils en redemandent », sourit le médecin, qui rapporte quelques réactions des petits patients une fois le casque retiré : « J’ai trouvé ça super ! », « C’était trop court ! », « Ça m’a enlevé du stress ! ». Le dispositif testé à l’hôpital de Montpellier sera étudié, et devrait prochainement faire l’objet d’une publication scientifique, afin d’évaluer l’impact de la réalité virtuelle sur les enfants avant les opérations. Et sur ses parents.