Montpellier : Carbonne rappe « la vie d’un petit gars qui trace sa route »

Carbonne a mis les gaz. Le rappeur montpelliérain a dévoilé, cet automne, un épatant premier EP, Aux aurores, où il questionne le monde et son existence sur des sonorités électroniques, aériennes ou up-tempo. Il le défendra sur la scène du Zénith-Sud, samedi (17 heures-minuit), pour le point d’orgue du festival Yung Fest, aux côtés de Jiddy Bruh, Josman, Benjamin Epps, Gazo, Koba Lad et Gambi.

Alors qu’il était encore au collège, ce fana de Diam’s noircissait des cahiers entiers avec des textes revendicatifs. Sans savoir que quelques années plus tard, il prendrait le micro, pour de vrai, devant des milliers de spectateurs. « J’ai commencé la batterie quand j’avais quatre ou cinq, dans une école de musique, confie Carbonne. En parallèle, je me suis mis au piano, en autodidacte, parce qu’il y en avait un chez moi. Sans prendre de cours. J’ai appris à composer à l’oreille. Je m’y mettais pour faire mes premières instrumentales. » Sans, jamais, dévoiler ses morceaux au grand jour.

« Le passage sur Skyrock, c’est fou »

Ce n’est qu’après une année en Australie, après le lycée, que Carbonne a décidé de sortir du bois. « J’ai cogité, cogité… Et je me suis dit, qu’une fois rentré, je m’y mettrais », se souvient le rappeur. Il entame, toutefois, « histoire d’avoir un bagage », des études économiques, en 2019. « Plus j’approchais de la fin de ma licence, plus la musique prenait de l’importance, pour moi. J’ai validé ma licence, et j’ai attaqué. »

C’est, pour le jeune rappeur, par les réseaux sociaux que le succès est arrivé. Sur Facebook, sur Instagram, et sur YouTube, il poste des freestyles, qui font mouche. Puis le Graal est arrivé. A l’automne 2019, la radio Skyrock, séduite par ses posts, l’invite à performer, par téléphone, dans le Planète Rap de Djadja & Dinaz. « Je l’ai fait, ils ont kiffé. C’était un mardi ou un mercredi, et ils m’ont dit, « Si tu es motivé, viens en live, vendredi soir ! ». J’ai dit « J’arrive ! » Le passage sur Skyrock, c’est fou. Ce sont des locaux mythiques. » Dans un studio blindé et enfumé, Carbonne cartonne.

Des premières parties de Youssoupha ou Lorenzo

Il ne lâchera plus le micro. Youssoupha, Lorenzo ou Dosseh l’invitent à assurer leurs premières parties. « Ça m’a aidé à me forger, sur scène, confie-t-il. J’avais la pression, c’est vrai. Quand tu fais une première partie, le public ne vient pas pour toi. Je me suis adapté, en fonction du style de l’artiste. Mais je restais moi-même. Ça, c’est toujours super bien passé. Grosses connexions. J’ai encore des spectateurs qui m’envoient des messages pour me dire qu’ils me suivent depuis la première partie de Lorenzo. »

Puis le Covid-19 est arrivé, le privant, comme les autres artistes, de concerts. « Je me suis qu’on ne savait pas combien de temps ça allait durer. Il fallait que je trouve un autre moyen, pour partager ma musique. » Confiné, Carbonne a mis les bouchées doubles sur Internet, et est parti à la conquête de Tik Tok, où l’un de ses titres, Bla Bla, est rapidement devenu viral. Lui assurant une formidable vitrine pour son univers, qu’il présente, dans son premier EP, fêté à la Boule noire, à Paris, en décembre.

« Quand tu m’écoutes, tu écoutes la vie d’un petit gars de Montpellier, qui trace sa route »

« Carbonne, je l’ai découvert au festival Tropisme, confie Thomas Raider, le programmateur du Yung Fest. Il faisait une petite prestation, sur une petite scène à la Halle Tropisme. J’ai tout de suite apprécié son style. Puis il y a eu un feeling. » Les textes revendicatifs de son adolescence ont laissé place, aujourd’hui, à un rap incisif, mais carrément plus posé. Alternant un flow tranchant, et des mélodies plus douces.

Dans ses chansons, il expose son ressenti, « par rapport à ma vie, confie-t-il. Je parle beaucoup du passé, de mon enfance. De la mort, parfois. Du temps qui passe. C’est simple, mais ça me matrixe. De l’amour, des sentiments, aussi. Quand tu m’écoutes, tu écoutes la vie d’un petit gars de Montpellier, qui trace sa route. » Carbonne dévoilera d’ailleurs, samedi, au Yung Fest, MTP, un morceau où il parle de sa ville de cœur.