Montpellier : A l’abandon, la maison d’été de Frédéric Bazille va être rouverte au public et aux artistes

« Petite, j’ai fait les 400 coups ici ! », sourit une habitante, évoquant ses souvenirs d’enfant, dans le jardin de la maison du Domaine de Méric, à Montpellier (Hérault). Ce prestigieux mas du XIXe siècle, resté à l’abandon, en proie aux intempéries, pendant des années, est aujourd’hui fermé aux promeneurs. Ce n’est pourtant pas une résidence comme les autres : ce fut la résidence d’été de la famille du peintre montpelliérain Frédéric Bazille, précurseur de l’impressionnisme.

L’artiste a d’ailleurs maintes fois représenté cette maison dans ces tableaux. C’est ici, notamment, à l’ombre d’un marronnier qui n’a pas bougé depuis la réalisation de son œuvre, entre 1867 et 1868, qu’il a immortalisé sa Réunion de famille. Plus étonnant encore, dans cette maison au bord du Lez, au deuxième étage, subsistent toujours les inscriptions de la mère de l’artiste, qui mesurait année après année, toute la famille, sur l’encadrement d’une porte. Cette maison, Michaël Delafosse (PS), le maire et président de la métropole de Montpellier, veut lui offrir la réhabilitation qu’elle mérite.

Dans la maison du domaine de Méric, résidence d'été des Bazille, à Montpellier.
Dans la maison du domaine de Méric, résidence d’été des Bazille, à Montpellier. – N. Bonzom / Maxele Presse

La « Villa Bazille »

Son prédécesseur, Philippe Saurel (divers gauche), avait annoncé, en 2019, sa restauration. Il avait évoqué la possibilité d’y installer un petit musée, une résidence pour y accueillir les représentants des villes jumelles, ou diverses manifestations culturelles. Son successeur, lui, après avoir un temps proposé d’y installer un musée sur Bazille, souhaite désormais en faire une résidence d’artistes. « A la fin du mandat qui m’a été confié » (2026), cette maison deviendra « la Villa Bazille », confie Michaël Delafosse.

« Les artistes effectueront ici un travail de production, et leur travail sera présenté aux Montpelliérains. Un musée aurait représenté des coûts plus importants. Il y aura d’autres moyens de valoriser les œuvres de Frédéric Bazille. Le meilleur hommage que l’on puisse rendre à ce jeune peintre, c’est de faire que d’autres artistes travaillent dans ce lieu. L’enjeu pour Montpellier, c’est d’être une ville d’hospitalité, pour les artistes. »

Ce lieu prestigieux sera, aussi, rouvert aux promeneurs, alors que c’est, aujourd’hui, le seul lieu tenu sous clé du domaine de Méric, un site particulièrement prisé par les Montpelliérains. La réhabilitation de la bâtisse coûtera 4,5 millions d’euros, explique le maire. « Il y a de gros travaux de patrimoine, note l’élu. Ma grande colère, c’est que l’inertie fait que ça coûte plus cher. Les choses auraient dû être engagées plus tôt. C’est une bâtisse qui a traversé les siècles. Aujourd’hui, elle prend l’eau. »