Missile en Pologne, Iran et Chine… L’essentiel de la prise de parole d’Emmanuel Macron au G20

S’exprimant ce mercredi matin lors d’une conférence de presse en clôture du sommet du G20 en Indonésie, Emmanuel Macron a évoqué la guerre en Ukraine mais aussi ses relations avec la Chine. La réunion des chef d’Etat a été bousculée par la chute de missiles en Pologne, à l’origine encore non confirmée. Forcément le président français a été interrogé sur le sujet et a relativisé les informations attribuant ces tirs à la défense anti-aérienne ukrainienne. Dans la foulée, il a également appelé l’Iran « au respect de la stabilité régionale », évoquant « les bombardements ces derniers jours sur le sol irakien ». De Kiev à Moscou en passant par Téhéran et Pékin, le président français a fait tour des relations franco-reste du monde. 20 Minutes vous fait le récap’ de l’intervention d’Emmanuel Macron. 

« Un espace de convergence » sur la guerre en Ukraine

« Il existe un espace de convergence y compris avec les grands émergents, la Chine et l’Inde, pour pousser la Russie à la désescalade », a insisté Emmanuel Macron. Malgré les divisions entre ses membres, « le G20 n’a pas détourné le regard de la guerre en Ukraine », a-t-il ajouté avant de poursuivre : « La Russie doit désormais entendre le message qui lui a été très clairement envoyé par la communauté internationale ici réunie et revenir à la table des négociations. »

Emmanuel Macron a indiqué avoir appelé le président ukrainien Volodymyr Zelensky après « une journée terrible pour l’Ukraine et le peuple ukrainien », avec « plus de 85 missiles » ayant frappé des infrastructures civiles. Il a relativisé les informations attribuant la chute d’un missile en Pologne à la défense anti-aérienne ukrainienne : « aujourd’hui les circonstances ne permettent pas d’attribuer ces tirs, il y a des premiers travaux partagés par les Etats Unis mais il faut être prudent ».

Un « rôle de médiation plus important » de la Chine

Le président français Emmanuel Macron a asssuré mercredi souhaiter que la Chine, qui a refusé de condamner l’invasion russe en Ukraine, joue « un rôle de médiation plus important » dans la guerre. « La Chine peut jouer à nos côtés un rôle de médiation plus important dans les prochains mois » notamment pour « éviter des offensives encore plus fortes à partir de février », a-t-il déclaré. Et de préciser avoir discuté avec le président chinois Xi Jinping du « principe » d’une visite en Chine début 2023.

Pour une « intégration de l’Union africaine au G20 »

Le président français a assuré que Paris soutenait « l’intégration pleine et entière de l’Union africaine au G20 », au même titre que l’Union européenne en est membre, lors d’une conférence de presse. Emmanuel Macron a estimé qu’il s’agissait d’un « élément clé » de la recomposition des « règles de gouvernance des institutions internationales ». « Si nous voulons pleinement prendre en compte une solidarité à l’égard du Sud, nous devons accepter que l’Union africaine, comme l’Union européenne, soit autour de la table », a-t-il encore déclaré.

Le président français a également annoncé la tenue « en juin prochain à Paris » d’une « conférence internationale sur un nouveau pacte financier avec le Sud », avec le souhait de « créer les conditions d’un véritable choc de financement vers le Sud » car « nous ne devons nous ne pouvons pas demander à ces pays de soutenir le multilatéralisme, si celui-ci n’est pas en capacité de répondre à leurs urgences vitales ».

Il s’agira notamment de « faire un point d’étape » sur la réallocation des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI des pays riches vers les pays les plus pauvres. La France a « pris l’engagement, avec quelques autres, de pouvoir réallouer 30 % de nos droits de tirage spéciaux » aux « pays les plus fragiles », a précisé le chef de l’Etat en conclusion du G20 sous présidence indonésienne.

Et sur la restructuration des dettes des pays les plus fragiles ?

Emmanuel Macron a expliqué que la réunion du G20 mardi et mercredi avait « permis d’avancer sur le plan de la restructuration des dettes des pays les plus fragiles, qui est un élément clé de la solidarité ». « Nous devons sortir d’un statu quo pour les pays les plus pauvres et mobiliser massivement le secteur privé, en tout cas le mobiliser bien davantage pour la révolution énergétique, agricole et industrielle », en desserrant « une partie des contraintes dans l’accès au financement ».

« Nous devons, dans le cadre de ce nouveau pacte financier, également intégrer la question de la vulnérabilité climatique », a insisté le président français. Un « groupe de sages » en marge de la COP27 de Charm-el-Cheikh en Egypte a été « mandaté » pour « avancer techniquement » sur des « mécanismes financiers spécifiques », a-t-il détaillé.

Une « agressivité croissante de l’Iran »

Emmanuel Macron a dénoncé mercredi une « agressivité croissante de l’Iran » à l’égard de la France par « des prises d’otage inadmissibles », et appelé Téhéran à « revenir au calme et à l’esprit de coopération ». Le président français a également appelé l’Iran « au respect de la stabilité régionale », évoquant « les bombardements ces derniers jours sur le sol irakien ».

« La France a toujours respecté les dirigeants, le peuple iranien. Nous avons toujours été dans une approche de discussion, de respect. Je pense que les choix qui ont été faits ces derniers mois ne vont pas dans ce sens du côté de l’Iran. Donc j’appelle au retour au calme, au respect de la stabilité régionale, au respect aussi des ressortissants français », a ajouté Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron a salué « le courage et la légitimité » de « cette révolution des femmes et de la jeunesse iranienne », après des semaines de manifestation, et après la réception de dissidentes vendredi 11 novembre à l’Elysée fustigée par Téhéran : Ces femmes et ces jeunes « défendent nos valeurs, nos principes universels. Je dis + nos +, je ne parle pas de la France, ils sont universels, ils sont aussi ceux de notre Charte des Nations Unies : l’égalité entre les femmes et les hommes, la dignité de chaque être humain. » « Je pense qu’il était tout à fait légitime, là aussi, respectant pleinement la souveraineté de l’Iran, de saluer le courage et la légitimité de ce combat », a conclu le président français.