« Minute Papillon ! » : Pourquoi pleure-t-on (autant) la mort d’Elizabeth II ?

Une annonce, le 8 septembre 2022 : la reine Elizabeth II est décédée. Sur les réseaux sociaux, les télévisions, au micro de radios du monde entier, des milliers de personnes expriment leur chagrin. Plus de 20 millions de messages publiés en 24h sur Twitter, selon Visibrain, pour celle qui régna 70 ans au Royaume-Uni. Une tristesse partagée entre des Londoniens devant le  palais de Buckingham, le Premier ministre   canadien Justin Trudeau ou encore le  chanteur Elton John… Pourquoi pleure-t-on « collectivement » la mort d’Elizabeth II ? Pleure-t-on vraiment sa personne ? Ou nous-mêmes ? On en parle dans cet épisode de Minute Papillon ! avec Ariane Calvo, psychologue, psychothérapeute, autrice, notamment, de L’autonomie émotionnelle chez Robert Laffont (2022).

La fin d’un monde et une familiarité

Pourquoi cette émotion collective après le décès de la reine d’Angleterre ? « Cela vient avec la conjonction de la fin de tout un monde, souligne Ariane Calvo dans cet entretien. Covid-19, pandémie, crise climatique, guerre en Ukraine, récession, inflation. Les difficultés collectives (…) viennent nous chercher dans la sensation de deuil d’un monde dans lesquelles les choses étaient beaucoup plus insouciantes. La fin d’une insouciance du XXe siècle post-guerres mondiales, de l’abondance, de la liberté, des grands hommes et femmes politiques (…) qui incarnaient des symboliques fortes, aux comportements exemplaires. »

La psychologue relève aussi la familiarité du public avec la famille royale britannique, centre d’une importante médiatisation mais aussi de fiction, avec la série The Crown notamment. Un effet de familiarité alors que la famille royale a traversé des conflits et des chagrins, comme toutes les familles. « La tragédie du mariage difficile, des problèmes psychologiques, du divorce et du décès dramatique de Lady Di font qu’on a l’impression de partager leur vie, ce qui n’est évidemment pas le cas. Au-delà de la proximité géographique, il y a une proximité de compréhension (…) qui nous les rend très proches », ajoute Ariane Calvo.

Des pleurs qui soulagent

La psychologue note par ailleurs que la manifestation d’émotions, comme les larmes, est mieux acceptée en société aujourd’hui. Des larmes qui peuvent faire du bien. « Pleurer pour un deuil, je crois que cela nous fait du bien, estime Ariane Calvo. C’est une grande étape à passer. C’est une façon d’acter ce qui se passe, de réaliser, de comprendre l’absence, de comprendre ce que la personne nous a apporté, et qu’elle ne pourra plus apporter parce qu’elle n’est plus là pour le faire. »

Pour écouter gratuitement la suite de cet entretien, c’est dans le lecteur ci-dessus. Minute Papillon ! est le podcast d’actus de 20 Minutes. Vous pouvez l’écouter sur toutes les applications et plateformes d’écoute en ligne, comme Apple podcast, Spotify, Deezer ou Podcast addict par exemple. Pour nous écrire : audio@20minutes.fr