Migrants à Calais : Evacuation d’un campement, trois jours après des affrontements

Il y a trois jours, de violents affrontements avaient eu lieu avec les forces de l’ordre sur le même site. Des migrants ont été évacués, ce dimanche en début d’après-midi, d’un terrain qu’ils occupaient à Calais, a-t-on appris auprès des autorités et des associations.

Cette opération sur la base de la flagrance avait « deux objets », selon le procureur adjoint de Boulogne-sur-Mer, Patrick Leleu : mener à bien l’évacuation qui n’avait pas pu être réalisée jeudi en raison des heurts et « si possible procéder à des interpellations » en lien avec cet épisode.

« Représailles pour ce qu’il s’est passé jeudi »

Présente sur place, Emma du réseau inter-associatif Human Rights Observers (HRO) a dénoncé auprès de l’AFP une expulsion « vraiment violente », avec un très grand nombre de policiers et gendarmes, des gaz lacrymogènes utilisés « pour rien » et des migrants « coursés pour qu’ils ne puissent pas prendre leurs affaires ».

« Il y a eu une annonce au mégaphone (de l’expulsion, ndlr) par le commissaire de Calais, en français, et, deux minutes après, le cordon de CRS s’est formé, personne n’a eu le temps de récupérer quoi que ce soit, toutes les tentes, sauf une ou deux, ont été saisies ! » a-t-elle dénoncé, estimant qu’il s’agissait de « représailles pour ce qu’il s’était passé jeudi ».

Affrontements entre forces de l’ordre et migrants

La militante a fait état de trois arrestations, un chiffre non confirmé par le parquet en début d’après-midi. Selon elle, environ 200 migrants, majoritairement Soudanais et souvent mineurs, vivaient dans ce campement, déjà démantelé il y a plusieurs semaines.
Le site est situé près d’un rond-point où des migrants tentent régulièrement de monter à bord de poids-lourds dans l’espoir de pouvoir rallier le Royaume-Uni.

Jeudi matin, des affrontements avaient éclaté entre forces de l’ordre et migrants lors d’une tentative de démantèlement de ce campement. HRO avait alors déjà dénoncé que les migrants aient été empêchés de récupérer les effets personnels. Alain Castanier, secrétaire général de la préfecture du Pas-de-Calais, a fait état de « 15 policiers et 8 gendarmes blessés » ce jour-là, dont un policier toujours hospitalisé dimanche, à la suite d’une fracture ouverte du tibia.