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Mexique : « Les cartels n’ont pas d’intérêt à faire fuir les étrangers »

La situation est instable dans une partie du Mexico après l’abattage de Nemesio Oseguera, alias El Mencho, chef du cartel Jalisco Nueva Generación, ce dimanche. Le Quai d’Orsay a communiqué, ce dimanche, sur des opérations de l’armée en cours dans l’Etat du Jalisco, demandant aux ressortissants français de faire preuve de la plus grande prudence et de rester confinés pendant ces opérations.


La situation est actuellement instable dans certaines régions du Mexique. Suite à l’assassinat du baron de la drogue Nemesio Oseguera, connu sous le nom d’El Mencho, le chef du puissant cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), ce dimanche, le CJNG a riposté avec violence en bloquant des routes et en incendiant des véhicules dans l’État de Jalisco, dans l’ouest du pays, ainsi que dans d’autres États mexicains.

Quelles sont les recommandations et informations, ce lundi après-midi, pour les Français vivant sur place et pour les touristes présents ou prévoyant de s’y rendre ? Voici le point de la situation.

« Aller dans le premier hôtel qu’ils trouvent et y rester »

« Mes amis vivant à Puerto Vallarta ont très peur et restent confinés. Ils ont vu beaucoup de fumée et ont reçu l’ordre de rester chez eux », déclare Isabeau Rossignol, administratrice du groupe Facebook Les Français au Mexique, qui compte 50 000 abonnés. En résidence au Mexique depuis onze ans, elle a vécu deux ans près de Puerto Vallarta et habite maintenant à Mérida, « une partie du Mexique très sécurisée », selon elle.

Le Quai d’Orsay a publié un communiqué dimanche, indiquant que des opérations militaires se déroulent dans l’État de Jalisco (y compris à Guadalajara, Puerto Vallarta et Tapalpa). « Des affrontements armés, des barrages routiers et des incendies de véhicules ont été signalés », précise le communiqué. Il est conseillé aux ressortissants français, résidents ou de passage dans cet État, de faire preuve de la plus grande prudence et de rester confinés pendant ces opérations.

Les touristes ont été confinés dans leurs hôtels. « Certains ont même reçu l’instruction d’aller dans le premier hôtel qu’ils trouvaient et d’y rester », témoigne Isabeau Rossignol. Dans les États voisins tels que Michoacán, Guanajuato, Nayarit, Colima, Aguascalientes et Tamaulipas, le ministère des Affaires étrangères recommande également à ses ressortissants de faire preuve de « la plus grande prudence ».

Seules des « zones précises » sont concernées

« Nous sommes parfaitement en sécurité à Playa Del Carmen (État de Quintana Roo) », écrit une Française au Mexique pour rassurer sa famille. « Oui, il y a des conflits armés et l’État de Jalisco est en alerte rouge. Mais tout cela se passe à l’opposé d’où nous sommes. » Pierre, guide dans l’État de Quintana Roo, confirme qu’il se sent en sécurité. « Quelques voitures ont brûlé dimanche, mais rien de bien méchant », témoigne-t-il auprès de 20 Minutes. « Il pourrait y avoir quelques blocages aujourd’hui, mais rien de trop inquiétant ».

Le pays est vaste, environ quatre fois la superficie de la France, et les violences sont localisées, surtout dans l’État de Jalisco. Bien que Puerto Vallarta, épicentre des violences, soit également une destination touristique, les lieux les plus visités se trouvent beaucoup plus loin, notamment autour de la Riviera Maya (Cancún, Playa del Carmen et Tulum) ou encore à Acapulco ou Veracruz, dans le golfe du Mexique. « Les seuls vols suspendus sont ceux de l’aéroport de Puerto Vallarta », assure Isabeau Rossignol.

Depuis dimanche, elle reçoit de nombreuses sollicitations de Français prévoyant un voyage au Mexique. « Je leur laisse vraiment le choix », écrit-elle, soulignant que les zones touchées par la violence sont « très ciblées ». Elle observe que les touristes modifient souvent leur itinéraire sans annuler complètement leur voyage. « Ceux qui avaient prévu de se rendre à Puerto Vallarta se dirigent plutôt vers la côte, près de Mérida, par exemple. »

Isabeau Rossignol, qui précise ne pas travailler dans le secteur touristique, décrit un pays généralement calme. « Il peut y avoir des alertes localisées, souvent dans des zones frontalières, mais cela s’apaise rapidement. Et cela ne touche jamais les étrangers. Les cartels n’ont aucun intérêt à faire fuir les étrangers. »