Meurtre d’un prêtre en Vendée : « L’Etat français a été au rendez-vous », se défend Gérald Darmanin

Une enquête pour « homicide volontaire » a été ouverte après la mort en Vendée d’un prêtre catholique appartenant à la communauté des Missionnaires montfortains, a confirmé ce lundi soir le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à Saint-Laurent-sur-Sèvre, là où le corps sans vie du religieux a été découvert en début de journée. « S’en prendre à un homme d’Église c’est s’en prendre à l’âme de la France », a lancé Gérald Darmanin, précisant qu’il voulait que « toute la vérité soit faite sur cet acte odieux ».

Le ministre s’est ensuite exprimé sur le profil du suspect : Emmanuel A., un Rwandais de 40 ans, ancien bénévole du diocèse de Nantes, déjà défavorablement connu de la justice puisqu’il a avoué l’été dernier avoir mis le feu à la cathédrale de Nantes. Placé sous détention provisoire depuis sa mise en examen fin juillet 2020 pour incendie volontaire, ce demandeur d’asile avait été libéré, sous contrôle judiciaire, en juin, avec interdiction de revenir en Loire-Atlantique. Il s’est présenté de lui-même à la gendarmerie ce lundi matin, expliquant être l’auteur du crime.

« Il ne pouvait pas quitter la France avant son procès »

« Certains ont cédé à la tentation de la polémique, à la tentation de la démagogie, alors que l’esprit de ce prêtre n’était pas encore en paix », a commenté Gérald Darmanin en faisant allusion, notamment, à Marine Le Pen. « Ce que je peux vous dire c’est que cette personne [Emmanuel A.] a fait l’objet de trois arrêtés de reconduite à la frontière depuis son arrivée illégale sur le territoire national en 2012. Le ministère de l’intérieur et l’Ofpra ont refusé sa demande d’asile. Puis deux décisions administratives ont été prises par le préfet pour le reconduire à la frontière et ces deux décisions ont été cassées par le tribunal administratif. Une troisième décision a été prise en 2019 et nous attendions le retour du tribunal. Entre-temps, à la suite de l’incendie de la cathédrale de Nantes, cette personne se trouvait en détention provisoire puis sous contrôle judiciaire. Ce contrôle judiciaire prévoyait que le prévenu ne pouvait pas quitter la France en attendant son procès. Il était bien normal que le ministère respecte ce contrôle judiciaire. »

Gérald Darmanin a précisé que le suspect a suivi un soin psychiatrique « à sa demande » après sa remise en liberté en juin. Il était ensuite accueilli au sein de la communauté religieuse des Missionnaires montfortains. « La charité, l’esprit d’accueil de l’Eglise, est un point d’honneur que nous devons saluer », considère le ministre, qui a également confirmé que le suspect était « inconnu des fichiers de radicalisation » et n’était « pas musulman ».

« Je regrette les polémiques inutiles »

« Je regrette les polémiques inutiles, a insisté Gérald Darmanin en conclusion de sa prise de parole. L’Etat français a été au rendez-vous. Il n’a pas accordé de papiers à cette personne et lui a demandé de quitter le territoire national. »

Selon les premiers éléments, la victime est décédée après avoir reçu des coups, d’après une source policière. L’autopsie permettra de préciser les causes de la mort.

L’évêque de Luçon (Vendée) a évoqué sa « stupeur » et sa « tristesse ». Le président Emmanuel Macron a exprimé toute sa « sympathie » à la communauté religieuse des Montfortains.