Meurtre de Magali Blandin : Pourquoi sa plainte pour violences conjugales a-t-elle été classée sans suite ?

Le procureur de la République Philippe Astruc ici lors d’une conférence de presse au sujet du meurtre de Magali Blandin près de Rennes. — AFP
  • Tuée par son mari à coups de batte de baseball, Magali Blandin avait déposé plainte pour violences conjugales.
  • La plainte avait été classée sans suite, ce qui a suscité l’indignation de nombreux responsables politiques après le drame.
  • Le procureur de la République de Rennes explique ce mardi pourquoi la plainte avait été classée.

L’émotion a laissé place à la colère après le meurtre de Magali Blandin, tuée par son mari qui « ne supportait pas qu’elle le quitte ». Depuis la découverte du corps de la mère de famille dans la nuit de vendredi à samedi à Boisgervilly (Ille-et-Vilaine), de nombreux responsables politiques critiquent la justice qui avait classé sans suite une plainte pour violences conjugales déposée en septembre par la victime. « Elle a été tuée à coups de batte de baseball. De batte de baseball. Elle avait déposé plainte pour violences. La plainte avait été classée sans suite. En fait, rien ne change. C’est désespérant et révoltant », a écrit sur Twitter Laurence Rossignol, sénatrice socialiste et ancienne ministre.

Ne voulant « polémiquer avec quiconque », le procureur de la République de Rennes a tenu à expliquer ce mardi pourquoi la plainte avait été classée. « Dire que la justice ne fait pas son travail et que rien ne change, c’est très injuste », a-t-il déclaré à l’AFP. A l’été 2020, Magali Blandin, éducatrice spécialisée, annonce à son mari qu’elle va prendre un compte en banque personnel, décision qui tend les relations dans ce couple qui a quatre enfants. Le 2 septembre au soir, lors d’une discussion animée, « elle dit qu’il soulève le banc et qu’elle tombe sur les fesses en arrière ». Le lendemain, elle dépose plainte à la brigade de Montauban-de-Bretagne et le mari est placé en garde à vue, tandis que les quatre parents du couple seront entendus.

Un accompagnement social mis en place après la plainte

Magali Blandin « passe le protocole, va à l’institut médico-légal. Un certificat médical ne constate pas de lésions physiques », explique Philippe Astruc. « Elle évoque aussi des faits en 2005 2013, 2019, 2020 et le caractère autoritaire de son mari, et dit « généralement, les violences, ce sont plus des bousculades, des insultes en tout genre, des dénigrements ». Le mari, qui reconnaît avoir soulevé le banc, « dit qu’il est victime de violences physiques de la part de sa femme, ce que Mme Blandin reconnaît et ce que dans la procédure civile, les enfants confirmeront ».

Aussi, le magistrat, qui décide du classement, considère que « l’intensité de ce fait-là ne justifie pas un renvoi devant le tribunal correctionnel ». « Étant donné une approche égalitaire du droit (…), il aurait fallu naturellement poursuivre Mme Blandin pour les violences, reconnues, qu’elle a pu exercer sur son mari », souligne Philippe Astruc. « Le choix qui a été fait a été plutôt de mettre en place un accompagnement social », ajoute Philippe Astruc, avec entretien avec un psychologue, saisie de deux associations d’aide aux victimes et accompagnement de l’intervenant social en gendarmerie.

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