France

« Mets un masque ou rentre chez toi » : les employés malades contaminent les autres

Selon un article, 27 % des jours de maladie se traduisent par une présence au travail, d’après la Dares, le service statistique du ministère du Travail. Aurélien, 35 ans, note que « le réflexe du port du masque n’a pas survécu plus de quelques semaines après la fin de l’épisode Covid ».

Nous allons aborder les comportements irritants dans les transports en commun et au travail. Par exemple, la personne qui diffuse des vidéos à plein volume dans le bus, l’automobiliste qui klaxonne sans raison alors que le feu est encore rouge, ou encore le spectateur de cinéma qui mange des pop-corns la bouche ouverte. Cet article s’intéresse donc à ces comportements, que l’on pourrait qualifier de désagréables.

L’idée est simple : examiner ces petits gestes agaçants qui touchent tout le monde. En effet, « nous sommes tous le relou de quelqu’un ». Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur ceux qui viennent travailler alors qu’ils sont malades.

Le comportement agaçant

Il est important de préciser dès le départ que de nombreux travailleurs n’ont pas la possibilité de rester chez eux lorsqu’ils sont malades (ou de prendre un arrêt maladie). Cela peut être dû à un contrat instable, à une forte pression de la part de leur supérieur ou à la nature de leur travail. Les personnes qui ne se trouvent pas dans ces situations sont celles que nous qualifions de relous. Ces individus, d’une générosité douteuse, semblent aimer partager leurs microbes.

En venant au travail dans cet état, ils ne se gênent pas pour renifler régulièrement, éclabousser l’open space chaque fois qu’ils éternuent ou déranger leurs collègues en produisant des bruits désagréables en utilisant un mouchoir. Ils agissent ainsi au milieu d’un open space, entourés de collègues qui ne sont pas (encore) malades.

Aurélien*, 35 ans, fait partie de ce groupe. « Je dois avouer que le réflexe de porter un masque n’a duré que quelques semaines après la fin de l’épidémie de Covid », constatant que « le sérieux collectif sur le sujet a diminué, car plusieurs collègues ont eu des symptômes similaires. »

Pourquoi cela agace-t-il tant ?

Aller au travail, c’est déjà être entassé dans le métro ou coincé dans des embouteillages à une heure matinale, tout en écoutant des plaintes de collègues qui sont « déjà fatigués » alors qu’ils rentrent de vacances. Mais si, en plus, cela débouche sur une grippe, c’est trop.

Pourquoi ce comportement nous irrite-t-il alors ? À chaque toux, on imagine les microbes se propager dans l’air. La personne malade va ainsi contaminer une autre, qui à son tour en contaminerait une autre, et ce cycle peut perdurer indéfiniment. Ce phénomène se propage jusqu’à atteindre votre propre personne.

Morgane, salariée dans une agence de communication, 33 ans, trouve ce comportement « horripilant » car « depuis le Covid, nous avons appris les gestes barrières ». « Il suffit de porter un masque et de se laver les mains, cela ne demande pas tant d’efforts. Ce qui m’irrite, c’est que ces personnes n’ont pas de considération pour les autres. On ne sait pas l’état de santé de nos collègues. Certains peuvent être immunodéprimés ou avoir des proches vulnérables. »

Les justifications des relous

Après avoir exprimé son agacement envers ces relous, l’auteure de cet article admet qu’elle est elle-même venue travailler un lundi avec un gros rhume. Pourquoi ? Parce que passer une semaine isolée en télétravail peut entraîner une déprime. L’ambiance avec ses collègues est appréciable. De plus, se motiver au bureau est souvent plus facile que de rester seul dans son appartement à deux pas de son lit.

Pour Aurélien, « l’idée que les dossiers doivent avancer » prime « sur les précautions à prendre ». Luc*, 65 ans, continue à travailler dans sa tour de la Défense même lorsqu’il se sent mal. Considère-t-il que cela risque de contaminer ses collègues ? « Je pense qu’en restant à distance, cela ne doit pas être contagieux », avant d’évoquer une fois où quelqu’un l’a accusé d’être à l’origine de sa maladie. Luc a pris cela à la légère et n’a pas réagi.

Que disent les études ?

Beaucoup semblent concernés, selon un rapport de la Dares – le service statistique du ministère du Travail – qui indiquait en 2016 que 27 % des jours de maladie se traducent par une présence au travail. Toutefois, cela varie selon les profils : « Les salariés qui signalent de mauvaises relations avec leur hiérarchie, un travail intense ou un sentiment d’insécurité économique ont tendance à passer davantage de jours de maladie au travail. »

Comment faire comprendre à un relou qu’il est un relou ?

Plusieurs approches existent. La bienveillance, d’abord, en suggérant à un collègue : « Tu n’as pas l’air bien, tu devrais rentrer chez toi. » Morgane adopte une approche plus directe : « Quand je vois un collègue malade, je lui dis “soit tu mets un masque, soit tu rentres chez toi”. Une de mes collègues a été forcée à venir alors qu’elle était réellement malade. J’ai alors lancé dans l’open space “Quand les gens sont malades, on les laisse chez eux, bon sang !” pour que son manager m’entende. » À vous de choisir la méthode qui vous convient.

* Le prénom a été modifié