Météo en Gironde : Au final, le mois de juillet a-t-il vraiment été si pourri que ça ?

Clairement, ce mois de juillet n’a pas été terrible sur l’ensemble de la Gironde. Quelque 196 heures d’ensoleillement ont été enregistrées à Bordeaux, au lieu de 248 heures normalement, et les températures en journée sont restées le plus souvent 2 à 4 degrés en dessous des normales… Le tableau dressé par Météo-France est édifiant. « Les 13 et 31 juillet, il n’a pas fait plus de 19 à 21 °C, c’est 4 à 9 degrés de moins que la norme », souligne la météorologue Mireille Alleno. Aux oubliettes, donc, la chaleur et la sécheresse à un moment envisagées pour cet été.

Il n’empêche que, si l’on analyse plus globalement les chiffres, les températures et la pluviométrie de ce mois de juillet ont en réalité été assez proches des normales. « N’oublions pas que nous avons quand même eu cinq journées vraiment estivales à partir du 18 juillet, où les 30 °C ont été dépassés sur le littoral, plus quelques belles journées isolées (les 2, 5 et 11 juillet), rappelle la météorologue. Il faut ajouter à cela que, dans l’ensemble, la douceur a primé durant les nuits : la moyenne des températures nocturnes est 0,7 °C au-dessus de la normale. En considérant ces paramètres, au final on arrive à une température moyenne en juillet de seulement 0,4 °C en dessous de la norme. »

15,2 °C le 7 juillet 1996 à Mérignac

Ces dernières années, la Gironde avait connu des mois de juillet bien plus frais en journée, comme en 2011 et 2007, avec des moyennes de températures maximales 1,5 à 3 degrés en dessous de la norme. Les records de fraîcheur diurne pour un mois de juillet, remontent, eux, à 1958 (16,2 °C au Cap-Ferret le 3 juillet), et 1996 (15,2 °C le 7 juillet à la station de Bordeaux-Mérignac).

En revanche, la tendance de ces dernières années était d’avoir des mois de juillet plus chauds que la normale. « On n’avait pas eu une moyenne aussi basse depuis juillet 2012, pointe ainsi Mireille Alleno. De 2013 à 2020, la moyenne des températures minimales et maximales confondues était supérieure à la moyenne. » Ce mois de juillet a donc été pris un peu comme une douche froide, d’autant plus qu’il arrivait juste derrière des mois de mai et juin déjà très pluvieux.

Cumuls de pluie très variables selon les secteurs

Si juillet a été (un peu) frais et nuageux, il n’a finalement pas été si pluvieux que ça. Avec 50 mm de pluie enregistrés en juillet, « on est pile dans la moyenne. » Il y a eu, selon les secteurs, entre 7 et 12 jours de pluie (record dans le nord du Médoc) soit 2 à 4 jours de plus que d’habitude. « Mais cette moyenne cache des disparités, car ces cumuls sont très variables selon les zones géographiques, nuance Mireille Alleno. Le Cap-Ferret et Lacanau ne sont pas très éloignés, pourtant le premier est en déficit (26,5 mm soit – 37 % par rapport à la normale) l’autre en excédent (75,2 mm, + 33 %). C’est assez typique d’un mois de juillet où les précipitations se manifestent souvent sous forme d’averses voire d’orages, même si cette année on a eu plutôt de petites ondées. »

Il n’y a maintenant plus qu’à espérer une amélioration au mois d’août. Cela devrait être le cas à partir du lundi 9, avec notamment deux très belles journées les mardi 10 et mercredi 11, avec 27 à 32 °C attendus.