Mercosur : Paraguay ratifie accord UE, France en difficulté
Le Paraguay a ratifié mardi l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, devenant le dernier pays signataire du bloc sud-américain à le faire. L’accord Mercosur-UE crée une zone de libre-échange pesant 30 % du PIB mondial et plus de 700 millions de consommateurs.
C’est une décision attendue qui met cependant la France face à un dilemme. Le Paraguay a ratifié, mardi, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, devenant ainsi le dernier pays signataire du bloc sud-américain à procéder à cette ratification.
La Chambre des députés a voté à l’unanimité pour adopter cet accord, finalisant ainsi le processus de ratification par le Parlement paraguayen d’un traité qui établit la plus grande zone de libre-échange au monde entre les 27 États de l’UE et les membres fondateurs du Mercosur. Le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay avaient déjà ratifié ce texte ces dernières semaines, signé à la mi-janvier à Asunción, après 25 ans de négociations.
Le député paraguayen Juan Manuel Añazco a salué un « document historique », en précisant que 93 % des exportations du Mercosur pourront accéder à l’Europe sans droits de douane.
Le président paraguayen, Santiago Peña, a qualifié récemment l’accord de décision stratégique dans un contexte de tensions mondiales. « Faire progresser la coopération entre des régions qui partagent des valeurs et une vision ouverte au commerce international envoie un signal très important au monde », a-t-il déclaré la semaine dernière lors d’un forum de la Banque interaméricaine de développement (BID) à Asunción.
L’accord entre le Mercosur et l’UE crée une zone de libre-échange représentant 30 % du PIB mondial et plus de 700 millions de consommateurs. Il devrait permettre à l’UE d’accroître ses exportations de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine, tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains. Pour ses opposants, cet accord risque de perturber l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers, ne respectant pas forcément les normes de l’UE en raison de contrôles jugés insuffisants.
L’application du traité avait été suspendue par un vote du Parlement européen, dont les membres ont saisi la justice de l’UE pour vérifier la conformité de l’accord avec les traités européens. Toutefois, fin février, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que l’accord serait appliqué de manière provisoire, une décision qui a été critiquée par la France, perçue comme une menace pour ses agriculteurs.

